Hoffmann-Jayer 2017, millésime de l’après-Gilles

2017 est le premier millésime signé par Alexandre Vernet pour le domaine Hoffmann-Jayer (Magny-lès-Villers). Un peu plus d’un an après la disparition prématurée de l’emblématique vigneron Gilles Jayer-Gilles, on se dit que l’histoire se réécrit sans trahir ses origines…

Alexandre Vernet, signataire du millésime 2017 pour le domaine Hoffmann-Jayer.

Par Dominique Bruillot

Les Jayer venaient de Vosne-Romanée, les Gilles de Magny-lès-Villers. C’est dans la maison familiale de ces derniers que Gilles Jayer-Gilles vit le jour en 1961… pour s’y éteindre trop tôt, bien trop tôt, 57 ans plus tard. Il avait imposé son style franc du collier et en même temps terriblement attachant plusieurs décennies durant. D’ailleurs, ce que l’homme déployait dans la vie, on le retrouvait dans ses vins, notamment dans des Hautes-Côtes particulièrement expressifs, intenses, pensés pour la garde.

Gilles Jayer est parti juste après avoir eu le temps de céder son domaine à un Suisse passionné de vins, André Hoffmann. Ce vide laissé par le vigneron au caractère bien trempé aurait pu être irréparable, d’autant qu’il n’y avait pas de succession directe dans le foyer de Gilles. Quoique…

Nina et les siens

C’était sans compter sur la conscience d’un jeune bourguignon, Alexandre Vernet qui, après avoir côtoyé son mentor, s’est affirmé de lui-même. Si le crédo de la vigne demeure au cœur de la philosophie du domaine désormais connu sous le nom de Hoffmann-Jayer, la stratégie du non interventionnisme fait loi, plus que jamais. Pour son premier millésime assumé, Alexandre Vernet a présenté ce jeudi des vins plus aériens que son prédécesseur, signe d’une évolution qui s’inscrit dans l’air du temps, mais tout en conservant la grande idée du vin prônée par son charismatique prédécesseur.

Hoffmann-Jayer, malgré la disparition du patronyme Gilles, est donc le prolongement d’une vieille histoire sur laquelle veille encore Nina Dang-Jayer, l’épouse de Gilles Jayer, animatrice de la dégustation du premier millésime de cette ère nouvelle qui s’ouvre à Magny-lès-Villers. Les amis et la famille étaient là, eux aussi. À l’image des jumeaux Pierre et Henri Cavin, les neveux tonneliers venus depuis leur Châtillonnais pour témoigner que la terre continue de tourner et que ce qui a été construit n’est que le socle de ce qui va se construire désormais.

Pierre et Henri Cavin, de la tonnellerie éponyme.
Nina Dang-Jayer, veuve de Gilles, est restée fidèle au domaine.

L’esprit de garde

Il y a de l’élégance et de l’ambition au détour de ce millésime 2017, qui fut pourtant menaçant avant de devenir prodigieux, comme pour rappeler que rien n’est acquis jusqu’au jour béni d’une vendange fructueuse. 1,01 ha de Hautes-Côtes-de-Beaune blanc les Vallerots ; 1,22 ha de Hautes-Côtes-de-Nuits blanc Le Perchy ; 2,37 ha de Hautes-Côte-de-Nuits rouge ; 1,3 ha de Côtes de Nuits villages, un poil (0,29 ha) de Nuits-Saint-Georges Les Hauts Poirets ; encore moins (0,11 ha!) de Nuits-Saint-Georges premier cru les Damodes et, pour conclure, 0,53 ha d’Echezeaux grand cru : le parcellaire qui compose la cave de chez Hoffmann-Jayer est à lui seul une leçon du terroir. La palette est large. Pour autant, la signature du domaine reste marquante, comme elle l’a toujours été. L’histoire continue, c’est une évidence. Quand bien même Jayer-Gilles a cédé le champ à Hoffmann-Jayer. C’est cela aussi, l’esprit de garde, dans les Hautes-Côtes.

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