Dijon Beaune Mag

Jean-François Vandroux et Pierre Grimaldi se sont rencontrés sur les bancs du lycée agricole de Dijon, en 1983. Une quinzaine d’années plus tard est né Anima Vinum, un négoce basé à Meursault, fidèle à une idée simple : proposer uniquement des vins de vignerons-récoltants.
Émile l’escargot est le totem de cette philosophie artisanale. Il incarne l’éloge du temps long et de l’élevage patient, mais aussi le rapport au terroir. « L’escargot a le goût de l’endroit où il vit », aime rappeler Jean-François, lui-même enfant de Levernois, ayant été piqué par le virus grâce au vigneron de Savigny-lès-Beaune Roger Bouchotte.
Pierre et Jean-François sont entrés dans la danse des Hospices en 2005, à l’arrivée de Christie’s (opérateur jusqu’en 2020), en se basant naturellement sur un système de co-achats et un élevage confié à des vignerons partenaires, parmi lesquels Francis Lechauve et Agnès Paquet à Meloisey. Anima Vinum a bien travaillé, au point de devenir le deuxième ou troisième acheteur de la Vente selon les années, – « le premier artisanal », précise-t-il dans un sourire.
C’est dans ce cadre qu’a eu lieu une rencontre décisive : celle d’Alaor Pereira Lino, businessman brésilien ayant fait fortune dans la chimie au service de l’industrie cosmétique. Un homme d’instinct et de passion. « Début novembre 2013, Roland Masse (ndlr, ancien régisseur du domaine) nous avait accueilli en dégustation dans la cuverie des Hospices. De retour au Brésil, Alaor suivait la vente en ligne – ce que nous ignorions – et nous a appelé pour acheter sur un coup de tête une pièce de Mazis-Chambertin », s’étonne encore le négociant à propos de son partenaire devenu associé, acheteur de la pièce de charité en 2018, 2019 puis 2024.
L’entrepreneur est ainsi devenu le premier ambassadeur de la Bourgogne et des Hospices à São Paulo, embarquant ses enfants dans l’aventure, avec une boutique et un espace dédié aux vins des Hospices. Tant et si bien que « le Brésil représente aujourd’hui près de 20 % de l’activité d’Anima Vinum ». Samba !
Sous la halle le dimanche, quand il faut se donner du courage, l’équipe franco-brésilienne a installé une sympathique tradition, dans le plus pur style bourguignon. « On ouvre une bouteille des Hospices, on mange un morceau de persillé… » Pas d’escargots, cela va de soi. Émile ne supporterait pas…