Née au XVIIIe siècle, la maison Bouchard Aîné & Fils occupe une grande place dans l’histoire de Beaune. Capitalisant sur une nouvelle identité graphique, dans le cadre de la Vente des Hospices de Beaune, elle propose une balade gourmande à travers les siècles, comme un hommage au temps qui passe, que l’on cherche et que l’on retrouve. Lumineuse idée.

Par Michel Giraud
Pour Dijon-Beaune Mag 72
Photos : D.R.

Un soir de septembre à Beaune, l’été joue les prolongations. Moment choisi, au crépuscule, pour apprécier les illuminations de la façade de l’Hôtel du Conseiller du Roy. Neuf minutes de projection, belles et intenses, pour raconter près de 300 ans d’histoire d’un des pionniers du négoce à Beaune. Se dévoilent construction et déconstruction d’un édifice qui prend vie, gonfle et s’illumine grâce au jeu des projections et des effets spéciaux. Depuis le mois de mai, Bouchard Aîné & Fils retrace, sous nos mines ébaubies, l’histoire de neuf générations, du XVIIIe siècle à aujourd’hui.

En 2018 plus que jamais, le négociant beaunois occupe le terrain. Il le fait en apportant un soin particulier à l’esthétique, comme en témoigne sa nouvelle identité graphique. Celle-ci a dévoilé un logo et des étiquettes à la hauteur du propos : l’hôtel particulier du Boulevard Foch qui ornait les précieux flacons a disparu ; «  les nouveaux habillages sont inspirés d’anciennes étiquettes que nous avons modernisées, précise t-on. Nous les avons rendues plus contemporaines, plus claires, plus épurées aussi. » En un coup d’œil, l’amateur peut ainsi jauger la grande histoire d’un des premiers exportateurs de vins – dans plus de trente pays dès 1890 – et apprécier ce ruban vertical soulignant le galbe de la bouteille.

Michel, Paul et les autres

L’ancien maire de Beaune, Paul Bouchard, assis sous la bienveillance de ses fils : Servais, Ernest et Adolf (de g. à d.)

En Bourgogne, l’étiquette consacre l’appellation. Telle est la bonne pratique. Bouchard Aîné & Fils ne conteste pas le poids du terroir, bien au contraire, mais valorise dans le même temps son nom, sa marque, son identité. Sans trop en faire, avec le même sens de la mesure qu’en cuverie, la maison beaunoise pérennise son histoire débutée en 1750 par Michel Bouchard, prospère marchand drapier. De façon plus générale, elle capitalise sur un fascinant arbre généalogique, où l’on trouve par exemple Paul, l’un des plus connus, maire de Beaune durant près de vingt ans à l’aube du XXe siècle. Sous l’impulsion du charismatique édile, la ville s’équipera notamment d’une école des vins (La « Viti » d’aujourd’hui) et du parc de la Bouzaize, rien que ça.

La famille Boisset, propriétaire de la maison depuis 1992, connait l’histoire par cœur. En marge de la prochaine Vente des vins des Hospices de Beaune, elle la célèbrera à travers sa traditionnelle dégustation sensorielle (lire ci-dessous) sous l’intitulé « Le temps retrouvé » en hommage à Marcel Proust. Du côté de chez Bouchard Aîné & Fils, il faudra le trouver, le temps, pour profiter de ce prometteur week-end et célébrer nos amitiés autour de quelques bons verres. Michel, Paul et tous les autres auraient apprécié.


Dégustation « Le Temps retrouvé »
17 et 18 novembre 2018 de 10h à 18h

À l’occasion de la 158ème Vente des Vins des Hospices de Beaune, la maison beaunoise organise une dégustation spéciale sur le thème du « Temps retrouvé ». La thématique de cette année fait écho à son récent changement graphique.
Le point de départ, c’est le XVIIIe siècle, lumineux s’il en est. Quatre siècles pour quatre plats réalisés par le chef local de l’étape Laurent Parra. Laurent Mairet, fidèle vinificateur de Bouchard Aîné & Fils, s’est chargé d’accorder ce menu de haut niveau avec les quilles adéquates. Une dégustation sur fût du millésime 2018 d’un beaune 1er cru Genevrières est même au menu. Le résultat est salivant, jugez plutôt :
• Crémant de Bourgogne et madeleine au Cîteaux
• Beaune 1er cru Marconnets (blanc) 2017 et filet de carpe fumé au beurre de fenouil (XVIIIe siècle)
• Meursault 1er cru Genevrières 2008 et tourte aux trois viandes (XIXe siècle)
• Beaune 1er cru Marconnets (blanc) sur fût 2018
• Savigny-lès-beaune 1er cru Aux Guettes 2015 (rouge) et lièvre à la royale revisité (XXe siècle)
• Chambolle-musigny 2008 et espuma de morille sur sot-l’y-laisse de poulet (XXIe siècle)
• Nuits-saint-georges 1992 en magnum

Réservation via www.bouchard-aine.fr, magasin@bouchard-aine.fr ou au 03 80 24 06 66. 

Ce n’est plus une nouveauté, mais le premier acheteur de la célèbre Vente des vins de Beaune vous le propose depuis dix ans : s’offrir une bouteille (ou plus) des Hospices de Beaune à son nom. La solution : www.hospices-beaune.com.

Par Dominique Bruillot
Pour Dijon-Beaune Mag 72
Photo : Jean-Luc Petit

Albert Bichot et les Hospices de Beaune, c’est déjà une vieille histoire d’amour. Depuis 20 ans, la maison beaunoise s’affirme comme le leader de la célèbre Vente qui, cette année, aura lieu le dimanche 18 novembre. Suivi dans le monde entier par les réseaux sociaux et les médias, l’événement ne semble accessible (et cela est un peu vrai, en réalité) qu’aux initiés fortunés, aux grands noms du vin qui achètent pour eux ou pour des tiers dotés de solides moyens, laissant aux autres le soin de rêver un peu, de s’émerveiller ou de se contenter, s’ils sont sur place, d’avoir le nez scotché aux vitres des halles et à admirer le spectacle des enchères.

De 40 à 150 euros la bouteille

Pourtant, il existe un moyen, en tant que particulier, de se procurer les dives bouteilles estampillées « Hospices de Beaune ». La solution, depuis une dizaine d’années, vient de la maison Albert Bichot elle-même. Sous la conduite de Jean-David Camus, le site www.hospices-beaune.com a permis de sérieusement démocratiser la procédure d’achat, en ouvrant cette possibilité au grand public. En 2017, par exemple, on pouvait souscrire à l’acquisition de trois rouges (savigny 1er cru cuvée Forneret, beaune 1er cru cuvée Guigone de Salins et corton grand cru cuvée du Docteur Peste) et deux blancs (l’excellent pouilly-fuissé qu’on vous recommande pour son rapport qualité-prix et le meursault cuvée Loppin) à des prix abordables (entre 40 et 150 euros TTC pour le millésime 2018).

Mais, car il y a toujours un « mais », il faut savoir être patient. La livraison des doux breuvages doit attendre la fin de l’élevage et la mise en bouteille. Soit juin 2020 en ce qui concerne le millésime en cours. Ce qui, si on y réfléchit bien, n’est pas si dur à entendre, tant il est agréable d’ouvrir à terme une bouteille de ce calibre entre amis ou en famille le moment venu.

Et là, pas de mauvaises surprises. Le prix maximum est défini avant la vente, peu importe le résultat des enchères. Le choix des cuvées sélectionnées est quant à lui annoncé quelques semaines avant la vente, de début à mi-octobre. Avec le privilège, moyennant un forfait de 60 euros pour un minimum de 6 bouteilles achetées, d’accoler son nom à l’étiquette. Après, chacun ira de sa modestie naturelle.

Les vieux millésimes aussi

Comme l’auteur de ces lignes n’est pas un robot (c’est la question qu’on lui pose inévitablement en allant sur le site), il (moi, donc) s’est inscrit. Les informations tomberont ensuite sur son (mon) mail. Deux solutions s’offriront alors à l’acheteur : acheter une bouteille ou plus s’il la joue en solo, acheter un fût en groupe s’il a des amis qui partagent sa passion pour les vins de Bourgogne. Une troisième voie est possible : pencher pour un vieux millésime des Hospices, avec un choix large et alléchant. Les caves de la maison Albert Bichot ont encore un peu de réserve.

Du savigny (rouge) 1er cru cuvée Fouquerand 2014 (84,20 euros) à l’enchanteur corton grand cru cuvée Charlotte Dumay (de 153,10 à 203,20 euros selon les millésimes, de 2010 à 2014 excepté le 2013), cette palette offerte à l’amateur lambda peut donner l’impression, l’espace d’une dégustation, que le must bourguignon est à portée de bien des bourses. Pour notre part, pour avoir goûté pas mal de ces vins, on vous conseillerait volontiers un volnay-santenots 1er cru cuvée Gauvain 2011, friand et généreux, pour la relativement modique somme de 89,20 euros. C’est bon à boire dès à présent et ça fera un tabac à votre table ! On vous dira plus tard quel aura été notre choix pour 2018…