Les conseils assurance. Après la grêle, le beau temps… des questions

Au cœur de l’été, un violent orage a frappé Dijon et laissé derrière lui des dégâts considérables. Toitures, véhicules, équipements… mais aussi potentiellement activité perturbée et trésorerie fragilisée pour les entreprises. Le point avec notre chroniqueur Théo Barbier, agent général AXA à Dijon.

Mi-juillet, la grêle a frappé Dijon comme jamais. Avec quelle incidence pour un assureur ? 

Der­rière un épisode de grêle, il y a une entreprise ou une famille qui doit continuer à fonc­tionner et ne peut pas mettre son acti­vité sur pause en attendant les répara­tions. En tant qu’assureur, nous faisons face à un afflux de sinistres, mais notre métier est avant tout de faire en sorte qu’un mauvais quart d’heure météo ne se transforme pas en mauvais trimestre. L’enjeu est d’autant plus important que la grêle représente 43% du coût des dommages climatiques.

La grêle est-elle devenue l’ennemi climatique n°1 des entreprises en Côte-d’Or ?

Je serais prudent avec le classement, mais c’est devenu un risque majeur. Nous avons vu chez nous en Côte-d’Or qu’en quelques minutes, les dommages peuvent s’intensifier et générer des coûts significatifs : une toiture, des véhicules, des panneaux photovoltaïques ou des équipements peuvent être touchés. Nous protégeons en anticipant : les clients dont le logement se trouve dans une zone qui va être frappée par un épisode de grêle intense sont prévenus quelques heures avant, via notre dispositif de SMS. S’il n’a pas d’autre solution qu’un parking public couvert, AXA lui rembourse ses frais jusqu’à 50 euros.

Côté pro, un dirigeant pensant être « bien assuré » l’est-il ?

Pas forcément. Une entreprise grandit, investit, augmente ses stocks, achète du matériel, déménage… tandis que son contrat peut être resté le même pendant des années. C’est ainsi qu’apparaissent les angles morts : montants assurés insuffisants, franchise mal adaptée, nouvelle activité non couverte ou période d’indemnisa­tion trop courte.

Les conséquences indirectes peuvent-elles être plus dangereuses que les dégâts eux-mêmes ?

Absolument. Une toiture trouée, ça se voit. Une trésorerie qui se vide, beau­coup moins. Prenons une entreprise dont le bâtiment est fortement endom­magé : les réparations peuvent être prises en charge, mais pendant ce temps elle continue à payer ses salariés, son loyer, ses crédits, ses fournisseurs… alors que sa production est impactée. C’est tout l’enjeu des pertes d’exploita­tion. À cela peuvent s’ajouter des frais pour continuer à travailler : location d’un local ou de matériel, réorganisation de la production… J’aime donc poser une question simple à un dirigeant : « Si votre entreprise avait été à l’arrêt pendant ces trois derniers mois, que se serait-il passé ? » Si la réponse est « je ne sais pas », c’est le moment de regar­der ensemble son contrat.

Quand faire le point ?

Une à deux fois par an, c’est bien. Mais une entreprise n’attend pas son anni­versaire pour changer de taille ! Comme pour une voiture, on ne vérifie pas les freins uniquement après l’accident. Mon conseil aux dirigeants est donc simple : ne demandez pas seulement « Combien ça me coûte ? », mais surtout : « Que se passerait-il si demain je ne pouvais plus travailler ? » C’est souvent ainsi que l’on découvre les vrais risques.

AXA | Agence BARBIER – DE LA GRAVIÈRE à Dijon
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