Les jeunes ont perdu leur vie sociale et parfois même les moyens de se nourrir et se loger. Sans compter tous ces petits boulots qui disparaissent. Face à cette situation exceptionnelle, la Ville de Dijon et Dijon Métropole ont pris des mesures pour limiter la casse.

Étudiants et jeunes actifs se retrouvent pour la plupart démunis face à la longueur de la crise sanitaire. La Ville de Dijon et Dijon Métropole veulent limiter la casse. © Jonas Jacquel

À contexte exceptionnel, mesures exceptionnelles. La crise sanitaire a mis au jour la précarité du monde étudiant. Un rapport préalable aux décisions de Dijon Métropole (séance du 4 février) pointe notamment le fait que « la situation actuelle nécessite des mesures d’urgence et d’ampleur pour éviter la deuxième vague de santé mentale ». Une bonne partie des 30 000 étudiants de l’Université de Bourgogne ressentent directement les effets de la crise sur leurs conditions de vie et de santé. Absence de relations avec les autres en dehors des cours, déficit d’échanges avec les profs, vide culturel et festif (plus rien à voir et à boire avec les amis)… Voilà pour un volet social réduit à une peau de chagrin. À cela s’ajoute une précarité montante qui se vit dans le silence. Certains n’ont plus les moyens de payer leur loyer, d’autres (parfois les mêmes) décrochent de leurs études. Se nourrir peut devenir problématique.

350 bourses distribuées

Dijon Métropole, toujours selon le même rapport, « se doit d’agir et de prendre sa part, aux côtés de l’État, de l’université, de l’ARS et de l’ensemble des acteurs impliqués, dans ce qui doit être une véritable mobilisation nationale en faveur de ce public ». Concrètement, 200 000 euros sont débloqués dont 40 000 au titre du complément des aides accordées aux jeunes par le service social du Crous, 100 000 pour l’enveloppe de solidarité pour le logement des étudiants, 30 000 pour l’installation d’un bureau d’appui psychologique et autant pour l’association Coda3 (Côte-d’Or dépression adolescente sur 3 ans) qui facilite l’accès à des consultations psychologiques.

Le 1er février, le conseil municipal de Dijon s’est bien évidemment lui aussi penché sur cette problématique lourde de conséquences. Car la disparition des « petits boulots » ne fait qu’aggraver la situation et la Ville, à sa façon, peut agir. Pas moins de 350 bourses ont ainsi été accordées entre 2019 et 2020, dont une centaine supplémentaire à la rentrée 2020. Ces bourses, pour la plupart d’un montant de 500 euros, viennent en complément d’une attention particulière que Dijon donne à « des dispositions permettant de maintenir les revenus de ses agents vacataires (…), ainsi qu’à la vigilance apportée au recrutement des emplois étudiants ».

Sur l’ensemble de l’agglomération et des deux collectivités sœurs que sont la Ville et la Métropole, ce secteur devrait concerner 300 stagiaires et 600 emplois étudiants. Les services de restauration municipale et d’accueil péri et extra-scolaire constituent, en ce sens, le premier des potentiels d’accueil. De par leur nature, ils permettent à l’étudiant de se confronter à d’autres réalités que celles du campus.

Trois fois plus d’apprentis

Face à cette crise, étouffante à bien des égards, l’apprentissage offre lui aussi un peu d’oxygène. Ainsi, la Ville de Dijon et Dijon Métropole « s’engagent à accueillir 100 apprentis dans les services municipaux et métropolitains à la rentrée 2021, afin de soutenir les jeunes dans leur parcours de formation et leur future intégration dans la vie active ».

Soit un triplement en deux ans du nombre d’apprentis accueillis par les deux collectivités locales, du CAP au Master 2. Cette évolution, en grande partie consécutive à la débâcle « coronavirienne » révèlera sans doute quelques vocations. À quelque chose malheur est bon comme on dit. Surtout quand on annonce un taux de réussite au diplôme de ces apprentis proche de 90 %. Restons « positifs ».   

Laisser un commentaire