Parc national: le gros « oui » de Bourgogne Magazine

« Le parc de la survie ». Sous ce titre, l’éditorial de Bourgogne Magazine prend fait et cause pour le Parc national qui va fédérer un vaste territoire forestier entre Bourgogne et Champagne, dans le Châtillonnais. Un propos étayé dans un dossier détaillé et à lire dans ce numéro militant.

Bourgogne Magazine 49 foret chatillonais et champagne

Par Dominique Bruillot
Edito de Bourgogne Magazine(*)

Il n’a pas encore de nom et aura peut-être bien du mal à en trouver un qui « claque » vraiment. En attendant, le futur Parc national des forêts de Champagne et Bourgogne (long à définir, comme on vient de vous le dire), porte en lui la question du devenir d’un territoire. Ce genre de projet fait toujours peur. Annoncé en fanfare par les politiques (par François Fillon, alors premier ministre, puis François Hollande lui-même), il produit son effet dans l’opinion tout en agitant les esprits sur le terrain.

Un « parc », par définition, c’est un territoire circonscrit, dans lequel une charte va imposer ses règles. Dans le Châtillonnais, qui présentement passe de la Bourgogne à la Champagne sans se soucier des frontières administratives, il implique un changement radical de comportements pour ses habitants, les promesses d’un développement salutaire et une posture environnementaliste. Certains agriculteurs et élus, soucieux de leur liberté régalienne, peuvent ainsi se sentir dépossédés, voire menacés. Face à eux, la majorité consensuelle, il faut bien l’avouer, y voit surtout l’espoir de sauver un espace oublié, pour ne pas dire à l’abandon.

La communauté des communes du Pays du Châtillonais, pour ne citer qu’elle, c’est 23 habitants au kilomètre carré. Autant dire un désert, victime du jacobinisme ambiant, abandonnée à son sort par une société qui préfère la loi du nombre à l’aménagement territorial, clientélisme oblige. Dans cette situation vécue par de nombreux autres pays en France, la perspective d’un parc national devrait regonfler le moral des troupes et amener les forces vives en place à saisir l’opportunité proposée pour relancer l’économie, doper le tourisme et entretenir un paysage qui a encore de nombreux enseignements à offrir.

Pour y parvenir, c’est chose entendue, l’union fait la force. Maintenant que le projet est décidé, il appartient aux courants en présence, de droite comme de gauche, de Bourgogne comme de Champagne, d’œuvrer dans un même sens pour faire de leur cadre de vie, le Mercantour des années à venir, l’Eldorado du circuit court, le réveil des belles intentions. Sans exagérer, ou alors qu’on nous prouve le contraire, il est le parc de la survie.

(*)Bourgogne magazine, numéro juin-juillet, en vente dans les kiosques, 6 euros ou sur abonnement. Inclus un dossier d’une trentaine de pages sur le sujet.

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7 thoughts on “Parc national: le gros « oui » de Bourgogne Magazine

  1. Turuban
    16/06/2016 à 09:04

    Une fois n’est pas coutume, je viens témoigner en faveur de « l’establishment » : dans les années 2000 – 2004, j’ai participé à de nombreuses réunions de travail du « Syndicat du Pays Châtillonnais ». Filière équine, barreau de l’A19, aménagement du Musée de Vix, et … bois. A l’époque, on ne parlait encore que du réaménagement des voies de chemin de fer, mais les bonnes idées sont fertiles, et le succès appelle le succès. Tous ces travaux ont été menés à bien, et de mémoire, Chatillon apparaît dans le calendrier du SDANT21. Venant du far-ouest, je peux vous dire qu’un Parc Régional n’a rien d’invalidant, ni d’inhibant… Si vous avez des idées, prouvez-le : montrez-nous qu’avec les forêts de Bourgogne – Champagne, on pourrait faire des puits à CO2, qui nous éviteraient de stocker de l’uranium à Bure-en-Barrois ! Ou une réserve de bio-diversité hors pesticides pour les abeilles : Einstein avait prédit la fin du monde avec la disparition des abeilles, on y est ! Je précise que je n’ai aucun enjeu, mais que j’aime cette région, précisément pour sa ruralité. Plutôt que traiter les gens (dont vous ignorez tout) d’idiots, retroussez-vous les manches. Et pourquoi pas comme nom « Les Hauts de Seine et Marne », ça ferait moins rural….

  2. Iris
    16/06/2016 à 06:19

    Comment expliquez-vous que les principaux supporters du projet ne sont en fait absolument pas concernés par la réglementation appliquée dans la zone de coeur ? Seraient-ils aussi favorables à ce projet si eux-mêmes avaient à subir l’interdiction de gérer leur petit carré de forêt eux-mêmes (demande d »autorisation de travaux obligatoire), si eux-mêmes avaient leur travail qui subissaient de nouvelles contraintes environnementales ? Vous dites que ce projet va regonfler l’économie, alors expliquez-nous comment, parce que nous, concernés directement par ce projet, n’avons aucune réponse, à part que « ça va être bien, ça va faire venir du monde ». Entretenir le paysage, on ne vous a pas attendu pour le faire, c’est d’ailleurs ce qui nous vaut probablement le fait que notre territoire ait été choisi. Un parc national « implique un changement radical de comportements pour ses habitants » mais seriez-vous prêt à le subir vous-même. Je vois déjà le célèbre LIBERTE DE LA PRESSE pointer le bout de son nez. Alors acceptez que les autres se défendent et souhaitent un retour au projet de 2009 où seules les forêts domaniales étaient concernées (et pas les champs de blé dont leurs propriétaires ont l’audace de se soucier de leur liberté régalienne).

    1. Dominique Bruillot
      16/06/2016 à 08:44

      Chère Iris, vous avez raison sur tous les points… ou presque.
      – Oui, nous défendons l’intérêt général du projet. Dans sa globalité car nous parlons bien d’intérêt général. Même si, comme d’habitude, seuls les opposants s’expriment (en toute liberté) dans ce site.
      – Oui, nous avons conscience que ledit projet touche au foncier et à des enjeux patrimoniaux, à un « écosystème » humain installé ici depuis des siècles.
      – Oui, nous nous méfions du centralisme et du jacobinisme. Il suffit de relire les anciens numéros de Bourgogne Magazine, cette posture revient régulièrement.
      – Oui, nous avons une certaine liberté d’expression et nous la partageons avec vous en publiant votre point de vue. Comment pouvez-vous remettre en cause cela?
      Si vous en êtes d’accord, nous publierons ces réactions dans notre prochain numéro de Bourgogne Magazine.
      Bien cordialement
      Dominique Bruillot

      1. Iris
        16/06/2016 à 14:49

        L’intérêt général dont vous parlez va servir qui ?
        Je ne parle pas de la qualité de vie qui peut en découler, bien que je considère que j’ai une bonne qualité de vie à l’heure actuelle, sans parc national.
        Je pense que vous ciblez l’intérêt touristique et le ou les millions de visiteurs qui vont venir regarder pousser les arbres (remarque un peu trop cynique ?).
        Mais l’intérêt touristique engendré va faire travailler les acteurs économiques qui touchent au tourisme.
        Donc, si je résume bien, les paysans subissent les contraintes pendant que les acteurs touristiques travaillent plus. Tant mieux pour eux, mais je suis désolée, je n’ai pas le sens du sacrifice aussi développé.
        Parce que des contraintes il va y en avoir. Ne me dites surtout pas le contraire. Et d’ailleurs elles ne concerneront pas que les paysans.
        Le projet de 2009 convenait à tout le monde parce qu’il était en forêt domaniale, et que du coup chacun gardait sa liberté de faire son travail à sa guise.
        Cela ne choque personne que des propriétés privées soient dans la zone de coeur du parc, jusqu’à ce que ces mêmes personnes se posent la question de savoir : est-ce que si c’était mes biens, je serais d’accord ? Très très peu disent oui, je peux vous le dire. Et encore une fois, je n’ai pas le sens du sacrifice aussi développé.
        Il n’y a que les opposants qui s’expriment, dites-vous, en réponse à votre article, mais c’est que la presse d’une manière générale est pour ce projet. Les partisans du projet n’ont rien à faire et disposent par votre intermédiaire de moyens médiatiques que nous n’avons pas.
        Que pensez-vous de la réaction des communes du Parc de la Vanoise qui ont rejeté la nouvelle charte pratiquement à l’unanimité ? C’est quand même inquiétant de voir le peu d’enthousiasme que génère cette charte. Et vous voulez que nous on accepte ça.
        Un journaliste local dit que ce ne sera pas forcément du copié-collé pour le parc qui nous concerne. La réglementation s’applique partout, dans les 10 parcs existants. Comment voulez-vous qu’on croit une seule seconde qu’elle ne va pas s’appliquer chez nous ?

  3. 15/06/2016 à 14:06

    Le territoire du futur parc national comporterait 25 000 habitants, 20 000 sur le Chatillonnais et 5 000 sur le périmètre de la Haute-Marne. Même si le nombre de communes est équivalent de l’un et de l’autre côté de la frontière interrégionale, le rapport de force n’est pas en faveur du 52. Le Châtillonnais n’est pas encore en Champagne, que je sache !

    Effectivement le projet du parc national est une chance pour la survie du territoire, mais il faut ne pas « Encager » les habitants dans des normes et règles, il n’y a pas que les grenouilles, les papillons et les écrevisses à pattes blanches autochtones et autres populations… qui doivent bénéficier d’une protection et du plaisir de vivre sur ce terroir..
    Nous qui sommes de ce terroir, c’est à nous d’élaborer la charte qui dictera notre manière de vivre, si ce terroir est encore dans cet état de propreté c’est notamment que nous y avons contribué grâce à notre respect de notre milieu de vie et de la nature.

    Oui, nous le souhaitons mais pas à n’importe quel prix et sacrifice de vie…

    Ces habitants du territoire doivent être aussi considéré dans la manière de vivre par les instances et les élus.

    Le parc pour qu’il soit accepté doit d’être construit par et avec ses habitants…. et non seulement érigés de considérations »Parisianistes » et autres Centre Stratégiques de Politiques Européennes bien éloignées des gens du terrain. N’en déplaise à Mme BECOT, co présidente de OUI au Parc qui semble prête à tout… pour la réussite du projet !

    Respectons aussi la liberté de vie de ceux qui font encore vivre ce bout de nulle part comme le souligne si fortement l’auteur cet article (qui lui ne voit qu’une belle vitrine), et aidons les à amoindrir leur inquiétude par des discours transparents, aidons les vraiment à leurs développements économiques sans mettre encore des obstacles supplémentaires.
    La peur du parc est du côté des 20 000 habitants qui vont être « parqué », c’est naturel !
    Actuellement, les choses se dessinent et s’organisent depuis la Haute-Marne. C’est décevant !…. C’est la vue d’Ici du côté de la frontière de Bourgogne. Le rapport de force n’est pas là où il devrait-être, si l’on considère le nombre de suffrages qui peuvent s’exprimer.

    Et, pourtant j’essaye pour ma part aussi d’y apporter ma contribution pour sauver ce territoire, en mettant en valeur la Truffe de Bourgogne, présente à l’état naturel sur ce terroir et en y essayant de développer des vergers truffiers….

  4. Brion
    15/06/2016 à 11:49

    C’est à cause d’idiots comme vous que la France est en pleine décadence et vouée à l’échec sur tous les niveaux…. Des générations entières ont travaillées sur ce territoire et aujourd’hui une bande d’intellos écolos bobos (en résumé des bons à rien) viennent bafouer le droit de propriété en évoquant qu’ils vont sauver le Chatillonnais. Qu’elle honte d’habiter ce pays dirigé que par des bons à rien qui se gavent sur le dos des travailleurs et des territoires ruraux qui ont toujours été bien gérés contrairement aux grandes villes…….

    1. Dominique Bruillot
      15/06/2016 à 16:32

      « intellos écolos bobos » dites-vous? C’est mal nous connaître cher « Brion ». Je vous invite à lire l’ensemble du dossier publié dans Bourgogne Magazine et à vous inquiéter un peu de l’engagement qui est le nôtre sur le territoire bourguignon depuis plus de 20 ans. Mieux, à apprendre à nous connaître aussi, avec le respect que nous essayons de glisser entre les lignes d’une revue qui a toujours placé les équilibres territoriaux au-dessus du reste. Si vous souhaitez en parler de vive voix, il y a toujours une bonne bouteille à ouvrir avec les esprits ouverts et bienveillants.
      Dans ce dossier, Bourgogne Magazine fait le constat d’une situation et d’un potentiel territoriaux, en veillant justement à ne pas bercer dans un militantisme facile à concevoir d’un point de vue intellectuel, difficile à digérer quand on vit les choses sur le terrain. Notre métier est lui-même suffisamment précaire pour que nous soyons en mesure de faire la part des choses entre l’idéal de bureau et la réalité sur un terrain que nous fréquentons toujours avec la même gourmandise, au contact et à l’écoute de gens. Après tout, le journaliste est là pour ça.
      Etant personnellement d’origine rurale bourguignonne, pas très fan de la mainmise parisienne sur nos affaires; ayant toujours refusé de figurer dans le clan des donneurs de leçon en tout genre, encore moins dans celui des manipulateurs cupides, Je préfère ignorer, à titre personnel, le qualificatif « idiots » auquel vous semblez vouloir nous associer. Disons que vous êtes en colère.
      Bien cordialement.
      Dominique Bruillot, fondateur et éditeur de Bourgogne Magazine

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