La 157e Vente des Hospices de Beaune est lancée !

Cette 157e édition a été ouverte ce dimanche matin par la traditionnelle conférence de presse de l’interprofession et des Hospices de Beaune. Avec, dans cette effervescente salle des Pôvres, l’espoir de riches surenchères.

En ce moment plus que jamais, c’est Louis-Fabrice Latour qui le dit, « la Bourgogne est à la mode ». Le président du BIVB en veut pour preuve les récentes transactions (Clos de Tart, La Commaraine pour ne citer qu’eux en Côte-d’Or) mais souhaite jouer la carte d’une région « transparente » plutôt qu’ « inabordable ». Son acolyte de l’intreprofession Claude Chevalier l’a pris au mot et a fait le constat d’un millésime « prometteur, mais qui ne sera pas le millésime du siècle ». Pas de surenchère donc – il n’est pas encore l’heure – et le simple bonheur de voir de belles maturités des raisins. « On n’a jamais eu autant besoin de ne pas trier pendant les vendanges », se félicite le vigneron, qui table sur 1,45 million d’hectolitres pour le millésime 2017. « Rien de démentiel », mais tout de même un joli potentiel de « 16 millions de pièces à écouler », selon Frédéric Drouhin. Le président de l’Union des Maisons de Vins de Bourgogne témoigne d’une baisse de volume à hauteur de 1% et pointe du doigt non sans regrets – comment le blâmer – le Chablisien, dont le rendement fut affaibli par les intempéries. Au bout du compte, les États-Unis (nos importateurs préférés), et tous les autres, pourront jouir d’un millésime « classique, précis, très bourguignon ».

2017, sourire en cuveries

Alain Suguenot n’a pas dit le contraire. Pour le maire de Beaune, 2017 « rend le sourire dans nos cuveries », et cette vente dotée pour la première fois de deux pièces de charité (*) permettra de prendre la température en même temps que d’envoyer un signal fort au monde viticole. Que la future Cité des Vins beaunoise, promise pour 2019, en soit l’acteur et le témoin privilégié.

Le président de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB) Jean-Michel Aubinel a insisté sur la singularité de cette année, marqué par la reconnaissance de deux appellations : vézelay et bourgogne côte-d’or. « L’illustration d’une Bourgogne qui reste dans ses traditions, mais sans être figée. Le progrès prend du temps : les dernières appellations reconnues étaient irancy en 1999 et viré-clessé en 1998 ». De quoi mesurer qu’ici, en toute circonstance, il faut laisser le temps au temps.
C’est précisément ce qu’a fait Ludivine Griveau. Enrhumée (« les caves sont froides ! »), la régisseuse du vignoble des Hospices de Beaune a croisé les doigts, au sens strict du terme, face au parterre de journalistes pour que les acheteurs soient moins frileux. C’est tout le mal que nous lui souhaitons.

D’autant que Jasper Morris, représentant de la maison Christie’s, a fait preuve d’optimisme sans toutefois jouer les liseurs de marc : avec 787 pièces à vendre (630 en rouge, 157 en blanc) réparties en 50 cuvées (33 en rouge et 17 en blanc) et une éminente présidence (Charles Aznavour, Agnès B, Julie Depardieu et Marc-Olivier Fogiel) la 157e Vente a plutôt le vent en poupe. L’an passé, 8 399 951 euros (frais inclus) très exactement avaient été mobilisés par les généreux bienfaiteurs, dont 200 000 euros pour la pièce des Présidents. Pourvu que la jolie formule de Ludivine Griveau soit honorée : « Faire des grands vins pour servir une grande cause. »

(*) Pour trois associations : la Fondation Tara, la Fédération pour la recherche sur le cerveau et la Fondation pour la recherche sur Alzheimer.

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