Dijon Beaune Mag
En novembre 2019, lors de la pose de la première pierre du futur établissement de L’Arche sur l’ancienne clinique de Chenôve. Réalisé avec Orvitis et le promoteur Edifipierre, le site regroupera les cinq structures de Dijon dans un pôle plus adapté à l’accueil de personnes handicapées. © JEAN-LUC PETIT.
L’Arche est une association de dimension internationale fondée dans les années soixante, présente dans 37 pays via plus de 150 communautés. À Dijon, elle accueille une vingtaine de résidents répartis dans trois des quatre maisons lui appartenant (la quatrième accueille un centre d’activités de jour). Ici, on parle plutôt de communautés de vie. Les « accueillis » deviennent eux-mêmes les « accueillants » des assistants ou jeunes volontaires qui partagent leur quotidien, nuit et jour, dans un contexte familial où chacun occupe une place à part entière.
L’Arche est une association de dimension internationale fondée dans les années soixante, présente dans 37 pays via plus de 150 communautés. À Dijon, elle accueille une vingtaine de résidents répartis dans trois des quatre maisons lui appartenant (la quatrième accueille un centre d’activités de jour). Ici, on parle plutôt de communautés de vie. Les « accueillis » deviennent eux-mêmes les « accueillants » des assistants ou jeunes volontaires qui partagent leur quotidien, nuit et jour, dans un contexte familial où chacun occupe une place à part entière.
En 2019, la vente aux enchères de la pièce de charité de Nuits-Saint-Georges, sous l’impulsion du nageur Camille Lacourt, avait laissé une confortable contribution à la communauté de Dijon, porteuse d’un grand projet : à l’horizon 2021, L’Arche à Dijon réunira ses différents foyers en un seul site à l’emplacement de l’ancienne clinique de Chenôve. Ce programme, réalisé par le promoteur Edifipierre, se construit avec l’assistance technique et financière d’Orvitis. Un montage qui couvre en grande partie le budget nécessaire. Mais L’Arche compte aussi sur les Bourguignons pour assurer le complément. Camille Lacourt était donc bien dans le grand bassin de la générosité.
Tout comme le trompettiste Thierry Caens. « Les artistes sont régulièrement sollicités, témoigne le musicien, cela peut concerner la lutte contre la sclérose en plaque, le soutien des Restos du cœur ou encore la cause d’Amnesty International. » Il n’a donc pas véritablement de chapelle pour exprimer sa solidarité, mobilisant volontiers bénévolement le grand ensemble de cuivres du conservatoire de Dijon, ce qui « permet d’associer des jeunes à ce genre de démarche ». Concernant L’Arche, l’affaire n’est pas nouvelle. « Ça commence même à dater un peu ! »
En rencontrant Jacques Brossier, le président de l’association L’Arche à Dijon, l’artiste s’est dit que « ce serait bien de s’engager sur la longueur et que le sujet le méritait bien ». N’étant pas du genre à faire les choses à moitié, il répond donc présent chaque fois qu’on le sollicite, avec sa trompette ou ses casseroles puisque, la chose est de notoriété publique, Thierry Caens est aussi un cuisinier extraordinaire.
On le retrouve ainsi un soir d’été au foyer de la rue Sainte-Anne, préparant « avec les pensionnaires des recettes pas trop compliquées, pour un repas sympa sous la tonnelle ». Quand cela est possible, Thierry n’hésite pas non plus à offrir un concert pour la bonne cause. Mais il apprécie surtout cette intimité pleine d’enseignements glanés au contact des personnes handicapées : « J’ai beaucoup aimé le climat dans les foyers de l’Arche, j’ai aimé faire des courses avec les résidents avant la préparation du repas, j’ai aimé les recevoir, comme Jason qui est venu boire une limonade à la maison. » Tout en relativisant son sens du partage : « Pour nous c’est si peu d’effort, pour eux c’est tellement beaucoup. »
La singularité de L’Arche réside dans le fait que le handicap n’est pas considéré comme un handicap pour la société mais qu’il en est une valeur ajoutée qui mérite d’être appréciée dans sa dimension spirituelle. « Je suis un handicapé normal », clame ainsi dans une vidéo l’un des passagers de L’Arche à Dijon. Thierry se réjouit de cette ouverture d’esprit, car « les résidents de L’Arche sont curieux de tout, leur univers est limité, handicap oblige, mais en réalité, leur vie de tous les jours peut être source de grande profondeur. Dès que tu les sors de leur quotidien, ils ont le sentiment de partir en vacances ». Ce qui promet encore de beaux voyages, pour les uns comme pour les autres.