Dijon Beaune Mag
Avec un restaurant pour 100 habitants, Meursault concentre une proposition gourmande exceptionnelle, du bistrot à la table gastronomique. Suivez le guide, fourchette en main… et verre jamais bien loin.

Murisaltienne et fière de l’être ! Mireille Bernard est une restauratrice attachante. En reprenant à l’été 2008 ce qui fut la mercerie de l’arrière-grand-mère, à un jet de bouchon de la fameuse Kommandantur de La Grande Vadrouille, elle ne pouvait rêver meilleur emplacement pour étirer son histoire d’amour avec le village. « Je suis fière de travailler ici », dit cette amatrice de cuisine de… bouchon, proposant sur sa grande ardoise un burger local avec le pain du boulanger, la viande du boucher et un bel époisses Berthaut. Spécialités bourguignonnes, pizzas maison et activité traiteur composent aujourd’hui une offre honnête et généreuse. Avec ce qu’il faut sur la carte des vins pour le faire sauter. Le bouchon, naturellement.
📍 1 place de l’Hôtel de Ville

Avec son crépis rose, la maison des Moutet ne passait pas inaperçue. Maud a grandi ici-même, avec une maman directrice d’école et un papa restaurateur, ayant notamment tenu l’emblématique Chevreuil. En 2019, la maison familiale s’est parée d’une extension contemporaine et d’un habillage élégant, pour muer en restaurant gastronomique. « Le projet du cœur », résume la cheffe d’orchestre de l’accueil. Larges baies vitrées offrant une vue sur les vignes, tables en chêne, cuisine de saison avec un petit penchant pour les produits nobles de la mer… Son époux Jean-Christophe appose une signature soignée, habité par l’excellence de Lameloise puis de sa propre affaire, Auprès du Clocher à Pommard, qu’il a tenue pendant dix ans. Appliqué, le fiston Achille suit le mouvement en cuisine. À son tour d’étirer le fil du clos.
📍 2 rue de Mazeray

Tutoyez-le, autrement il risquerait de mal le prendre. Nicolas Geoffroy aurait pu être un rockeur des seventies. La sommellerie, les plaisirs d’une table sans chichi et le goût du partage l’ont mené ailleurs. Avec son épouse Lucie, aussi rock que lui, le gaillard barbu a repris en 2021 cette petite mais solide adresse « bistronomique » (« l’expression est déposée ! ») à l’écart du centre-bourg. Le chef Benjamin Jullien maîtrise sur le bout du piano sa carte bistrotière, courte et mouvante. Pâté en croûte, œuf parfait, ris de veau aux morilles et asperges, maquereau à l’escabèche… le tout sur un fond de Rolling Stones. Pendant ce temps, le taulier veille sur la cave et ses 500 références soigneusement choisies, dont celle du copain négociant Olivier Chanzy, lequel vinifie une cuvée spéciale pour le patron, baptisée « Chard’Rock ». Tu m’étonnes !
📍 6 place du Murger

Takashi Kinoshita, que tout le monde appelle « Taka » ici, œuvre dans l’ancien bistrot de la gare, en contrebas du village. Sa cuisine efficace et goûteuse joue sur les classiques bourguignons. « Les visiteurs veulent manger des escargots, des poires pochées au vin rouge… Ils viennent chercher la Bourgogne ! », assume le Japonais, tout heureux de montrer la grappe dorée qui orne le bar, réalisée par son amie Elisabeth Mayol. Le chef s’est fait un nom étoilé à Courban, puis au sein du Château de Cîteaux à Meursault, village où il s’est installé avec son épouse Satomi et leurs cinq enfants, repeuplant au passage l’école municipale. Il compte bien y rester. En pleine renaissance, l’ancien Relais de la Diligence, voisin d’en face, pourrait bien accueillir une belle table gastronomique. En attendant, Taka ne regarde pas passer les trains.
📍 38 rue de la Gare

Le domaine familial de Volnay n’est pas une fin en soi. Vinificatrice de talent, Alix de Montille a toujours été animée par l’envie de cuisiner, ayant appris au côté des plus grands, de Bernard Loiseau à Alain Passard. La cinquantaine sera le déclic, à l’été 2022. Avec son amie Tatiana Poyasova, elle ouvre cette adresse intimiste, d’une quinzaine de couverts pour une proposition qui refuse la routine et affiche noir sur blanc ses fournisseurs (café torréfié par Matt à Saint-Romain, délicieuse charcuterie espagnole d’El Capricho, petit épeautre de la ferme de Brully…). L’exceptionnelle poularde de Bresse aux morilles et vin jaune réchauffe les cœurs et, aux beaux jours, les légumes bien glacés et autres herbes colorent l’assiette. « L’été, je travaille presque en autonomie grâce à mes deux potagers », apprécie l’intéressée, soucieuse de proposer « les vins faits par les copains ». En toute simplicité, comme chez elle.
📍 11 rue de Lattre de Tassigny

En déménageant leur belle table d’Irancy, Charles Bufferne et Jérémy Peze n’ont pas seulement importé le nom de l’architecte icaunais Jacques-Germain Soufflot, « papa du mouvement néoclassique ayant notamment conçu le Panthéon ». Depuis 2018, Meursault a gagné une table raffinée, qui a rapidement bâti sa réputation sur une carte des vins d’une grande profondeur, avec des tarifs particulièrement adaptés et même une page spéciale « à contre-courant de la spéculation ». La Revue du Vin de France vient de lui décerner son prix de l’année, saluant « 800 références à prix épatants ». Le sommelier et troisième associé Rémi Deschamps, le talentueux chef de cuisine Romain Vennevaux (en son temps couvé par son mentor Stéphane Derbord), et leur jeune équipe n’en demandaient pas tant. Une adresse à faire entrer au Panthéon !
📍 8 Route nationale 74

Le nom est resté, en référence à l’un des plus beaux premiers crus de Meursault. Quand Yuki et Thomas Broyer reprennent l’établissement en 2017, hors de question de tourner le dos à cette institution quasi centenaire, à un virage de la nationale. Après dix ans au Japon, le couple est arrivé avec l’envie d’une cuisine fusion qui colle bien à la finesse du chardonnay. « Nous servions une cuisine japonaise à emporter pendant la crise sanitaire, les clients ont demandé que l’on continue », se souvient Thomas. Aujourd’hui encore, poulet karaage, pizzas, classiques bourguignons et même quelques inspirations polynésiennes cohabitent à la carte, avec des vins au verre et quelques vins nature. Jusqu’au pain, aux glaces et aux sorbets, tout ou presque est fait maison. Une adresse qui ressemble à un carnet de voyage.
📍 37 rue Charles Giraud

En sommeil depuis dix ans, l’Hôtel Les Charmes finalise sa mue pour 2028. Il portera la signature de l’entrepreneur Thomas Derichebourg, déjà à la tête du domaine Guy Bocard. Le caveau donne déjà le ton. Ouvert en juin 2025, ce lieu joliment conçu est animé par le jeune et volontaire Adrien Garnier, ancien directeur de restaurant étoilé au Royaume-Uni, épaulé par Henri Binoche, le directeur du domaine. Le lieu est tout à la fois un caviste, espace de dégustation et petit spot gourmand où il fait bon commander une planche. Fromages d’Alain Hess, charcuteries de la boucherie de Meursault, saumons fumés Le Borvo, produits de la mer La Guildive ou croque truffe attendent la compagnie d’un verre… Le livre de cave annonce la couleur avec 850 références, dont une bonne centaine issues de Meursault. « Notre logique est l’accessibilité, avec des vins à partir d’une dizaine d’euros. L’idée est aussi de faciliter l’accès à des bouteilles souvent peu disponibles à la dégustation », explique le responsable, disposant aussi d’une large palette au verre et d’expériences sur mesure. Ce qui fait déjà tout le charme des Charmes.
📍 8 place du Murger

Les Laroche sont solidement accrochés au sol de Meursault. « L’hôtel-restaurant est dans notre famille depuis 1964 », rappelle Franck, représentant la troisième génération. Ici, la Bourgogne est chez elle. Escargots, œufs en meurette, bœuf bourguignon ou pavé de charolais à l’époisses composent la colonne vertébrale de la carte. Une offre de grillades et de salades vient compléter l’ensemble lorsque les beaux jours reviennent. Mais l’un des grands atouts de la maison reste sa terrasse, avec vue sur les tuiles vernissées de l’hôtel de ville. Franck veille également à maintenir une logique de proximité dans ses approvisionnements : « Tous nos fournisseurs se situent dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de Meursault. »
📍 4 place de l’Hôtel de Ville

Le portrait de la mère Daugier ne figure plus sur la façade, mais l’esprit partageur et généreux de l’ancienne tenancière demeure toujours. Au sein de la Maison Le Chevreuil transformée, le concept de restauration TERRE proposera une goûteuse cuisine à la flamme, dans le confort d’un salon ou via sa cuisine d’été en terrasse. Le four à pizza et les green eggs seront propices à une finger food chic et décontractée, bien à l’image de cette nouvelle adresse. Le chef vénézuélien Alfredo Martin, formé à l’Institut Paul Bocuse, ex-bras droit de Mauro Colagreco au GrandCœur à Paris, souhaitait « être plus proche des produits et des artisans. J’ai donc pensé au Pays basque ou à la Bourgogne, où il ne manque finalement que la mer », sourit ce professionnel affable et gourmand, bien formé à l’esprit bourguignon pour s’être entraîné dans les cuisines de l’Arche des Vins à Beaune, en attendant l’ouverture en septembre. Alfredo cultive aussi une relation particulière avec la France : « Ma maman y a vécu et, de retour au pays, faisait de temps en temps un soufflé ou une quiche lorraine », raconte-t-il, visiblement épanoui dans cette proposition « avec une seule carte, où le client mange ce qu’il a envie où il a envie ». Très terre à terre, finalement.
📍 1 place de la République

Depuis sa fermeture en 2023, le Château de Cîteaux se faisait désirer. L’attente touche à sa fin. Le 24 juillet, cette élégante demeure du XIXe siècle ouvre ses portes après une transformation portant l’élégante signature du groupe hôtelier Fontenille Collection. Le chantier ne concerne pas seulement les chambres ou le spa. C’est aussi une nouvelle page gastronomique qui s’ouvre avec l’arrivée du chef Christophe Vauthier. Nivernais d’origine, il a croisé la route de Gérard Besson, Joël Robuchon ou encore Gérard Boyer avant de voyager de Marrakech à Saint-Barthélemy. Son ambition ? Offrir « une lecture contemporaine des grands classiques régionaux ». Dans les salons restaurés, sous les plafonds peints et les boiseries retrouvées, l’esprit Napoléon III devrait retrouver toute sa superbe. Une renaissance très attendue dans le paysage murisaltien.
📍 18 rue de Cîteaux

Autant dissiper le malentendu : ce n’est pas l’Hôtel du Globe de La Grande Vadrouille. Celui-là n’a jamais existé. Mais le clin d’œil amuse Clara et Gaspard Faucher, créateurs de ce bel hôtel-restaurant en 2020, doté de 14 chambres, un espace bar et un salon détente à l’ambiance cosy et chaleureuse, un jardin d’hiver et une terrasse. Le chef dijonnais Nicolas Marchant revendique une cuisine gastronomique, avec une inclination pour les produits de la mer provenant de son vécu auprès des chefs étoilés Ronan Kervarrec époque Chèvre d’Or et Alexandre Fabris. Les classiques bourguignons passent eux aussi entre ses mains avec une envie permanente de réinterprétation. Mention spéciale au menu du moment à 35 euros proposé toute l’année, week-ends et jours fériés compris, avec amuse-bouches et mignardises inclus. Le Globe sait nous faire entrer dans sa bulle.
📍 17 rue de Lattre de Tassigny

Pour les anciens, c’est encore parfois le Soleil Levant. Pourtant, depuis plusieurs années, l’établissement de Clara et Gaspard Faucher, par ailleurs propriétaires du Globe (lire ci-dessus) a pris un agréable virage vintage. Perché en haut du village, l’hôtel-restaurant offre l’une des plus belles vues de la côte, avec le Mont-Blanc qui se dessine parfois à l’horizon. Arrivé en 2023, le chef Stéphane Giboulot a accompagné la transformation de cet étonnant motel. « Ici, la tradition était celle du buffet. Nous sommes revenus à une vraie cuisine de restaurant, servie à table. » La générosité fait partie de l’esprit maison, à l’image du petit-déjeuner.
📍 5 route de Volnay

Une première vie de commercial dans l’automobile lui a fait apprécier les beautés de la Côte de Beaune. En retour, les clients de Loïc Joninon ont pu apprécier son caractère affable et sympathique. Après une première expérience dans la restauration à Arnay-le-Duc, avec le mythique Café du Nord, lui et son épouse Laurence tiennent depuis 2025 l’Hôtel du Centre qui, comme son nom l’indique, est rudement bien situé. Laurence, une fille de Chambolle-Musigny, est passée aux fourneaux. Le tandem est aussi inséparable qu’interchangeable. Restaurant, chambres d’hôtes, bar à vins, deux terrasses : l’adresse joue plusieurs partitions sans jamais perdre son esprit familial. Une mention particulière pour le menu 100% Côte-d’Or.
📍 4 rue de Lattre de Tassigny
Le 7º Péché : Une boulangerie-pâtisserie aimée de son village, tout près de l’hôtel de ville. Pains en tout genre, gougères, créations sucrées dont cette délicate fleur de cassis : avec son équipe de jeunes, Benoît Babout nous fait tomber dans le péché de gourmandise. (Lundi au samedi (6h-19h))
Maison Tassigny : Un B&B secret et douillet comme on en rêve, façon « cozy luxe », dans de belles pierres vigneronnes du XVIIIe. Tenu dans les règles de l’art par Chelsey Henderson et Raphael Pusset, il propose une expérience complète : table éphémère au fil des saisons et des chefs invités, jardin, piscine, petit-déjeuner, panier pique-nique et caveau de dégustation géré par monsieur. (maisontassigny.com)
The Burgundy Cheese Experience : Elle aurait pu se contenter d’accompagner le joli négoce familial créé par son père Michael. Hanna Shaps est tellement passionnée de fromage qu’elle vient de créer cette structure originale, mêlant ateliers dégustations et immersions diverses autour des producteurs (dont l’Époisses fermier, son péché mignon), visite de caves d’affinage, cavage de truffes dans la vallée de l’Ouche ou découverte de la fabrication des fûts. (theburgundycheeseexperience.com)
Au Vieux Clos : Le domaine Philippe Bouzereau est animé par un esprit de convivialité. Ce bar à vins avec terrasse surplombant les vignes offre une bien jolie vue sur l’église et le Château de Cîteaux. Parfait pour une planche accompagnée de chardonnay, les soirs d’été, du mercredi au samedi. Apéro-concert et petite restauration sont souvent proposés.
Le Moulin : Dans la combe entre Meursault, Monthélie et Auxey-Duresses, la cour du domaine viticole du Clos du Moulin aux Moines est le point de ralliement des beaux jours. Popularisé il y a quelques années par le chef beaunois Romain Escoffier, le spot éphémère de 60 couverts a été transmis cette année à Célia Grandgury et Bastien Thibodaux, également repreneurs de L’Arrière-Boutique à Beaune. Les jeunes gérants ne changent pas une recette qui gagne : vue sur les vignes, viandes de Clavisy au brasero, produits frais de l’Épicerie paysanne, chefs inventifs et voyageurs (Maciek Rynkowski puis Nir Feller), carte des vins copieuse, prix sages et ambiance bon enfant. Tous les jours midi et soir quand le soleil est de la partie. (Réservations 06.88.59.01.27 ou via Instagram @lemoulin.auxey)