Dijon Beaune Mag
Plumiers en bois, colle Cléopâtre et caddies en métal : embarquez dans un voyage en 1976, dans les allées d’un supermarché de Dijon, quand la rentrée avait une tout autre allure…

Qui se souvient encore du cliquetis des caddies en métal dans les allées du magasin Mammouth de Fontaine-lès-Dijon (où se trouve aujourd’hui le centre commercial Intermarché), de l’odeur des plumiers en bois, des cartables en cuir rigide, de l’odeur de la colle Cléopatre ou encore celle de la salle de classe si caractéristique ? À croire qu’elles avaient toutes la même odeur !
Un doux vent de nostalgie souffle sur la Côte-d’Or à la redécouverte de ces images d’archives de France 3 Bourgogne. À la mi-septembre 1976, à la veille immédiate du grand retour sur les bancs de l’école, les caméras de télévision s’invitaient dans un supermarché de la périphérie dijonnaise. Un témoignage pris sur le vif, tendre et spontané, qui capture une époque où la rentrée avait un tout autre rythme (cliquer sur l’image ci-dessous).

Aujourd’hui habitués à reprendre le chemin des classes dès les premiers jours de septembre, cela peut paraître surprenant de voir ces familles dijonnaises faire leurs achats un 13 septembre. Ce calendrier répondait pourtant à une logique historique.
Avant 1960, la rentrée s’effectuait le 1er octobre. Dans une France encore profondément marquée par son ancrage rural, les vacances scolaires s’alignaient sur le rythme de la terre, s’étirant pour laisser aux enfants le temps de participer aux vendanges et aux récoltes d’arrière-saison.
C’est en 1960 qu’intervient un tournant majeur : la réforme de 1959 fixe la fin de l’année scolaire au 1er juillet et décale la rentrée au 15 septembre, comme dans le reportage.
C’est seulement à partir de 1983 que le retour sur les bancs de l’école au tout début du mois de septembre devient la norme définitive, compensant l’instauration et l’allongement des petites vacances de la Toussaint, d’hiver et de printemps.
Dans les allées éclairées au néon, les mères de famille avancent, caddies à la main, souvent escortées par des enfants aux idées bien arrêtées. En 1976, le passage en caisse s’exprime encore parfois en anciens francs pour marquer les grands esprits, mais c’est bien en nouveaux francs que l’on comptait cette année-là, depuis 1960.
Au micro du journaliste, une mère de trois enfants fait ses comptes de tête : elle consacre alors 100 francs (soit l’équivalent de 75,50 euros, inflation comprise) pour l’équipement de son aînée qui entre en sixième, et 50 francs pour les plus petits (soit 37,75 euros d’aujourd’hui).
Quant à la garde-robe, le bon sens prime : « Oh ben les vêtements, on arrive à faire avec ce qu’il y a d’habitude, hein », glisse cette maman avec un sourire tranquille. Une sobriété vestimentaire qui tranche avec la course aux marques d’aujourd’hui.
Le contraste le plus saisissant réside sans doute dans la composition même du cartable. En 1976, l’essentiel tenait dans quelques cahiers, une règle, des crayons feutres et une trousse (en cuir de surcroit).
Pile poil cinquante ans plus tard, la liste s’est considérablement rallongée : classeurs souples à anneaux, clés USB, calculatrices scientifiques programmables, matériel de géométrie incassable ou tenues de sport. Résultat : alors qu’une équivalence de 75 euros couvrait une rentrée de collège en 1976, le coût moyen d’une entrée en 6e dépasse désormais régulièrement les 200 à 350 € par enfant, selon nos confrères de Capital.fr.
Pour faire face à cette évolution des besoins et des tarifs, l’accompagnement des familles s’est lui aussi transformé. En cet été 2026, le versement de l’Allocation de rentrée scolaire (ARS) est fixé au mardi 18 août pour les foyers de la métropole et du pays.
Revalorisé pour coller au coût de la vie, et selon ressources, ce coup de pouce financier est désormais gradué selon l’âge des enfants. Il s’élève cette année à 426,87 euros par enfant pour les écoliers de 6 à 10 ans, monte à 450,41 euros pour les collégiens de 11 à 14 ans, et atteint 466,02 euros pour les lycéens de 15 à 18 ans.