Dijon Beaune Mag
Les 18 et 19 septembre, SETP a inauguré sa nouvelle usine de 6 000 m² au cœur de la carrière de Comblanchien. Un investissement de 12 millions d’euros qui marque une nouvelle étape pour l’entreprise familiale, devenue un leader français de la pierre naturelle. Plus de 1 600 personnes ont découvert le site à l’occasion de l’opération « Pierre d’Avenir », organisée en marge des Journées européennes du patrimoine.

Il fallait bien deux jours pour raconter tout le chemin parcouru depuis ses fondations en 1963. Les 18 et 19 septembre, plus de 1 600 personnes ont franchi les portes de la Société d’extraction et de transformation de la pierre (SETP) à Comblanchien.
Élus, professionnels, partenaires et salariés d’abord, puis grand public à l’occasion des Journées européennes du patrimoine : l’entreprise avait baptisé l’événement « Pierre d’Avenir ». Tout un programme pour une matière ancestrale, que SETP entend justement replacer au cœur des enjeux contemporains de la construction.
La vedette de ces deux journées était une usine flambant neuve de 6 000 m², construite au cœur même de la carrière. Douze millions d’euros ont été investis, dont 5,5 millions dans le bâtiment et 6,5 millions dans les machines.
Deux lignes automatiques de surfaçage et de débit, des engins autonomes capables de transporter 25 tonnes ou encore des robots de palettisation composent ce nouvel outil industriel, équipé exclusivement de machines européennes. À la clé : une capacité supplémentaire de 50 000 m² de revêtements par an et vingt embauches annoncées.
Pour les dirigeants Jean-Roch Deswarte et Céline Molin, l’inauguration avait forcément une saveur particulière. Lorsque le frère et la sœur reprennent SETP en 1995, l’entreprise compte deux salariés. Trente ans plus tard, elle en emploie plus de 200 et revendique une position de leader français dans l’extraction et la transformation de pierre naturelle.
Son terrain de jeu historique reste spectaculaire : 80 hectares à Comblanchien, au cœur de la Côte de Nuits, pour la plus grande carrière française de pierre calcaire ornementale. Propriété de la commune et exploitée par concessions depuis plus de deux siècles, elle disposerait encore de réserves estimées à plus de 200 ans.
Mais SETP a depuis largement élargi son périmètre. À Comblanchien et Ladoix-Serrigny en Côte-d’Or s’est ajoutée la carrière de Buxy en Saône-et-Loire, acquise en 2024. Puis, en 2026, l’entreprise a intégré Sogepierre à Nod-sur-Seine, soit 40 salariés supplémentaires et trois carrières.


La nouvelle usine donne surtout à voir le virage industriel pris par la filière. Sur son site de Comblanchien, SETP dispose désormais de quatre unités de production représentant 15 000 m². L’entreprise extrait environ 24 000 m³ de blocs par an et produit notamment 120 000 m² de revêtements, dalles et pavés, 24 km de bordures et 11 km de marches. Un appareil industriel qui n’a pas fait disparaître le geste : treize postes de tailleurs de pierre subsistent au milieu des machines numériques.
Le nouvel investissement doit répondre à des marchés en évolution : piétonisation des centres-villes, lutte contre les îlots de chaleur, recherche de matériaux locaux, durables et bas carbone… Autant d’arguments avec lesquels la pierre naturelle entend reprendre sa place dans la construction contemporaine.
SETP en apporte déjà quelques démonstrations éloquentes : le parvis de Notre-Dame de Paris, le Palm Beach à Cannes, la place de la Comédie à Montpellier, Disneyland Paris ou encore la cuverie en pierre massive du domaine Leflaive à Puligny-Montrachet figurent parmi ses références.
Avec 30,8 millions d’euros de chiffre d’affaires sur son dernier exercice et quelque 4,5 millions d’euros investis chaque année en moyenne depuis cinq ans, SETP ne se contente donc plus de défendre un patrimoine. À Comblanchien, ces Journées du patrimoine ont montré que la vénérable pierre peut bel et bien construire demain.