Le Château de Gilly est un partenaire important du semi-marathon de Beaune depuis dix ans. Après une nouvelle franche réussite pour l’édition 2019, Rémy Besozzi, le directeur du prestigieux hôtel-restaurant, revient sur sa relation à l’événement.

Par Patrice Bouillot
Pour DBM 78

Certes, il n’est pas situé à Beaune, mais à Gilly-lès-Cîteaux, à quelques kilomètres seulement. Cependant, l’établissement est l’un des partenaires officiels du semi-marathon beaunois depuis dix ans. Son directeur actuel, Rémy Besozzi, est pour sa part impliqué dans la course depuis plus longtemps encore. « Je me suis inscrit dans l’équipe d’organisation comme bénévole dès mon arrivée à Beaune en 2004 », explique-t-il. Il travaillait alors au sein d’un groupe hôtelier implanté dans la ville. « J’ai tout de suite saisi l’importance de l’événement, apprécié l’ambiance et l’esprit de cohésion, la mobilisation de toutes et de tous dans la ville… Puis ma rencontre avec l’athlète Philippe Rémond a été décisive. » Quand Beaune Partenaires Événements est créé, Rémy Besozzi s’engage ; il en devient même trésorier pendant un an, et siège toujours au bureau. « Cet événement déborde largement de Beaune, il rayonne. Il contribue à la notoriété de la ville c’est sûr, offre de la visibilité aux partenaires, donne l’occasion aux acteurs locaux de se rencontrer, de créer du lien, et pourquoi pas de faire du business. » 

À chaque édition, le château de Gilly met des chambres à disposition pour des personnalités faisant le déplacement à Beaune à l’occasion du semi-marathon. « Pendant ce week-end, les manifestations qui se déroulent à Beaune attirent une clientèle nationale et internationale qui remplit les hôtels de Dijon à Chalon-sur-Saône, c’est une réalité économique ! » Des coureurs, des professionnels du vin, des personnalités mais pas seulement. Rémy Besozzi a, par exemple, plaisir à recevoir chaque année à pareille époque un groupe de 12 amis venus de Haute-Savoie, qui réservent leurs chambres d’une année sur l’autre : trois seulement courent le semi-marathon, les autres viennent les supporter et ils se retrouvent ensuite tous ensemble pour des dégustations, des visites…  En somme, le troisième week-end de novembre marque un tournant dans l’année au château de Gilly : c’est la fin de la saison touristique et le début de la période des fêtes.

Rémi Besozzi, l’heureux directeur du Château de Gilly, un hôtel-restaurant estampillé
Grandes Étapes françaises, installé dans une ancienne demeure des pères-abbés de Cîteaux. Chaque année, l’établissement met des chambres à disposition des personnalités s’étant déplacé à Beaune pour le semi-marathon. © Christophe Remondière

Gilly, joli CV

À deux pas du château du Clos de Vougeot, le Château de Gilly est installé dans une ancienne demeure des pères-abbés de Cîteau, il a conservé l’architecture de la résidence de plaisance aménagée au XVIIe siècle sur les bases d’une construction fortifiée et entourée de douves datant du XIIe siècle. L’hôtel 5 étoiles compte 48 chambres et suites. Son restaurant Le Clos Prieur, installé dans l’ancien cellier coûté d’ogives où les produits du terroir sont évidemment à l’honneur pour les petites et grands événement privés ou pros : légumes du val de Saône, volaille de Bresse, escargots de Bourgogne…

Dijonbeaune.fr, en partenariat avec Bourgogne MagazineCœur de Comtois et France 3 Bourgogne-Franche-Comté vous parle d’un patrimoine à connaître sous deux facettes différentes. Aujourd’hui, place au patrimoine comtois avec le fort de Joux, en pleine discussion avec un de ses plus célèbres occupants, Toussaint Louverture.

Comme vous êtes beau et fort, monsieur Joux !
Merci, cela me touche d’autant plus que je suis dix fois centenaire. Puisque vous me tendez la perche, sachez que je suis édifié à l’entrée de la « Cluse de Pontarlier », sur la commune de La Cluse-et-Mijoux (les connaisseurs de Chevallier et Laspalès apprécieront), d’où je commande le passage emprunté par la grande route jurassienne reliant la vallée de la Saône et la Bourgogne à la Suisse, les Flandres et la Champagne à l’Italie, les mers froides septentrionales à la Méditerranée. Cette situation géographique a de tout temps incité les hommes à me fortifier et me défendre. La grande voie commerciale qui passe à mes pieds s’est beaucoup développée à partir du XIIIe siècle, lors du renouveau des échanges européens. Elle est devue la route du sel et du monachisme, a été empruntée par de valeureuses armées depuis l’Empire romain. Au cours de mon histoire, je n’ai cessé d’être reconstruit, agrandi et complété. Je suis aujourd’hui composé de cinq enceintes sur deux hectares, et je me sens bien ainsi, merci !

Et vous, cher François-Dominique…
Je suis assez vieux aussi, car né en 1743 dans une plantation de l’île de Saint-Domingue en Haiti. En 1791, j’ai pris la tête de la révolte des esclaves contre les colons blancs, ce qui n’était pas une mince affaire. Soutenu par les Espagnols, j’ai mis sens dessus dessous la plus riche des colonies françaises. Lorsque la République française abolit l’esclavage, je me rallie à elle, devenant mine de rien le premier général noir de l’armée française. Et toc ! Je dois dire que mes succès militaires et mon sens aigü de la politique m’ont permis, plus tard, d’être le gouverneur incontesté de la colonie de Saint-Domingue… de laquelle j’avais préalablement pris soin de chasser les Espagnols.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Ce fut tout sauf un bon souvenir. C’est l’arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte qui a tout déclenché. Le rétablissement de l’esclavage me conduit à reprendre les armes. En 1802, Napoléon organisa une grande expédition militaire pour me capturer. Il y parvint. Je fus immédiatement transféré en France, enfermé au château de Joux. 

C’est faible ça, monsieur le fort…
Que voulez-vous… Je reste tributaire du rôle que l’on veut bien me confier. Depuis la fin du règne de Louis XV jusqu’à la chute de Napoléon 1er, je fus en effet prison d’état. Je ne me sentais pas spécialement bien à cette période, à cause de mes cellules froides et humides toute l’année, que les prisonniers devaient chauffer à leur frais. Malgré quelques évasions, j’ai toujours eu une réputation de sureté. J’ai connu quelques célèbres pensionnaires. Mirabeau fut enfermé ici au XVIIIe siècle. Et puis toi, cher Toussaint Louverture, où tu trépassa entre mes murs le 7 avril 1803, à 60 ans. Tu n’auras même pas vu, un an plus tard, Haïti devenir la première république noire indépendante du monde. Et la France, elle, n’abolira définitivement l’esclavage qu’en 1848.

Et aujourd’hui, vieille pierre, que représentez-vous ?
J’ai la chance d’être à moi seul un témoin de l’évolution de l’architecture militaire, du Moyen Âge au fort de type Joffre. On me visite jusqu’au 15 novembre cette année. À cette date, et jusqu’en mars 2020, j’hivernerais, comme tous les ans. Comptez 1 heure 15 pour une visite guidée. J’abrite un musée d’Armes avec 600 pièces à découvrir. J’accueille chaque année en mai des événements pour la commémoration de l’abolition de l’esclavage. D’ailleurs, je figure parmi les cinq sites de la « Route des Abolitions »,un réseau qui regroupe les hauts lieux de l’histoire de l’abolition de l’esclavage en France (la maison Anne-Marie Javouhey de Chamblanc, en Côte-d’Or, en fait aussi partie). Je suis le théâtre d’expositions, de visites nocturnes en été, de chasses aux trésors, de concerts… J’aime ma nouvelle vie ! Allez donc sur mon site internet pour mesurer toute mon activité patrimoniale et culturelle. Dernière info : si vous êtes sportif, ce dimanche 29 septembre, il y a le Trail des Sangliers, une course à pieds pour me découvrir sous un angle nouveau. Pour sûr, une meilleure compagnie que mes prisonniers d’antan…

Dominique Bruillot , éditeur de Bourgogne Magazine et l’Esprit, nous fait découvrir le Château de Joux, dans le #HautDoubs, lieu chargé d’histoire, lié notamment à un grand combattant de l’esclavage **Toussaint Louverture**.

Publiée par France 3 Franche-Comté sur Lundi 23 septembre 2019

Épisode 1 : le brillat-savarin