Romain Lamia, variété live à L’Écrin

Après cinq années passées dans l’ombre des studios, l’artiste dijonnais refait surface avec Héros ordinaires. Un 3e album plus pop-rock que les précédents, mais toujours avec le même credo : la variété française de qualité, dans la veine des Berger et autre Goldman. À retrouver en live le 11 juin à l’Écrin de Talant.

© Romain Decosne

Pianiste précoce (il apprend l’instrument en autodidacte à l’âge de 8 ans et commence à composer dès 10 ans), Romain Lamia se fait découvrir au début des années 2000 par la comédie musicale Pierrot et les Rêveurs qu’il a entièrement écrite et composée de 19 à 23 ans. Interprétée par le chœur d’enfants de la maitrise de Dijon, la pièce sera toujours jouée à guichets fermés, lançant ainsi la carrière de son jeune créateur.  

Un déclic nommé Mercury

Après deux albums en 2009 et 2013, accompagnés par de nombreux concerts, le musicien dijonnais est devenu moins visible, ce qui ne l’a pas empêché d’être actif. « J’ai passé beaucoup de temps en immersion dans les studios ces dernières années, que ce soit dans le mien à Hauteville ou en région parisienne, comme pianiste, choriste ou compositeur. Souvent, j’assure même la réalisation complète d’un album ou je m’implique dans le marketing pour sa promotion. » 

Des cordes, Romain en a plein à son arc, mais son désir de faire à nouveau vibrer la corde sensible de son public reprend finalement le dessus. Le déclic a lieu en octobre dernier, alors qu’il assiste à la première de Bohemian Rhapsody, consacré au chanteur du groupe Queen, Freddy Mercury : « Ce film m’a foudroyé sur place et m’a redonné l’envie de créer, pour moi, pour mon public. Un peu comme à l’âge de 12 ans, Great Balls of Fire [ndlr, le biopic de Jerry Lee Lewis] avait déclenché ma vocation de pianiste professionnel. » Et de convoquer à nouveau les muses de son inspiration artistique. 

Saisi d’une fulgurance, Romain écrit alors l’intégralité des textes et des musiques de son nouvel album en seulement deux mois. Un opus résolument plus pop-rock que les précédents, même si l’artiste se revendique toujours « chanteur de belle variété ». Un album plus engagé aussi, dans lequel le chanteur laisse la place à un auteur à l’écoute du monde, qu’il s’agisse de l’interrogation existentielle de la chanson Que restera-t-il ? (un morceau qui lui est venu à Rome devant les vestiges antiques) ou des convictions écologique et de solidarité avec les peuples autochtones dans Les Enfants de la Terre.

Sur les traces des Stones et de Sting

Avec ce beau matériel et l’incontournable Claude Salmiéri (batteur de vedettes de la chanson comme Véronique Sanson et collaborateur de Vladimir Cosma sur des musiques de film) à la direction artistique, le nouvel album de Romain Lamia est en bonne voie. Après deux mois de préproduction et la réécriture de tous les titres en orchestration symphonique, le temps de l’enregistrement arrive enfin. Et pas n’importe où, dans le studio Guillaume Tell à Suresnes, une référence en la matière, où de nombreux grands artistes sont déjà passés, des Rolling Stones à Elton John en passant par Eddy Mitchell. Là, Romain retrouve Denis Caribaux, l’un des ingénieurs du son du dernier album de Johnny Halliday, qu’il entraine dans son projet. « À défaut d’avoir beaucoup de moyens financiers, j’ai pu bénéficier de gros moyens humains. À force de conviction, j’ai réussi à embarquer avec moi de nombreuses pointures comme le saxophoniste star aux USA, Mike Scaglione (Shakira, Eros Ramazzotti, Donna Summer), qui a enregistré pour moi en studio depuis la Floride. C’était la condition nécessaire pour avoir au final un produit d’une qualité musicale irréprochable. On a bossé comme des fous, de 9 heures à 3 heures du matin, pour pouvoir tout mettre dans la boite en seulement quatre jours. L’expérience et l’ingéniosité artistique des musiciens a fait le reste, tous les titres ayant été enregistrés en direct, à chaque fois à la première prise. Aujourd’hui, cela tient de l’exceptionnel. »

Rendez-vous à L’Écrin

Cerise sur le gâteau, grâce à l’entremise de Denis Caribaux, l’album sera ensuite masterisé chez Sony Music à New York, par l’équipe ayant travaillé sur la dernière production de Sting, excusez du peu ! De la belle ouvrage pour de la belle variété, avec au bout du compte un CD bien fignolé dont l’artiste peut être fier, même si un constat s’impose : « La musique enregistrée se vend de moins en moins et il faut désormais trouver d’autres modèles économiques pour en vivre. » Et d’attendre avec impatience les retrouvailles en live avec son public, à L’Écrin de Talant le 11 juin prochain. Dans cette salle toute nouvelle, le nouveau Lamia compte bien faire des étincelles. Un beau feu d’artifice en perspective.

Album (15 €) et place de concert (20 €) en vente en ligne sur romainlamia.fr – 2 nouveaux clips à voir sur Youtube

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