Dijon: Darcy Palace, le ciné centenaire

© Clement Bonvalot

© Clement Bonvalot

Vendu comme la salle de spectacle la plus élégante de Dijon, le Darcy Palace fête cette année ses 100 ans. Il fut surtout longtemps la plus grande salle de Dijon avec ses 1200 places assises et symbolise l’aventure du cinéma. C’est à la brasserie du Lion de Belfort – qui accueille aujourd’hui les bureaux d’une mutuelle – qu’eurent lieu les premières projections dès 1904, sur une toile tendue. Neuf ans plus tard c’est à l’emplacement de l’hôtel des messageries où « on loge à pied et à cheval » qu’est construit le Darcy Palace, par l’architecte Bourchard, au cœur de la place éponyme, véritable lieu de vie de Dijon et cœur des chemins de fer interurbains de Côte-d’Or.

Second cinéma permanent de Dijon après le Pathé, le Darcy Palace est l’une des dernières constructions lointainement inspirée du  style néoclassique auquel la Première Guerre mondiale met un terme définitif. Ce sont des centaines de spectateurs qui inaugureront le 6 mars 1914 cette nouvelle salle pour la projection de deux films : un comique de Max Linder et Marc Antoine et Cléopâtre de Enrico Guazzoni.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Darcy Palace devient le Soldaten Kino, cinéma réservé aux soldats allemands qui pouvaient y voir nombre de films de l’Universum Film Alztiengesellschaft, maison de production mère créée en 1917 de la filière française Continental qui, déclarée organisme d’État du IIIe Reich, généralisa le film de propagande.

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En 1950, la façade néoclassique considérée comme obsolète est masquée par un immense cadre blanc et aménagé de l’avancée toujours présente aujourd’hui. Considérée à son tour comme démodée en 1985, cette même façade néoclassique est alors remise au jour et surmontée d’un panneau miroir. En 1976, la grande salle de 1200 places est scindée en deux salles, dont la plus grande de 363 fauteuils accueillera le premier écran géant de la ville. Les sous-sols sont quant à eux aménagés en trois autres salles, une sixième sera construite en 1995 à l’emplacement des anciens balcons. La rose des vents aujourd’hui visible est venue orner le monumental œil de bœuf en 1987.

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