Rougeot Viti est le nouveau pôle viticole du poids lourd des TP basé à Meursault. Un retour à la terre à la fois symbolique, dans les pas du fondateur Hubert Rougeot, et pragmatique, autour des nouvelles technologies et énergies propres.

Par Michel Giraud 

Chez les Rougeot, on n’est pas du genre à avoir les deux pieds dans le béton. Sous ses airs atypiques, Christophe Rougeot est bien de cette veine-là : présider un groupe de 600 collaborateurs toutes filiales confondues pour 100 millions de chiffre d’affaires suppose de cultiver l’art d’être acteur de son temps. Un peu comme un vigneron murisaltien chouchoute ses chardonnays, finalement. Cet enracinement à la vigne est de famille, comme le confirme l’intéressé, à deux rangs du Château de Meursault, au lieu-dit la Monatine. « Tout a commencé ici dans les années 50, l’entreprise Rougeot en était à ses débuts dans les travaux viticoles, puis dans les travaux publics avec nos premières routes construites. » 

Cette reviviscence, on la doit à Rougeot Viti, petit dernier du groupe. Déjà positionné sur les énergies renouvelables, l’éolien et l’hydrogène en tête, le groupe côte-d’orien a choisi de revenir plus intensément à la vigne. « Nous avons toujours eu cette culture en héritage, celui de papa, Hubert (ndlr, il a structuré le domaine familial – 13 ha aujourd’hui – puis l’a confié au frère aîné de Christophe, Marc, rejoint depuis par son fils Pierre-Henri). Nous ne nous en sommes jamais éloignés, j’adore les vignerons et j’avais envie d’apporter ma pierre à l’édifice. » 

Le groupe Rougeot compte réinvestir plus intensément la vigne, qui n’a jamais vraiment quitté son champ de compétences historique.

Décarbonner nos vignes

Clément Rougeot, le neveu, tiendra la barre de ce nouveau pôle. « N’oublions pas qu’il y a deux métiers, celui de viticulteur et celui de vigneron, souvent réunis en un seul homme, pose-t-il en préambule. Notre ambition est de venir en aide à cet homme-là, en l’assistant pour les travaux les plus exigeants de la vigne. » Le remontage de la terre, la préparation des sols pour planter, les opérations d’entretien… Rougeot Viti assumera une large palette de services. Symboliquement, elle débute son activité avec un chenillard (ndlr, petit tracteur à chenilles passant entre les rangs, voir notre photo) déjà à l’œuvre. « La côte viticole en a besoin, affirme Clément. Les gros domaines sont équipés, pas forcément les plus modestes. On veut aussi proposer aux viticulteurs nos compétences autour des nouvelles technologies : études de sol, modélisation 3D, relevés topographiques, etc. Tout le monde aura accès à ces outils modernes avec Rougeot Viti. » 

« On ira à notre rythme, en écoutant les vignerons, en misant sur des relations humaines constructives, qui ont toujours été le socle de notre action. »

L’enjeu est aussi celui des énergies renouvelables. L’entreprise ne cache pas son ambition vertueuse de « décarbonner nos vignes, de la Côte Chalonnaise à la Côte de Nuits, avec l’usage progressif de tracteurs électriques, d’engins à hydrogène aussi. La transition énergétique est un pivot de la viticulture actuelle, la jeune génération de vignerons s’y intéresse fortement. Nous serons son partenaire. » L’entreprise est en plein recrutement, elle avance cep by cep, avec un certain sens de la mesure : « Nous ne sommes pas pressés, assure Clément. On ira à notre rythme, en écoutant les vignerons, en misant sur des relations humaines constructives, qui ont toujours été le socle de notre action. » Tout vigneron le sait, la patience est une valeur béton.

> Plus d’infos sur www.rougeot-viti.com
Le fameux chenillard dans les vignes murisaltiennes. ©D.R.

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