Hockey Club Dijon. La renaissance des Ducs

Avec près de 900 spectateurs par match, une communauté de partenaires en plein développement et 250 licenciés, le Dijon Hockey Club a retrouvé une place dans le paysage sportif local. Revenu en D2 après avoir frôlé la disparition, il avance avec l’énergie des petites structures et la foi de passionnés. À commencer par son président, Nicolas Morpain.

Nicolas Morpain, président du Hockey Club Dijon. ©Jean-Luc Petit/DBM

À Dijon, il y a le foot, le basket, le hand… et toujours le hockey. Il suffit de pousser les portes de la patinoire Trimolet un soir de match pour s’en convaincre. Quelque 800 à 900 spectateurs s’y serrent régulièrement. La saison dernière, le taux de remplissage flirtait avec les 90%. Pas mal pour une équipe évoluant en D2, soit le troisième échelon national.

Le constat vaut aussi en coulisses. Le Dijon Hockey Club revendique 250 licenciés, des jeunes à l’équipe fanion en passant par une importante section loisirs. Il doit même refuser du monde. Car Trimolet, construite en 1972, voit passer du monde : patinage artistique, short-track et hockey se partagent une unique piste occupée sept jours sur sept, parfois de 6h30 à 23h, tandis que les écoles l’utilisent en journée. « Aujourd’hui, on est à la limite de ce qu’on peut faire avec notre infrastructure », constate Nicolas Morpain.

Repartir d’une copie blanche

Le président sait d’où revient le hockey dijonnais. Dans les années 2000 et au début des années 2010, les Ducs fréquentaient l’élite de la Magnus, remportaient la Coupe de France et emmenaient leurs supporters à Bercy. Puis la professionnalisation de la ligue a fait trop grandir la marche. Le club est liquidé, puis son association dans la foulée. « Il nous a fallu repartir d’une copie blanche », concède le président, sans se cacher derrière sa crosse.

Quelques passionnés rallument alors la mèche, parmi lesquels le regretté Stève Le Grall, Samuel Keller ou Pierrick Thibault. La reconstruction mène jusqu’au retour en D2 en 2024. Dijon s’y maintient avec l’un des plus petits budgets de la troisième division : environ 380 000 euros pour l’ensemble du club. « Il y a quatre niveaux au hockey et les marches sont grandes », résume Nicolas.

Pas question, donc, de promettre la Magnus pour demain. « L’objectif est de consolider, former et renforcer les équipes de jeunes, quitte à voir partir les meilleurs. » Sur la glace, quelques Dijonnais fidèles côtoient des joueurs venus de parcours plus lointains, notamment d’outre-Atlantique. Un cocktail (d)étonnant qui entretient un esprit de bande et offre surtout un sport spectaculaire.

De supporter à président 

Nicolas Morpain incarne parfaitement cette fidélité. Paysagiste de métier, il découvre les Ducs avec son père au début des années 2000. Avec sa compagne, il prend goût à Trimolet jusqu’à ne plus rater un match lors de la saison 2005-2006, conclue par une Coupe de France. Puis viennent les déplacements et la présidence des Archiducs, le club des supporters, de 2008 à 2013.

Son plus beau souvenir ? Incontestablement Bercy 2012, une finale gagnée contre Rouen en prolongation et 1 500 Dijonnais dans les tribunes. « Au match suivant, la patinoire était complète, les gens étaient debout. Puis on avait descendu la rue de la Liberté avec la surfaceuse pour célébrer ! » Dix ans plus tard, le supporter prend la présidence du DHC.

Son profil ressemble finalement à toutes ces personnalités engagées discrètement, à l’image de son vice-président Rodolphe Defontaine, qui pilote le hockey mineur. Ici, tout le monde est un peu couteau suisse. Mais la passion n’empêche plus la structuration. « Il y a quelques années, le partenariat privé se résumait essentiellement à quelques parents de licenciés possédant une entreprise, pour à peine 10 000 euros. La contribution a depuis été multipliée par plus de dix. »

Le travail de Jules Grand, responsable des partenariats, accompagne cette transformation : réceptif, accueil et valorisation des entreprises, communication et vidéos pour montrer un spectacle qui se vend finalement très bien une fois qu’on l’a découvert. La capacité d’accueil des partenaires a doublé et le tissu économique se fédère autour du club.

Un chaudron à ses limites 

Reste Trimolet, à la fois force et plafond de verre. Une vieille dame bouillante les soirs de match, mais dont la vétusté complique jusqu’à la préparation estivale des joueurs. Nicolas Morpain ne charge pas les services de la Métropole, avec lesquels le dialogue subsiste, mais prévient : « Si rien n’est fait à court terme, cela va devenir compliqué. »

Et de citer volontiers Angers : autrefois comparable à Dijon, le club dispose désormais d’une enceinte moderne de 3 000 places et deux pistes, et joue aujourd’hui les premiers rôles français. Sans rêver tout haut d’un destin identique, le DHC a déjà démontré l’essentiel.