Les mamelles du territoire

Le dernier numéro de Bourgogne Magazine met « la petite France Agricole » dans la lumière. La petite France Agricole ? C’est comme cela qu’on appelle la Côte-d’Or. Avec un milliard de chiffre d’affaires (dont la moitié sur le seul terrain viticole), près de 5 000 exploitations et 10 000 actifs,  le monde de la terre est une pièce majeure de l’économie de ce département. Dans le même temps les métiers évoluent, tout comme les consciences. Elus et Chambre d’Agriculture creusent donc de concert de nouveaux sillons. C’est le pari de la proximité, des circuits courts et pas seulement. Prochainement, le Conseil général vous proposera de découvrir ces « terriens du 21 » à l’occasion d’une exposition photos réalisées par Jean-Luc Petit. Extraits.

Luc laure : Terre et maire

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© JL Petit

Luc Laure est un homme pressé. A la ville, il est Monsieur le Maire de Lucenay-le-Duc, petite commune du Montbardois, qu’il dirige depuis 2008. C’est à cette date qu’il a passé son exploitation agricole en société. Car à la campagne, Luc est à la tête d’un élevage de vaches qui produit 1 400 000 litres de quotas laitiers, associés à 250 de cultures céréalières. Ils sont trois associés et un ouvrier à mener les 400 hectares de l’exploitation. A cela, il faut ajouter une production de miscanthus : « Je me suis lancé dans cette aventure avec le soutien de la coopérative de Baigneux-les-Juifs. Au départ, c’était l’idée de cultiver un produit noble sur des jachères. Aujourd’hui, j’ai envie d’aller plus loin. » En 2008, il s’est tourné vers la Suisse pour prendre des conseils sur l’utilisation de la plante dans la construction. Résultat : un mur complet de son bâtiment d’élevage a été réalisé grâce à l’apport du miscanthus. « Depuis, il n’a pas bougé », se félicite l’agriculteur.
> Luc Laure, élevage bovin, fourrages et céréales à Lucenay-le-Duc

Magali Joliet : Fermiers en herbe

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© JL Petit

Tart-l’Abbaye. C’est là que Magali Joliet et ses trois associés gèrent le GAEC du Pré Couvent. L’exploitation comprend une centaine de vaches laitières, des céréales également, elle produit même de l’hydroélectricité grâce à la rivière qui la traverse. En 2009, Magali y a ajouté un élevage de chevaux de trait de l’Auxois, et elle est aussi très active au sein du réseau Ecole en herbe : « Nous sommes un ferme pédagogique. Toute l’année, nous accueillons des familles, des groupes de handicapés, et surtout des scolaires. C’est important de transmettre, d’échanger sur notre métier, de parler des animaux aux enfants, d’autant que nous accueillons beaucoup d’écoles urbaines. Ma belle-mère fut l’une des fondatrices de ce réseau Ecole en herbe, qui en 20 ans d’activité en Côte-d’Or a permis d’accueillir 100000 enfants dans les fermes affiliées. Et aujourd’hui, nous continuons ce travail. Après les primaires, nous nous élargissons cette année aux collèges du département. »
> Réseau Ecole en herbe, Geneviève, Magali et Luc Joliet, chemin du Moulin, Tart-l’Abbaye Tél. : 03.80.31.23.68 

Colette Bailly et Luc Dupasquier : Bêtes et discipline

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© JL Petit

7 h 30, en ce jeudi. Comme tous les matins, Colette Bailly et Luc Dupasquier sont déjà à pied d’œuvre depuis belle lurette. D’autant plus que ce jour-là, ils préparent un concours lors duquel ils présenteront leurs veaux charolais. A la tête du GAEC des Granges de Vesvres, à 4 km de Vitteaux, le couple possède, outre les moutons, un élevage de vaches charolaises et de chevaux de trait de l’Auxois. Ici les journées sont longues, de 5 h 30 le matin jusqu’à la nuit. Et en décembre, au moment du vêlage, les nuits n’existent même pas ! A côté de cela, le couple mène 70 hectares de céréales pour l’alimentation des bêtes. Luc a pris la suite de son grand-père et de son père en 1982. Aujourd’hui, il travaille avec son épouse, qui enchaîne : « L’élevage, c’est très dur, c’est beaucoup de surveillance, ne serait-ce que pour prévenir les maladies par exemple, c’est physique aussi. Travailler en couple, cela veut dire s’épauler encore plus dans les difficultés. Nous sommes complémentaires, on comprend mieux les choses car on se connaît bien, et puis ça permet de se voir ! »
> GAEC des Granges de Vesvres, élevage ovin-bovin-équin, vers Vitteaux 

 

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