Dijon Beaune Mag
80 ans après sa création, fragilisé par la disparition da sa maison-mère Accell, Lapierre a demandé son placement sous la protection du tribunal de commerce, ce mercredi 5 août. La marque dijonnaise entend trouver un investisseur et sauver ses 106 emplois.

L’entreprise dijonnaise Cycles Lapierre a officiellement demandé son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Dijon, peut-on lire ce matin dans les colonnes du Journal du Palais. Cette démarche ne marque pas pour autant la fin de la célèbre marque de vélos, qui célèbre ses 80 ans cette année.
Elle vise au contraire à garantir la poursuite de l’activité, après le dépôt de bilan de la maison mère néerlandaise Accell Group, leader européen du vélo et détentrice de la marque dijonnaise depuis 1996. L’objectif principal est de préserver les 106 emplois du site.
Après l’échec de son propre rachat par un groupe singapourien, Accell s’est déclaré en procédure d’insolvabilité, coupant de fait les vivres à sa filiale. Face à cette situation imprévue, le directeur général des Cycles Lapierre, William Perrier, a pris acte de ce retour forcé à l’indépendance pour l’usine dijonnaise.
L’audience au tribunal, fixée au 25 août, doit permettre d’ouvrir une période d’observation vitale. Celle-ci servira à élaborer un plan de redressement et à se mettre en quête d’un nouvel investisseur, industriel ou financier, capable d’accompagner l’entreprise sur le long terme.
Le défi est de reconstituer une trésorerie solide après des années mouvementées pour l’ensemble du marché du cycle, durement touché par l’effet post-Covid, la baisse de la demande et la guerre des prix.
Cependant, la direction se veut rassurante et met en avant un redressement opérationnel déjà bien engagé. L’entreprise a réussi à réduire ses stocks de près de la moitié entre fin 2023 et fin 2024, tout en diminuant ses pertes d’exploitation de 41% en 2025.
Les premiers mois de l’année 2026 confirment d’ailleurs cette dynamique avec une nette amélioration des marges. La marque s’appuie également sur un réseau puissant de plus de 800 revendeurs et affichait en 2025 un chiffre d’affaires de 99,1 millions d’euros.
Pour sécuriser son avenir, les Cycles Lapierre en appellent enfin à la solidarité du territoire. La direction a d’ores et déjà pris contact avec les pouvoirs publics (préfecture, Région Bourgogne-Franche-Comté, Ville de Dijon et sa métropole) afin de réunir les conditions nécessaires à la sauvegarde de ce grand symbole industriel de la région.