Dégustation : les climats du « semi » de Beaune bus et vus de près

Les milliers de semi-marathoniens du week-end de la Vente des Hospices de Beaune savent-ils seulement quels sols prestigieux ils vont traverser ? Dijon-Beaune Mag a demandé au sommelier et directeur de Loiseau des vignes Christophe Ginès de les éclairer sur certains climats posés sur leur parcours. En piste pour la dégustation !

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Par Dominique Bruillot, avec le concours de Christophe Ginès (Loiseau des vignes)
Pour Dijon-Beaune Mag

Photo : Clément Bonvalot

Petit message à l’attention des coureurs du semi-marathon de Beaune : si vous passez trop vite, vous n’aurez pas le temps d’apprécier pleinement les terroirs que vous serez amenés à traverser. Alors, pour vous aider à respirer, vous les sportifs du terroir de haut niveau – ce  qui ne veut pas dire « vous les sportifs de haut niveau du terroir » – nous avons fait appel à un compétiteur d’un autre genre : Christophe Ginès, directeur-sommelier de Loiseau des vignes, l’établissement beaunois étoilé doté d’une incroyable proposition de vins au verre.

Au millimètre près

Pourquoi faire, direz-vous ? Et bien pour rappeler à chacun des milliers de concurrents du « semi », qu’ils ne vont pas fouler n’importe quel sol et que cela mérite respect ou, au moins, un peu d’écoute. Quatre climats placés sur le parcours ont donc été choisis au sprint tout spécialement pour eux. Deux meursault blancs très voisins mais finalement très différents l’un de l’autre, un meursault rouge de grande classe et un pommard premier cru.

Première étape sur le parcours divin du vin : un meursault Lormeau 2014 du domaine Fabien Coche. « Racé, avec des notes de poivre blanc et un léger fumé, il est révélateur du sol argilo-calcaire de ce climat » constate le sommelier, trouvant de bien belles qualités à ce breuvage, dont « une touche de beurre demi-sel en bouche, de la minéralité et un côté croustillant de fruits secs ».

L’espace de quelques foulées et voilà le coureur du « semi » dans l’espace où règne le meursault Clos de Magny. Un échantillon 2014 de chez Vincent Latour met alors en évidence des « notes de fleur blanche et d’amande, légèrement épicées, une certaine maturité et une évidente disposition à devenir un vin de gastronomie. » Si près l’un de l’autre qu’ils soient, et pourtant si loin en ce qui concerne les plaisirs qu’ils procurent, ces deux-là ne manquent pas de souligner à quel point la Bourgogne se foule comme elle se déguste, au millimètre près.

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Proches géographiquement et si différents gustativement, voilà quelques vins issus des climats du parcours.

Bu et vu de près

Du blanc au rouge, il n’y a qu’un pas que le semi-marathonien ne saurait franchir sans plaisir. Tout comme ses trois autres compères de la dégustation, le meursault rouge 2013 de Fabien Coche s’épanouit sur le côté gauche de la Nationale, là où justement, la course se fraye son passage. « Un joli nez de pulpe de fraise des bois » caractérise ce vin gourmand comme le sont souvent les rouges de la Côte de Beaune, avec une belle fraîcheur et un équilibre très séducteur rappelle le spécialiste. Puis on franchit la frontière des meursaults pour gagner le pays plus naturellement rouge mais non moins merveilleux des pommards. « Premier cru les Epenots 2013 » : avec un pédigrée comme celui-là, le vin de la Maison Louis Latour conclut en beauté cette mélodie en sous-sol du semi-marathon de Beaune.

Malgré un nez étonnamment proche du meursault rouge, le premier cru est ici teinté de framboise et tracé d’un cuir léger. Porté par le côté solaire du millésime 2013, le voilà près à réchauffer les cœurs de celles et ceux qui auront produit l’effort avant le réconfort de sa dégustation. Ils pourront alors dire qu’avant de l’avoir bu, ils l’auront vu de près.

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