Dijon Beaune Mag
OIV, congrès mondiaux et projet d’appellation pour 2027 : Jean-Luc Theuret, président de l’association des vignerons du Bourgogne Dijon, détaille sa stratégie pour remettre Dijon sur la carte des vins de Bourgogne.

Dijon abrite une véritable démarche scientifique et universitaire autour du vin, dont la Chaire UNESCO « Culture et Traditions Vitivinicoles » – portée depuis 2007 par l’Université de Bourgogne – est le porte-étendard.
Cette même chaire réunira des experts du monde entier, du 29 juin au 3 juillet prochains, pour la conférence Wine Active Compounds (WAC) et le symposium In Vino Analytica Scientia (IVAS). Ces événements se dérouleront dans le cadre prestigieux et hautement symbolique du Palais des Ducs de Bourgogne.
Dans les vignes, une trentaine de producteurs militent depuis des années pour l’obtention d’une dénomination géographique complémentaire de l’AOC Bourgogne. « On rêve de cette étiquette, on sait qu’elle peut nous apporter beaucoup, confie Jean-Luc Theuret, président de l’association des vignerons du Bourgogne Dijon. Nous avons déjà eu deux visites du comité d’enquête national. La décision finale est attendue pour le premier semestre 2027, c’est la promesse qui nous a été faite. »
Une trentaine de vignerons replantent de la vigne sur les cinq communes éligibles (Dijon, Plombières-lès-Dijon, Corcelles-les-Monts, Daix et Talant), « au rythme de 4 à 7 hectares par an. Nous en sommes à environ 80 hectares sur la métropole. La vigne reprend sa place petit à petit », sourit celui qui estime le potentiel final à environ 250 hectares.

Cette future AOC Bourgogne Dijon sera un atout pour l’attractivité de la ville. « Le vin de Dijon est désormais présent à la Foire, la Saint-Vincent de Dijon prend chaque année plus d’ampleur, les vendanges citoyennes aussi. Il manque encore ce petit plus, cette bouteille de vin avec le nom de Dijon bien en évidence. »
Jean-Luc Theuret est unanime, l’arrivée de l’OIV à Dijon en 2024 « a clairement crédibilisé notre démarche. Cela a donné du fond et du sens à la renaissance des vins de Dijon. Les relations avec les équipes de l’OIV sont excellentes, et la plantation du Clos Pau Rocca inscrit ces relations dans le temps (voir le post Instagram ci-dessous). Nous réfléchissons à une manifestation sur place chaque année au moment des vendanges, à laquelle nous pourrions associer les riverains et les salariés de l’OIV. »
Quelques jours après cette inauguration, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé le classement de l’Hôtel Bouchu d’Esterno parmi les sites remarquables du « patrimoine de la diplomatie ».
Seuls quinze sites en France bénéficient de cette reconnaissance, comme le château de Chambord, la bibliothèque Choiseul à Versailles, le Quai d’Orsay ou encore le Palais de l’Europe à Strasbourg. Cette distinction, intervenue dans le cadre de la présidence française du G7, confirme le rôle international de Dijon, désormais indissociable de la « diplomatie viticole ».
La renaissance du vignoble dijonnais est plus que jamais en bonne voie. « La Bourgogne a beaucoup à apporter à Dijon, assure Jean-Luc Theuret. Mais je sais aussi que Dijon apportera beaucoup à la Bourgogne. »