Dijon Beaune Mag
Championne d’Europe en titre, ambitieuse sur tous les terrains, la JDA Hand change de dimension. Dans son sillage, c’est tout un groupe qui se structure, investit dans ses outils et cultive sa marque sans vouloir perdre ce qui fait sa singularité. Sa présidente déléguée Lucile Bongiovanni résume ainsi la philosophie : « On peut être un grand club familial avec des exigences entrepreneuriales. »

Quelque chose a changé à la JDA. Pas son goût de la gagne, encore moins cette faculté très dijonnaise à faire beaucoup avec moins que les mastodontes. Plutôt une dimension nouvelle, que le titre européen décroché par les handballeuses au printemps est venu mettre en pleine lumière. La vénérable Jeanne d’Arc, née en 1880, grandit encore.
Cela se voit d’abord dans son organisation. Derrière les actionnaires Thierry Degorce et Nathalie Voisin, un jeune triumvirat a pris les commandes opérationnelles : Clément Forgeneuf à l’échelle du groupe, Lucile Bongiovanni au handball et Samuel Usureau au basket. Trois visages d’une JDA qui entend désormais penser davantage collectif, jusque dans ses activités périphériques, et multiplier les passerelles. « L’histoire est très simple : faire de la Bourgogne un territoire attractif. Qu’est-ce qu’on fait de bien en Bourgogne ? On boit bien, on mange bien et on fait bien du sport », résume dans un sourire Lucile Bongiovanni.
La structuration passe aussi par les murs. Le rêve d’une grande Arena dijonnaise s’est éloigné avec l’explosion des coûts de construction post-Covid. Reste donc le Palais des Sports, son emplacement idéal en centre-ville, son ambiance et ses contraintes. La cohabitation du basket et du handball, notamment autour du tracé réglementaire, demeure un sujet sur lequel la Métropole planche, avec notamment la piste innovante d’un sol LED.
En parallèle, la JDA prépare son futur centre de performance à Couchey. Commun au basket et au hand, il doit offrir salles d’entraînement et de musculation, espaces de soins, récupération et balnéothérapie. Un outil maison attendu à l’horizon 2027-2028 pour gagner en autonomie et en qualité de travail. Sans quitter le Palais pour autant : « C’est là où notre cœur vibre les soirs de match », insiste la présidente.
Le moment semble d’autant mieux choisi que le hand dijonnais a changé de braquet. Sa victoire en Ligue européenne, au terme d’un Final Four organisé à Dijon – « un travail de titan de toutes les équipes » – et bouclé à guichets fermés, a constitué bien davantage qu’une ligne au palmarès.
Sportivement, la JDA veut désormais s’installer dans cette nouvelle dimension. Outre la success story 100% dijonnaise des sœurs Nina et Amel Dury, le recrutement en témoigne : la gardienne autrichienne Lena Ivančok, la championne du monde Déborah Lassource, la prometteuse Anne-Emmanuelle Augustine et Ida-Marie Dahl, meilleure pivot du championnat danois, sont venues renforcer un effectif cosmopolite. Clément Alcacer dispose d’une équipe taillée pour son handball de vitesse, de contre-attaque et d’abnégation.

Ancienne basketteuse, Lucile Bongiovanni reconnaît volontiers être « très orientée par le challenge ». Lorsqu’elle a pris les rênes du hand après la JDA Basket, celui-ci restait encore trop souvent la petite sœur du basket. Son chantier a donc aussi consisté à muscler tout ce qui se passe hors du terrain. Billetterie, communication, événementiel, expérience partenaires « grâce notamment à des joueuses porteuses de très belles valeurs et toujours disponibles » : le club se comporte comme une entreprise, avec plus de 65% de son budget provenant du sponsoring privé et un réseau d’entreprises qui continue de s’étoffer.
Les résultats suivent : « En quelques années, nous avons multiplié par trois le nombre d’abonnés et de partenaires. » Et surtout, la présidente observe un phénomène qu’elle qualifie volontiers de « transformatif ». Faire entrer quelqu’un pour la première fois au Palais suffit souvent à faire tomber les préjugés sur le hand féminin.
Les maillots se vendent, les tribunes se remplissent et les joueuses deviennent des figures familières, « des rôles modèles pour les petits garçons comme pour les petites filles ». Surtout, elles restent. Plusieurs ont repoussé des sollicitations pour prolonger l’aventure dijonnaise. « Souvent, on associe le fait d’être une famille au fait d’être associatif. Moi, je pense qu’on peut être un grand club familial avec des exigences entrepreneuriales. La famille, c’est être capable de se dire les choses, de passer du temps ensemble, de partager et de se remettre en question ensemble. »
Une définition qui ressemble de plus en plus à un projet de club. Avec désormais un autre étage dans le viseur : la Ligue des champions. La JDA « en rêve », mais refuse d’y aller pour faire de la figuration ou fragiliser son modèle économique. Il lui faudrait encore changer de dimension pour assumer durablement le coût de l’aventure et voir loin. C’est sans doute aussi cela, un grand club familial.
Les handballeuses de la JDA Bourgogne Dijon retrouvent leur public au Palais des Sports pour trois affiches de Ligue Butagaz Énergie.
🤾♂️ Mercredi 14 octobre – 19h30 – JDA Dijon / Strasbourg ATH
🤾♂️ Mercredi 11 novembre – 19h30 – JDA Dijon / Stella Saint-Maur
🤾♂️ Samedi 21 novembre – 19h30 – JDA Dijon / Toulon Métropole Var
Tenante du titre de l’EHF European League, la JDA bénéficie d’un ticket direct pour la phase de groupes et fait donc l’impasse sur les tours qualificatifs disputés en octobre et novembre. Le tirage au sort aura lieu le 19 novembre, pour une phase de groupes qui se jouera du 9 janvier au 21 février.* Dates et horaires susceptibles d’évoluer.
🎟️ Billetterie sur www.jdadijon.com