La bière coule dans les veines des 3 Brasseurs. À Quetigny, sous la direction de Christophe Petit, l’inspirée franchise crée ses propres mousses sur place, dans les immenses cuves visibles par les clients. Le tout avec des accents ch’tis, alsaciens et, de plus en plus, bourguignons. Savant brassage.

Photos : Jonas Jacquel

Impossible de le rater. Avec sa devanture vitrée et sa belle terrasse, les 3 Brasseurs est une locomotive du complexe Cap Vert à Quetigny. Christophe Petit a plongé dans l’aventure en janvier 2018. Depuis son arrivée, il nous le dit sans se forcer, « c’est un plaisir de travailler ici ». Difficile de lui donner tort ; la décoration est chaleureuse, la cuisine assume avec sensibilité ses origines ch’tis – « avec une touche alsacienne », s’empresse de préciser Christophe – et les bières sont brassées sur place. Une véritable singularité : la Bourgogne ne compte, à sa connaissance, aucun autre établissement pratiquant cela. Le concept de cette franchise a propulsé l’établissement quetignois dans le haut du panier des restaurants brasseries, ni plus ni moins.

En fût de Vosne-Romanée !

Les cuves de la salle de brassage font même partie intégrante d’un décor que les clients découvrent les yeux aussi ouverts que l’appétit. Grégoire Ona, le brasseur, pourrait vous parler des heures de ses conceptions. « C’est formidable, ce cadre ! Tout est fait pour répondre aux attentes des amateurs de bières. Et chaque mois, une nouvelle création est proposée, que l’on peut déguster gratuitement en s’inscrivant au Club 3 Brasseurs. » Ici, cela coule de source, pas de bière industrielle. Le brassage, c’est de la haute couture ! « On a une grande liberté qui nous permet de créer des compositions chinoises comme la Sorichi, une bière infusée avec du thé chinois. La Cambrenus, vieillie en fût de chêne de Vosne-Romanée, a aussi connu un grand succès », explique son inspiré créateur. Christophe Petit ne tarit pas d’éloge sur son collaborateur, à qui il a confié le projet de créer pour cet hiver « des bières vieillies en fût de rhum et de whisky ». En attendant le retour des jours gris, trinquons à la fraîche, sous le soleil quetignois.

Le rugby est intimement associé au terroir et à une envie de manger le sol. À sa façon, porté par son rôle de club métropolitain, le Stade Dijonnais consacre la philosophie de son sport en inventant le XV Gourmand. Explications.

Le « pack » de traiteurs du XV Gourmand : Julien Husson, Eric Briones et Benoit Bruley.

Laissons pour une fois le côté sportif sur le banc de touche. Parfois malmené sur ce plan, régulièrement regonflé à bloc dans de spectaculaires sursauts et de beaux combats le nez dans la terre, le Stade Dijonnais illustre à bien des égards l’incertitude et ce challenge permanent que suscite le sport. Le rugby, tel qu’il se pratique ici, a aussi les vertus de la fidélité, de l’amitié et de la grande convivialité. Qu’il pleuve, qu’il fasse beau ou qu’il neige sur le tableau des résultats de l’équipe première, le public est là, les bénévoles sont là, les dirigeants sont là, l’esprit est là.

Une messe des papilles

La troisième mi-temps n’est donc pas une formule vaine reprise mécaniquement par les journalistes en mal d’inspiration. Elle exprime cet art propre au monde de la planète ovale qui consiste à parler de l’amitié, de la vie et de ses gourmandises après 80 minutes (plus, parfois) de bataille sur le terrain.
En Bourgogne, l’histoire du rugby enseigne ainsi que le terroir n’est jamais loin du stade. En Saône-et-Loire comme en Côte-d’Or, la pratique de rugby a toujours épousé volontiers les courbes de la côte viticole, reléguant l’omniprésent foot à la portion congrue, voire à l’inexistant comme à Nuits-Saint-Georges. 
Bien dans son rôle de club métropolitain, le Stade Dijonnais a donc décidé de se parer des couleurs de l’art de vivre en inventant le concept de « XV gourmand », en partenariat au premier plan, ne boudons pas notre plaisir, avec Dijon-Beaune Mag et Bourgogne Magazine. Les deux présidents « Titi » Verney et Alain Collardot ont mis tout leur poids dans cette affaire, ce qui fait déjà du lourd ! Le XV gourmand, pour en résumer l’idée, consiste à inviter la Bourgogne viticole aux avant-matches, à placer la dégustation au cœur de la vie du club et à brandir fièrement l’étendard d’une Bourgogne du rugby qui, au-delà de ce qu’elle propose entre les poteaux, sait vivre et bien vivre. Premier élément du dispositif, un trio de traiteurs soudés sous le signe du XV gourmand. Bruley, Briones et Husson forment le trio de ces attaquants de la table qui vont se partager la réalisation des menus des 11 matches qui seront joués à domicile, avec la promesse commune de faire des menus en accord avec les vins invités. Car la grande nouveauté de cette saison, qui va démarrer fort sur la pelouse de Bourillot avec trois matches à domicile en septembre dont deux grands derbys viticoles (Mâcon le 2, Beaune le 16, voir calendrier ici), c’est que la journée dominicale débutera rituellement et religieusement par une messe des papilles, une dégustation réservée aux partenaires du club.

Permis de Bourgogne

À chaque match, le Stade Dijonnais va en effet inviter les représentants d’une appellation ou d’un grand domaine bourguignon et leur donner l’occasion de mettre en avant leur production. Dès 11 h, les membres du Club XV qui rassemble les grands partenaires du Stade et les titulaires de la carte VIP auront accès à une dégustation exclusive. À table, les vins de ces mêmes invités seront mis en avant sur un plat et disponibles pour les participants au repas d’avant-match. Puis, au moment du match, la dégustation se prolongera dans l’epace VIP, histoire de démontrer, si besoin était, que le plaisir de voir n’est pas incompatible avec celui de savourer. Les sponsors en salivent d’avance. L’univers de ce XV gourmand regroupant les traiteurs, les vignerons et les médias associés sera d’ailleurs bien visible sur les panneaux du Stade Bourillot. Et pour bien se préparer à cette nouvelle saison, les membres du bureau du Club XV et leur présidente Julie Lorrain ont fait le choix de passer leur Permis de Bourgogne. Sous la conduite de Jacky Rigaux, lors d’une séance aussi studieuse que conviviale dans le cellier aménagé du Clos Napoléon à Fixin, l’affaire a été pliée dans la bonne humeur. Comme à l’entrainement. Car tout cela ne peut que nous faire avancer quand il s’agit de transformer l’essai gourmand et bourguignon.