Street Art on the Roc : du boogie entre les murs

Pianiste de boogie woogie à la carrière bien remplie, Jean-Pierre Bernard et son groupe rempliront les carrières pour une dernière mise en bouche musicale la veille de l’inauguration des fresques. L’organisateur du Beaune Blues Boogie Festival nous dit comment il vit l’événement… et le promet : pas de boogie woogie avant de faire vos prières à Vill’Art !

Jean-Pierre Bertrand et le Boogie System vont animer les carrières de Villars-Fontaine avec leurs sonorités dansantes. Ainsi s’apprécie le boogie ! © D.R

Pour les Bourguignons, il est la pierre angulaire du Beaune Blues Booggie Festival. Il est surtout, ici et partout ailleurs, ce que l’on appelle une pointure. Pianiste de jazz à la renommée internationale, il fut un grand acteur du revival du genre en France. Rien que ça. À son actif, des centaines de concerts et douze albums dans diverses formations. Le Boogie System est l’une d’entre elles. Un sextet qui recrée l’atmosphère authentique des orchestres des années 40/50, la conjugaison des meilleurs musiciens français du genre. Bonheur : ils sont attendus dans la carrière de Villars le 25 août prochain.

Pôle Nord, Bretagne, Villars-Fontaine

Et même si les lieux insolites forcent l’admiration, il en faut un peu plus pour impressionner Jean-Pierre Bertrand. Normal, le gaillard a joué partout dans le monde. Et connait l’insolite : « Je me souviens de ce concert, il y a vingt ans, que nous avions donné au pôle Nord sur la banquise ! Nous partions dans l’inconnu, avec une arrivée mémorable en brise-glace. On s’attendait à quelque chose de rude. Au final, c’était fabuleux, avec un son incroyablement ouaté ».

L’inconnu, il le retrouvera aussi sans doute à Vill’Art, avec on l’espère le même bonheur. Jouer au milieu de carrières monumentales, difficile d’imaginer l’acoustique : « J’ai fait un petit repérage de 10 minutes seulement, dans l’après-midi, en plein cagnard. Tout l’inverse des conditions du concert ! Qui plus est, nous serons en Bretagne la veille et l’avant-veille, et nous n’aurons donc pas vraiment l’occasion de nous tester. » Alors, tout heureux, le musicien va se lâcher et « improviser, se laisser porter par les lieux en même temps que le public. » En bon habitué, il sait naturellement qu’il ne joue « pas dans un club, mais dans un festival où l’événementiel est la clé de voûte. Si j’osais, je comparerais l’ambiance à celle d’un théâtre antique, même si nous n’aurons aucun repère dans l’espace. En tout cas, visuellement, c’est extrêmement intéressant ! »

© D.R

Sortie des standards 

Voilà qui promet. D’autant que Jean-Pierre Bertrand a souhaité que le public soit installé très près du sextet, « pour que l’échange ne soit pas brouillé ». Pour le reste, il veut tout simplement profiter : « Quand on est artiste, on ne peut qu’être séduit par ce genre de projet. Ces fresques gigantesques sur les parois, la rencontre du boogie-woogie avec un public pas forcement « éduqué » au style – même si les Bourguignons nous montrent à Beaune qu’ils sont de plus en plus sensibles au genre – cette sortie des standards de l’expression artistique du jazz, c’est excitant. » Bref, le mariage des arts fait toujours bon ménage : « C’est un projet ambitieux, et nous allons faire en sorte d’y apporter notre contribution. Puis, en fait, ce n’est pas si incongru d’installer le boogie dans une carrière. C’est une musique virile, engageante… Il y a une belle métaphore avec le coté brut de la pierre. »


Come back attendu

Jean-Pierre Bertrand sera de retour en Pays Beaunois en fin d’année, comme toujours aux manettes du Blues Boogie Festival. La douzième édition est programmée du mercredi 29 novembre au dimanche 3 décembre et se baladera dans divers lieux du pays : la Lanterne Magique, la Comédie du Vin, l’Hotel de la Poste, le Château de Gilly ou encore les Caves Bernard Gros. Plus d’infos sur www.bbb2017.fr

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