Nuiton-Beaunoy et son parcellaire haut-perché dans les Hautes-Côtes

Nuiton-Beaunoy trouve ses origines dans les Hautes-Côtes. Pas étonnant, donc, que la cave coopérative basée à Beaune y défende une approche parcellaire très soignée. À Arcenant, le magnifique climat du Prieuré est un bon exemple de comment le terroir peut voler haut dans les verres. 

À Arcenant, le climat Le Prieuré culmine à environ 360 à 390 mètres d’altitude. © Bénédicte Manière

Forte de 80 adhérents et d’une philosophie écoresponsable, Nuiton-Beaunoy prend soin d’un patrimoine unique en Côte-d’Or : 350 hectares de vignes classées en AOC régionales, villages, premiers crus et grands crus. Les Bourgogne Hautes-Côtes représentent une bonne moitié de ce total (114 ha pour la partie beaunoise, 71 ha pour la partie nuitonne). Soit 1 472 parcelles de vignes en tout et pour tout, chacune avec sa géologie, son histoire, son ou ses exploitants… Chacune pouvant être assemblée ou vinifiée à part, avec la mention sur l’étiquette. À l’échelle du consommateur, c’est-à-dire à hauteur de verre, cela se traduit par un choix inégalé d’une cinquantaine de vins différents. De quoi avoir une large palette bourguignonne, en rouge comme en blanc, le tout à prix relativement doux.

Opération cave ouverte à Beaune
Samedi 29 et dimanche 30 avril 2023, de 9 h 30 à 18 h 30, les vignerons de Nuiton-Beaunoy vous ouvrent les portes de leur caveau. Au programme : Visite de cave, dégustation et vente, animation autour de la fabrication et de la rénovation de fûts de chêne (l’Art du Tonneau). Nouveauté : possibilité de visite guidée au cœur des vignes, réservation en ligne obligatoire (20€/personne, départs à 10 h, 14 h et 16 h pour une durée d’1 h 30). Entrée libre au caveau de Beaune – 97, route de Pommard à Beaune. 
> nuiton-beaunoy.fr

Born in the Hautes-Côtes

Les Hautes-Côtes, faut-il le rappeler, occupent une place particulière chez Nuiton-Beaunoy. La cave coopérative est née à Orches, sous la protection des falaises, juste avant 1961 et la reconnaissance par l’Inao des bourgognes identifiés Hautes-Côtes de Beaune et Hautes-Côtes de Nuits. Ces vignobles d’altitude, où la plante est haute et large, tirent leur épingle du jeu. Ils sont une source d’inspiration en temps de réchauffement climatique et de dérapage du foncier. Les parcelles portent des noms plus ou moins évocateurs : En Pain Perdu, Sous la Roche, La Perrière, Le Ban, La Couleuvraire, Dames Huguettes, Les Millottes, La Quarpande…

Historiquement, la cave coopérative mettait ses raisins dans le même panier. « Dans une logique de montée en gamme, nous avons vraiment commencé à capitaliser sur les meilleurs terroirs au début des années 90, avec les Dames Huguettes, Le Prieuré et Les Perrieres », détaille Sébastien Hudelot. Le président du conseil d’administration de Nuiton-Beaunoy est bien placé pour témoigner de cette approche parcellaire. Son exploitation familiale est basée à Arcenant, dans les Hautes-Côtes de Nuits. Le vigneron a notamment sous sa responsabilité 7 des 12 hectares qui composent le climat Le Prieuré. 

Un « bureau » de toute beauté, avec vue imprenable sur la commune voisine de Meuilley (quand le brouillard n’occupe pas la cuvette), exposé sud/sud-ouest, sur un sol argilo-calaire très marneux. Ce terroir-là est béni. « Si les moines ont planté de la vigne ici, ce n’est pas un hasard ! », fait remarquer l’intéressé.

Le prieuré et le cèdre

Les moines clunisiens ont aussi fondé, en 1188, le prieuré situé en contrebas. Ces mêmes moines ont construit l’abbaye de Saint-Vivant. Sur place, un cèdre du Liban qui aurait, parait-il, quelque 200 ans, veille au grain.

Ce décor fait la richesse du patrimoine de Nuiton-Beaunoy. Le vin qui en découle n’a pas été isolé dans une cuvée par hasard. « C’est un pinot noir qui claque, à la trame tannique, il faut savoir être patient avec lui », prévient Sébastien, qui voit en ce climat un potentiel de garde de cinq à huit ans sans problème. 

Côté vinification, la cave peut compter sur une partie de la cuverie, située route de Pommard à Beaune, spécialement dédiée aux sélections parcellaires. On parle de 1 200 hectolitres de capacité, avec des cuves allant de 2,5 à 75 hectolitres. De quoi rendre le moindre vinificateur tout petit face à la grandeur du terroir.