L’artiste-sculpteur Jacques Perreaut est mort ce vendredi  à l’âge de 70 ans. Véritable personnage, le Tournusien sera salué une dernière fois lundi 1er octobre en l’abbaye de Tournus.

© Aude Rain

 

Par François Nedellec

Jacques Perreaut, 1948-2018. Le « grand Jacques », avec ses grandes jambes et ses grands bras qui tenaient un grand carton à dessins, s’en est allé dans d’autres cieux pour croquer ses collègues du paradis. Jacques Perreaut s’est éclipsé beaucoup trop vite, son œuvre n’était pas terminée, des travaux étaient en cours, les vide-greniers dont il était coutumier l’attendaient pour sa passion des objets du Premier Empire. On retrouve cette passion dans ses dessins, dans ses sculptures, dans les missives qu’il envoyait à ses amis afin de leur donner des nouvelles des 100 jours… car Jacques Perreaut était « un artiste poète« , comme le dit avec sensibilité son ami Christian Pattyn, l’ancien directeur du patrimoine au Ministère de la culture.
Jacques maîtrisait autant le dessin que le bronze ou la fonte d’aluminium. Il mélangeait secrètement l’art et l’histoire, à qui il donnait des formes épurées au travers de ses œuvres à caractères militaire et mémorielle. Ses fortifications en bronze à la limite de l’art abstrait ou sa pyramide Porte de la mémoire en font foi. Ses interprétations du demi-solde de l’Empire Claude Noisot de Fixin sont une incursion dans le passé tout en nous diluant dans le temps.

Râleur sans concession

Jacques avait fait l’École Nationale des Beaux-Arts de Dijon en section sculpture, sous la conduite de Sylvain Hairy. Il aimait le dessin, cet art qui ne trompe pas. Nombre de musées en France conservent ses œuvres, à l’instar du Consortium de Dijon. Des œuvres monumentales avaient été commandées et installées dans des villes, voire en plein champ comme ce mémorial de la bataille de Fontenoy sous l’allégorie d’un gisant… ultime relique.
Jacques était un éternel bourguignon bougon, un râleur toujours en ordre de bataille dans le désordre… C’était le « grand Jacques » aux amitiés fermes et sans concession. Un bougre d’homme qui s’en va en  passant par l’abbaye Saint-Philibert de Tournus, dont il était un fidèle. Une abbaye qu’il  connaissait dans les moindres recoins. Il avait créé un mobilier liturgique de type « perreaussien » en cette même abbaye où il effectuera, lundi 1er octobre à 10 heures son dernier passage.

À Bibracte, dans le berceau bourguignon de nos ancêtres les Gaulois, « Monnaie, Monnaies ! » apporte une passionnante lecture des différentes civilisations. L’exposition mérite bien de débourser quelques sesterces…

© Christophe Remondière

Le fric, la thune, le flouze, le pognon, la fraîche, l’oseille, le blé, les pépettes, la maille, le grisbi (pas touche !)… L’argent a hérité de synonymes, plus ou moins charmants, qui disent tout de sa place centrale dans notre société. En Gaule, à partir du VIIe siècle, soit bien avant les chèques restaurants, chaque peuple avait sa propre monnaie, héritée des habiles commerçants grecs du bassin méditerranéen.

La pièce d’or de Vercingétorix

Avec le renfort de deux experts numismatiques, sur la base des collections monétaires issues de 150 ans de fouilles sur le Mont Beuvray et des prêts d’une quinzaine d’institutions, « Monnaie, monnaies ! » retrace ces grandes histoires. Comme un pont entre les époques et les lieux. « En Mésopotamie, les transactions étaient consignées, détaille Laïla Ayache. Au IIIe siècle avant notre ère, la pièce de monnaie fait son apparition au bord de la Méditerranée. Pour l’exposition, l’exemple celte a servi de point de départ. » Les pièces ont non seulement contribué à faciliter les relations commerciales ; souvent frappées de symboles ou de têtes illustres, elles racontent aujourd’hui des sociétés et des civilisations entières. « L’argent a joué un rôle majeur dans les guerres, notamment la guerre des Gaules pour le paiement les soldats », reprend la conservatrice de Bibracte, fière de mettre à disposition plus de 500 exemples de monnaie, y compris la pièce d’or de Vercingétorix, ce fameux statère arverne dans un superbe état de conservation, découvert en 1852 dans le Puy-de-Dôme.

Denier gaulois, premier euro !

Faisant régulièrement fonction d’offrande dans certains cultes, la monnaie véhicule une certaine symbolique. « Encore aujourd’hui, les gens n’hésitent pas à jeter une pièce dans une fontaine pour qu’un vœu s’exauce. À Bibracte, nous avons retrouvé les traces d’une fontaine où les contemporains de l’époque avaient déjà cette pratique. Comme un écho à l’euro, nous avons découvert  dans le centre-est de la Gaule, et notamment en Bourgogne, une monnaie commune, interchangeable sur plusieurs territoires. Cette zone du denier gaulois date de 2000 ans », détaille l’experte. À travers une scénographie très soignée dans laquel écrans, cartes interactives et supports vidéos côtoient de magnifiques vitrines, « Monnaie, monnaies ! » conduit chacun à prendre du recul sur son rapport à l’argent. Prends ça Picsou !


« Monnaie, monnaies »
Jusqu’au 11 novembre 2018
7,50 € plein tarif, 5,50 € tarif réduit, gratuit -12 ans.
www.bibracte.fr