Dans son dernier numéro, Dijon-Beaune Mag met en lumière les enjeux financiers dans le sport., un secteur où la bonne gestion est souvent le premier des exploits. A lire toutes affaires cessantes, chrono en main.

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La délicate alchimie entre le sport et l’argent ne frappe pas que le monde professionnel: elle concerne toutes les strates d’un univers où se côtoient par nécessité autant que par plaisir, « amateurs » (mot issu du verbe aimer) au sens strict du terme et « pros ». Des « pros » qui, d’ailleurs, ne sont pas toujours sur le terrain. Ils encadrent, gèrent, commercialisent, entretiennent et soignent et font plein d’autres choses au service de la cause.

Un club, associatif en apparence, réunit dans sa réalité les critères de fonctionnement d’une entreprise, y compris (voire surtout) quand il s’agit d’aller chercher des ressources auprès des partenaires. Alors, quel rôle joue l’argent dans cette frontière ténue entre les vertus du bénévolat et les nécessités économiques liées à toute forme d’exploitation ?

Gagner devant le chrono ou sur le terrain n’est pas tout, encore faut-il s’assurer que tout cela peut durer. C’est le genre de question que s’est posé un certain temps le Stade Dijonnais. Après avoir recruté des « mercenaires » venus d’îles lointaines, il s’est heurté à une difficile cohabitation de ces derniers avec les joueurs du cru, qui ont un vrai job en dehors de leur passion pour l’Ovalie.

Ce juste équilibre, si difficile à trouver, est soit une affaire d’argent, soit une affaire de moyens, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. On l’a vu avec un hand féminin qui a failli passer par la trappe en fin de saison, on le voit avec un club de hockey qui pleure encore sa nouvelle patinoire. On le lit entre les lignes d’un changement de présidence à la JDA et on en prend la mesure au regard de la prudence avec laquelle le DFCO semble vouloir gérer son possible retour en Ligue 1. On le constate dans un autre registre, avec l’aisance d’un semi-marathon à Beaune qui doit en permanence limiter le nombre de ses inscrits, de gros consommateurs pourtant.

Les SASP incarnent ainsi cette mainmise naturelle du monde des affaires sur la gestion d’un club. Ce qui semble normal tant, par passion, certains chefs d’entreprise mettent la main au portefeuille au risque d’y laisser des plumes. Cette dimension actionnariale a au moins le mérite de leur permettre de guider le navire comme une véritable entreprise.

Croire que la seule idée de l’exploit fait tourner la boutique n’est donc qu’une vue de l’esprit, d’autant plus sensible à Dijon, par exemple, où le sport est tellement riche en nombre, que la juste répartition des subventions, des investissements et des aides est un casse-tête permanent. A croire que l’acte de gestion est à lui seul un exploit sportif.

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