Dijon Beaune Mag
Soixante ans après son tournage à Meursault, le film culte de Gérard Oury fascine toujours. Secrets, coulisses et anecdotes : découvrez l’abécédaire de La Grande Vadrouille, concocté par la rédaction de DBM.

Il n’existe pas une virée à Meursault sans une question sur la Grande Vadrouille. Le film de Gérard Oury, tourné en partie dans ce village de la Côte de Beaune, demeure un point de curiosité pour tous les touristes… et parfois quelques locaux.
À l’occasion de son soixantième anniversaire, Meursault a mis les petits plats dans les grands. Vendredi 26 et samedi 27 juin, des projections nocturnes du film sont prévues (22h30 – 10 €). Des animations théâtrales et autres visites guidées thématiques auront lieu dès 18h30. Réservations sur HelloAsso.
A comme anniversaire – En 2016, à l’occasion de son cinquantième anniversaire, le film a été restauré en version 4K remastérisée puis projeté dans 80 salles en France.
B comme BoxOffice – Un peu plus de 17,3 millions d’entrées. Jusqu’en 2008, La Grande Vadrouille était le plus grand succès populaire de l’histoire du cinéma français. Depuis, il a été dépassé par Bienvenue chez les Ch’tis (20,4 millions d’entrées), et Intouchables (19,5 millions d’entrées).
B comme Bourgogne – Meursault n’est pas la seule ville de Bourogne à avoir reçu le tournage. Beaune, bien entendu, avec l’Hôtel-Dieu mais aussi Pouques-Lormes dans la Nièvre, ainsi que Vézelay et Noyers-sur-Serein dans l’Yonne.
C comme Calèche – Direction la rue des Écoles, où Stanislas et Augustin démarrent en trombe avec la charrette de Sœur Marie-Odile. Souvenez-vous du départ en trombe de la cour de la Kommandantur… Pour créer un meilleur effet, les chevaux ont été remplacés par une voiture qui tire la calèche. Les chevaux reprendront leur place quelques mètres plus loin…
C comme Cantine – La cantine de l’équipe du film était installée à l’hôtel Le Chevreuil, fraichement rénové et dont l’ouverture est attendue en juillet.
C comme Cascade – Le grand Rémy Julienne a réglé les cascades du film, notamment celle de la rue de Martray où la voiture des pompiers – la Bouzine – fait une entrée fracassante. Restaurée à Paris pour les besoins du film, cette Renault de 1906 est toujours en état de marche et visible à Meursault.
E comme Élysée – En décembre 1966, La Grande Vadrouille a été diffusé dans la salle des fêtes du Palais de l’Élysée devant le général de Gaulle. Qu’en a t-il pensé ? « Le général a ri de bon cœur, mais moins que ses petits-enfants », ont rapporté certains témoignages.
H comme Hôtel… du Globe – Nombreux sont les touristes à continuer de chercher l’Hôtel du Globe dans les rues de Meursault. On le répète, il ne s’y est jamais trouvé ! Il est à Noyers-sur-Serein dans l’Yonne. Inutile également de chercher l’entrée du village telle qu’on la voit dans le film, puisque les images ont été tournées…. à Vézelay.
I comme Incendie – La scène mythique de l’incendie de la Kommandantur a marqué les esprits. Figurez-vous qu’une des portes de l’Hôtel de Ville de Meursault s’est réellement enflammée pendant le tournage. Les portes ont dû être remplacées. La façade, noircie, a elle aussi été réparée aux frais de la production. Notez que tous les plans intérieurs ne furent pas tournés à Meursault, mais en studio quelques semaines plus tard.
M comme Monde – La Suède, l’Espagne, les Pays-Bas, la Hongrie, la Chine, l’Allemagne, l’Italie, l’Argentine, la Turquie, le Brésil : La Grande Vadrouille a été un succès international. Et si on ne devait retenir qu’un seul chiffre ? Plus de 37 millions d’entrées… en ex-URSS !
O comme Oury – Avant le tournage de La Grande Vadrouille (1966), Gérard Oury avait déjà réuni De Funès et Bourvil dans Le Corniaud (1965). C’est lui qui choisit Meursault comme un des lieux de tournage : « Il voulait un hôtel de ville avec une grande place devant pour incarner la Kommandantur. Le tout dans un village de Bourgogne », rapportent les témoins de l’époque. Gérard Oury reviendra à Meursault en 1975 en tant qu’invité d’honneur de la Paulée.
P comme Pêche – C’est à Braux, le long du Canal de Bourgogne, que fut tourné Ni vu, ni connu de Yves Robert en 1957. Louis De Funès, passionné de pêche dans la vraie vie, y joue une partie de pêche mémorable. L’histoire raconte que lors de ses moments de relâche sur le tournage de La Grande Vadrouille, muni d’une carte de « La Truite beaunoise » – la société de pêche locale – Louis De Funès a posé sa canne dans les eaux de la Bouzaize.
P comme Pompiers – Pour éteindre le feu déclenché par les fugitifs de la Kommandantur, l’équipe du film a eu recours à de véritables pompiers bourguignons, la plupart pompiers volontaires à Meursault. Chacun a reçu en contrepartie un cachet de 50 francs par jour.
V comme vignerons – L’histoire raconte que les escapades vigneronnes furent nombreuses durant la semaine de tournage en Côte-d’Or. Elle raconte aussi que le britannique Terry-Thomas, le célèbre « Big Moustache », a accepté le rôle notamment parce que la Bourgogne et ses grands vins étaient au programme. Il fut le plus assidu… dans les caves !
👉 La plupart de ces anecdotes (et bien d’autres) sont à retrouver dans l’ouvrage de Vincent Chapeau, Sur la route de la Grande Vadrouille (Hors Collection Editions, 2004)