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Dijon. Cité de la gastronomie : trois établissements ferment, le pôle culturel progresse

Entre la fermeture des restaurants et de la cave du groupe Épicure et le chantier de l’hôtel à l’arrêt, la Cité de la gastronomie de Dijon vacille. Pour la maire Nathalie Koenders, le dynamisme de la partie culturelle invite à voir l’assiette à moitié pleine.

Trois restaurants de la Cité ferment, un choc pour le pôle privé, alors que la partie publique enregistre des hausses de visites de 42%
Trois restaurants de la Cité ferment, un choc pour le pôle privé, alors que la partie publique enregistre des hausses de visites de 42% – © Archives Nicolas Salin

Le tribunal de commerce de Dijon a prononcé, vendredi 10 avril, la liquidation judiciaire des trois établissements dijonnais du groupe Épicure Investissement : La Cave de la Cité, La Table des Climats et Le Comptoir de la Cité.

Moins d’un mois avant son quatrième anniversaire, le pôle commercial privé de la Cité subit donc un coup dur de taille. Le groupe Épicure, acteur central de l’offre de restauration depuis l’ouverture en mai 2022, n’a pas survécu à la procédure de redressement judiciaire engagée il y a un an.

Au cœur du dossier : des loyers jugés deux fois supérieurs aux prix du marché par un expert indépendant. Conséquence : ces trois établissements ont dû fermer le rideau vendredi soir. Définitivement ? Épicure entend faire appel de cette décision et la municipalité entend bien surmonter ce coup dur.

Le pôle culturel en nette progression

Lors d’une conférence de presse en marge du conseil municipal ce lundi 13 avril, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, a tenu à dissocier ces difficultés de la gestion municipale, évoquant « une procédure qui intervient dans le cadre du droit privé commercial ». Tout en exprimant son soutien à la vingtaine de salariés concernés, elle a rappelé que les volets public et culturel restent, pour leur part, sur une « dynamique positive ».

Face aux critiques de l’opposition pendant le conseil municipal, la majorité a montré un bilan de fréquentation en hausse pour la partie publique du site, dédiée à la culture. François Deseille, adjoint à la maire délégué aux finances et à la Cité, s’est montré très offensif lors du conseil municipal, qualifiant les critiques sur un prétendu « outil désert » de « malhonnêteté qui frôle la calomnie ». « Arrêtez d’abîmer l’image de cette Cité et au final notre ville. (…) Essayez d’être en public ce que vous êtes en privé : parfois intelligents, parfois en posant les bonnes questions » a lancé l’adjoint en réponse à l’opposition.

S’appuyant sur les données de billetterie, l’adjoint l’assure : « Le pôle culture se porte très bien », notamment grâce à la gratuité des expositions permanentes. Le nombre de visiteurs a grimpé de 42% en janvier 2026 par rapport à l’année précédente. Ainsi, sur une année complète, avec plus de 180.000 visiteurs pour les salles d’exposition (plus de 200.000 en incluant le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine), la Cité se présente comme le troisième site culturel du département, « on peut même dire mieux qu’Alésia, je ne voulais pas le citer parce que j’aime bien Alésia, mais ils n’ont pas beaucoup de monde » conclue François Deseille.

Attirer de nouveaux exploitants et faire évoluer l’offre

Malgré les cellules commerciales vides et le Village gastronomique lui aussi en difficulté, qui tente de se relancer avec un nouveau directeur, Nathalie Koenders s’efforce de voir l’assiette à moitié pleine. Elle met en avant les réussites du site, comme le cinéma Pathé, qui affiche une progression de la fréquentation de 19% (contre 15% en moyenne nationale), ou encore la boulangerie du Village gastronomique qui « cartonne ».

Bien qu’un rachat des parties privées par la Ville ne soit pas à l’ordre du jour, la municipalité se dit déterminée à jouer son rôle de facilitateur. L’objectif est d’attirer de nouveaux exploitants et de faire évoluer l’offre.

Fin du casse-tête pour l’hôtel

L’autre point noir du site concerne l’hôtel 4 étoiles, dont le chantier est terminé depuis deux ans. Ce dossier s’est très lentement décanté en raison d’un « casse-tête juridique » selon la maire de Dijon, impliquant le groupe constructeur-promoteur Eiffage et des banques, faisant suite à la faillite des sociétés qui portaient le projet sous la franchise Hilton.

D’après nos informations, un accord a été passé en fin d’année dernière entre Eiffage et les crédits bailleurs BPCE Lease Immo, Arkea Crédit Bail et Finamur. Devenus intégralement propriétaires, ces derniers seraient enfin en passe d’engager un processus de cession vers de nouveaux candidats, dont l’identité reste pour le moment inconnue.