Gérante des Gîtes Bo à Saint-Romain et Meuilley, naturellement douée pour l’autre, Eloïse Gaugry étend son activité à la conciergerie sur mesure, au service de ses homologues de la côte. Son style volontaire et pétillant va faire des heureux…

Dans le coin, on ne porte pas le nom de Gaugry par hasard. En rachetant une petite laiterie à Brochon en 1946, Raymond Gaugry posa les bases d’une belle saga fromagère sur trois générations. Le célèbre Ami du Chambertin a donc les parfums de la nostalgie pour son arrière-petite fille Eloïse, laquelle a été propulsée dans cette « voie lactée », avec la passion et la curiosité qui la caractérisent.
« J’ai été bercée dans l’artisanat et l’idée noble de l’entrepreneuriat », confirme la diplômée d’une école de commerce à Paris, qui vadrouillera entre l’étranger, l’export dans la Drôme, une belle aventure dans la décoration, et le retour à sa Bourgogne natale. L’art de vivre et le vin ne l’ont jamais quittée.
« Au gré de ce parcours, je me suis formée à l’Université du vin de Suze-la-Rousse », appuie l’intéressée. Arrivée à pleine maturité comme une belle grappe de pinot noir, désireuse de mettre son sens de l’accueil au service de tous, l’entrepreneuse se régale désormais dans l’hébergement touristique, comme un aboutissement de ses différentes vies.
En 2021, la pétillante jeune femme a misé sur le charme des falaises de Saint-Romain, pour créer les Gîtes Bo au sein d’une maison de village dont elle a entièrement piloté la réhabilitation et la décoration. Les travaux, menés en pleine crise Covid, disent beaucoup de la pugnacité de la chef d’entreprise. « J’en suis fière. Ces quatre gites sont indépendants mais peuvent aussi bien se transformer en grand gite de 16 couchages, idéal pour des week-ends retrouvailles ! »
Une chose en amenant souvent une autre, piquée par le virus de l’accueil, Eloïse a pu investir dans un gîte de 10 personnes à Meuilley, dans les Hautes-Côtes de Nuits. Méthodique et attentive au moindre détail, « Miss Bo » gère elle-même les réservations, manage une équipe de ménage soigneusement constituée, anime un réseau de partenaires…
« Mon fonctionnement est optimisé et j’ai confiance en mon entourage, je veux maintenant mettre à profit toute cette expérience », projette l’insatiable brochonnaise.
2026 et la conciergerie à la carte
2026 est donc une année clé pour la création d’une activité de conciergerie, toujours sous la marque ombrelle Bo. Sans surprise, la proposition sort du classicisme désincarné. « Je veux travailler à la carte, selon les besoins ponctuels ou réguliers, qu’il s’agisse du ménage, de réassort en tout genre ou de la gestion du linge. »
Eloïse, dont le mantra pourrait se résumer à « un problème = une solution » a déjà l’avantage de connaître sur le bout des ongles les infinies subtilités de la gestion de gîtes. Elle lance donc un appel bienveillant aux propriétaires d’hébergements touristiques entre Dijon et Beaune, pour cultiver « ce lien humain que j’aime, et œuvrer collectivement ».
Retraites à Semezanges
D’autres projets sont dans les cartons. À Semezanges, sur les hauteurs de Gevrey-Chambertin, un bien de famille posé dans un cadre bucolique d’une douzaine d’hectares attend d’être transformé. Eloïse imagine un accueil de groupes, dans lequel elle proposerait des retraites de développement personnel, des classes de chants, de yoga, d’écriture aussi. « Ce grand projet me tient à cœur, je suis à la recherche de partenaires et de soutiens », lance cette maman de deux enfants, prête à relever tous les défis, en toute circonstance, sans s’apitoyer sur l’acte d’entreprendre par les temps qui courent, mais au contraire en profitant à fond de cette liberté. Le plaisir est là, évident. Autant ne pas en faire tout un fromage.
