Le phylloxéra, serial killer viticole

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C’est un minuscule insecte, comparable à un puceron, au plus d’1 mm de long… mais ce redoutable ravageur a bien failli causer la mort sans appel du vignoble français. Le phylloxéra et sa crise éponyme sont au cœur de l’exposition « Peurs sur la vigne », du 9 avril au19 mai, au Musée du vin de Bourgogne à Beaune.

Originaire des États-Unis, le phylloxéra, insecte ravageur de la vigne, est introduit accidentellement sur des pieds de vignes importés des Etats-Unis dans le sud de la France en 1863. S’attaquant par cycles de saison aux racines et aux feuilles des pieds de vigne, le puceron ravage progressivement l’ensemble des vignes européennes sur une trentaine d’années.

Une lutte acharnée et couteuse commence alors pour les vignerons, propriétaires viticoles, pouvoirs publics et scientifiques. Chacun cherche une solution pour se débarrasser du ravageur. Des plus farfelues aux plus coûteuses, telles l’injection du sulfure de carbone au pied des ceps, au moyen des pals métalliques. C’est seulement lorsque les vignerons puis les experts se rendront compte que des cultivars américains sont indemnes malgré la présence du phylloxéra que l’on aboutira à la seule solution possible : l’arrachage des vignes autochtones pour les remplacer par des pieds de vignes provenant des Etats-Unis.

Mais rapidement c’est l’idée d’utiliser ces pieds comme porte-greffe qui va s’imposer. Le vignoble français va être reconstitué, mais il aura perdu un tiers de sa surface : il y avait en 1875 environ 2,5 millions d’hectares plantés en vigne en France. En 1903, il n’en reste que 1,7 millions.

Exposition à forte valeur ajoutée

C’est donc l’histoire terrifiante de ce minuscule mais redoutable tueur en série que l’exposition Peurs sur la vigne retrace au musée du Vin de Bourgogne à partir du 9 avril et jusqu’au 19 mai, en partenariat par la chaire UNESCO Culture et Traditions du Vin de l’université de Bourgogne, la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon et le Jardin des sciences de la Ville de Dijon. Outre une reconstitution historique de la maladie, et l’exposé des réactions locales, l’exposition s’attache à mettre en lumière les  conséquences à long terme de cette crise : apparition de nouvelles techniques agricoles et de nouveaux paysages viticoles, mise en place de nouveaux circuits de commercialisation, naissance des appellations d’origine contrôlée. Ou comment le phylloxéra inventa la viticulture moderne !

Déjà présentée à Dijon, l’exposition accueillie à Beaune a une réelle valeur ajoutée pour les visiteurs: en complément à cette présentation explicative, le musée du Vin de Bourgogne a en effet souhaité réunir des objets et documents liés à cette crise phylloxérique présents dans ses fonds patrimoniaux et dans ceux des Archives municipales et de la Bibliothèque municipale Gaspard-Monge.

A noter enfin que le samedi 17 mai, une visite-guidée nocturne de l’exposition est organisée de 20 h à 22 h dans le cadre de la Nuit européenne des musées.

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