Corinne Touzet, présidente de la vente des Hospices de Nuits : « J’ai besoin de me sentir utile »

L’héroïne d’Une femme d’honneur présidera l’événement du 11 mars au nom de l’Association Petits Princes. Tournée en bonne partie dans l’Auxerrois, la mythique série de TF1 lui a permis de cultiver un rapport à l’art de vivre bourguignon. Épanouie sur les planches, curieuse de tout et de tout le monde, Corinne Touzet est ravie de son passage nuiton pour la bonne cause. Dijon-Beaune Mag est passé en mode interrogatoire.

Adjudant-Chef, lieutenant et maintenante présidente… Comment expliquer cette « promotion » ? 

J’ai déjà collaboré avec l’Association Petits Princes à deux reprises, dernièrement au cirque Phénix, à Paris. Ce sont des gens biens, pour qui j’ai un grand respect. Ils m’ont contactée pour me proposer le projet, j’ai accepté avec plaisir. Toute ma vie, j’ai été proche des enfants. Ce sont des soleils pour moi. Même si certains n’ont pas toujours accès au bonheur, ils sont toujours porteurs d’énergie. J’ai été marraine de nombreux projets touchant à l’enfance, l’éducation des plus démunis, le handicap. Cette association a besoin de parrains et de marraines pour mettre en lumière ses projets et faire parler de ses actions. Je fais un parallèle avec le vin, qui est un vecteur de partage ; pouvoir réaliser le rêve d’un enfant et lui permettre de tenir le coup un peu plus encore, c’est un véritable partage d’énergies.

Justement, quel est le rôle de l’Association Petit Princes ?  

Je l’aime particulièrement car c’est une des seules associations en France à accompagner les enfants dans la durée, en leur donnant la possibilité de réaliser plusieurs rêves si l’évolution de leur pathologie le nécessite. Elle ne se limite pas à une action ponctuelle – ce qui est déjà très bien j’en conviens. Les bénévoles sont en contacts réguliers avec les enfants et leur famille pour prendre de leurs nouvelles et mettre en place un nouveau rêve si le besoin s’en fait sentir. C’est très rare.

L’évasion, sans mauvais jeu de mot, c’est un peu votre métier…

Le rêve touche l’actrice que je suis. Notre métier ne fait que ça, faire rêver les gens… Enfin, je l’espère. J’ai interprété beaucoup de mamans et les enfants devenus adultes sont venus me voir avec leurs parents au théâtre. Cela m’a beaucoup touchée. L’association vient de fêter ses 30 ans et a réalisé à ce jour plus de 6 700 rêves.

Ce rôle d’ambassadrice permet accessoirement de sortir des projecteurs.

Oui, c’est important. Je ne fais pas ça pour moi, mais j’ai besoin de faire autre chose, de m’intéresser aux gens. Je m’efforce d’être curieuse de tout. La vie passe beaucoup trop vite, il faut apprendre à enlever les œillères. Puis, je n’ai pas un ego surdimensionné (sourires). J’ai besoin de me sentir utile car mon métier est très égomaniaque. Mobiliser sa popularité pour rendre service aux personnes qui en ont besoin est une évidence pour moi.

Une Femme d’Honneur vous a fait découvrir l’Auxerrois. Quels sont vos meilleurs souvenirs de tournage ?

J’ai découvert cette région petit à petit, à chaque épisode. J’avais même acheté une vieille grange du côté de Toucy à l’époque où ma fille était encore bébé. Je ne peux pas résumer onze ans de tournage, j’ai des centaines de souvenirs ! Mais puisqu’il est question de vin, je me souviens en particulier de la beauté des vignes de Chablis – un vin que j’adore. La lumière blonde de l’automne sur ces petits coteaux pentus est restée gravée dans ma mémoire. Nous y avons beaucoup tourné, j’ai d’ailleurs commencé ma cave à cette époque-là, au hasard de mes découvertes et des dégustations. La robe des grands vins de Bourgogne a une couleur magique…

© Clement Bonvalot

Quel est votre rapport définitif à l’art de vivre bourguignon ?

Les bourgognes sont mes vins préférés, et notamment le plus grand blanc au monde à mon sens, le meursault ! Puis, j’ai participé à la vente des Hospices de Beaune par deux fois. C’est très impressionnant, très puissant. J’ai tourné Une femme d’honneur pendant cinq ans aux portes de la Côte-d’Or, nous sommes descendus jusqu’à Saulieu où j’ai rencontré Bernard Loiseau… J’ai par ailleurs été intronisée Grand Pilier Chablisien ; le pape du Beaujolais Georges Duboeuf m’a fait également fait entrer dans la confrérie des Grappilleurs du Beaujolais ; je suis devenue amie avec Georges Blanc qui m’a fait découvrir son art… Un immense souvenir, un génie, tout comme Marc Veyrat d’ailleurs, qui n’est pas Bourguignon mais que j’ai eu l’honneur de rencontrer. Ces belles personnes m’ont fait goûter, m’ont expliqué, m’ont appris des choses sur notre rapport à l’art de vivre en général. Et il y a tant encore à savoir. Est-ce qu’une vie suffit ?


Pendant dix ans, jusqu’en 2007, Corinne Touzet a incarné l’adjudant-chef puis le lieutenant Isabelle Florent. Au total, 37 épisodes d’Une femme d’honneur seront diffusés sur TF1 pour, au bout du compte, plusieurs millions de téléspectateurs. Un mythe ! L’héroïne remportera le titre de Meilleure comédienne de téléfilm au 7 d’Or 1997, sa poigne et sa tendresse constituant pour l’époque un mélange inédit et très apprécié. De 1996 à 2000, c’est autour d’Auxerre que sera tournée la série, avant de quitter la Bourgogne pour le Vaucluse, puis les Alpes-Maritimes. Aujourd’hui, à 58 ans, l’élégante Corinne Touzet s’épanouit au théâtre, notamment dans la pièce de Sophie Forte et Anne Bourgeois Voyage en ascenseur, qui fit un carton au dernier Festival d’Avignon. En parallèle, elle se verrait bien réaliser son premier long-métrage au cinéma, qu’elle est en train de financer. 

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