Dijon Beaune Mag
Née en 1976 à une époque où l’apprentissage cherchait encore sa place, l’École des Métiers Dijon Métropole vient de fêter ses 50 ans. Devenue leader de la formation professionnelle avec 1 500 jeunes accueillis chaque année, elle poursuit sa mue : nouveau bâtiment, outils pédagogiques modernisés, partenariats… Dans un monde du travail qui évolue, pas question de vivre sur ses acquis.

Cinquante ans, 50 000 apprentis formés. La formule ne montre que partiellement le chemin parcouru depuis avril 1976 et la naissance de celle qu’on appelle désormais École des Métiers Dijon Métropole. À l’époque, miser sur l’apprentissage n’avait rien d’évident. « Nos aînés étaient des pionniers », rappelle Xavier Mirepoix, président de l’EDM depuis 2022, qui connait bien l’action historique des collectivités mais aussi des organismes comme la CCI et Les Entrepreneurs (ex CPME) dans cette réussite.
Un demi-siècle plus tard, le pari a changé d’échelle. Le campus dijonnais accueille 1 500 jeunes dans sept grandes filières : automobile et cycle, métiers de bouche, hôtellerie-restauration, vente-commerce, coiffure, fleuristerie, comptabilité et gestion des PME. L’école revendique un ancrage territorial particulièrement fort : plus de 80 % de ses apprentis viennent de Dijon Métropole ou, plus largement, de Côte-d’Or.
Xavier Mirepoix s’est dit heureux aussi de constater le soutien unanime de la Région BFC, Dijon métropole et des dizaines de mécènes, lors de la célébration des 50 ans cet été. Derrière l’établissement se dessine ainsi un véritable outil économique, alimentant en compétences un tissu d’entreprises qui peine parfois à recruter.
À 50 ans, l’École des Métiers n’a pourtant aucune envie de regarder dans le rétroviseur. La meilleure preuve se trouve sur son propre campus, engagé depuis plusieurs années dans une profonde transformation.
Un nouveau bâtiment écoresponsable à ossature bois et équipé de panneaux photovoltaïques doit prochainement entrer en service. Il apportera 25 salles de cours supplémentaires. Un magasin pédagogique placera également les apprentis de la vente dans les conditions du réel, tandis que des espaces de coworking feront leur apparition.
« Nous devons être attractifs, en offrant à nos jeunes des conditions de formation comparables à celles qu’ils rencontreront demain dans l’entreprise », résume la directrice générale Séverine Delidais.

La logique vaut aussi pour les métiers. En décembre, l’école accueillera ainsi la troisième promotion de son diplôme de sommelier-conseiller-caviste, développé en partenariat avec la réputée Université du Vin de Suze-la-Rousse. Dans l’hôtellerie-restauration, elle renouvelle également son programme gastronomique d’excellence avec Ferrandi Paris, référence nationale du secteur. Cet accélérateur de compétences s’adresses à des profils « ayant l’objectif et les aptitudes à travailler dans des restaurants gastronomiques », parmi les formations CAP, BP, Bac pro et BTS (photo ci-dessus).
Les métiers auxquels l’EDM prépare ne cessent d’évoluer. Usages numériques, intelligence artificielle, nouveaux équipements, nouvelles attentes des consommateurs ou transition environnementale : même les professions réputées les plus manuelles sont concernées.
« Pour éviter le décalage entre l’atelier et la salle de cours, les enseignants effectuent régulièrement des immersions en entreprise. Une manière de remettre à jour les pratiques, mais aussi de repérer les technologies qui feront partie du quotidien professionnel », détaille Séverine Delidais, prenant aussi pour exemple cette imprimante culinaire 3D fraîchement arrivée pour les futurs pâtissiers.

À cette révolution technologique s’ajoute plusieurs défis. Après plusieurs années de forte croissance de l’apprentissage en France, les établissements doivent composer avec une concurrence accrue, une conjoncture plus tendue et une réalité démographique différente.
« Nous devons nous remettre en cause en permanence et cet état d’esprit fait heureusement partie de notre ADN », abonde Xavier Mirepoix. Le défi des prochaines années est donc posé : continuer à attirer les jeunes, convaincre les familles et rester au plus près des besoins des entreprises.
50 000 apprenants plus tard, l’apprentissage n’a certes plus à démontrer qu’il constitue une voie de formation d’excellence. Pour l’École des Métiers Dijon Métropole, il reste toutefois à faire ce qu’elle enseigne depuis 1976 : apprendre, s’adapter et remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier.
• 11 majors pour la filière Métiers de bouche. Remis par Alexandre Carbillet, chef d’entreprise et chocolatier, diplômé de l’EDM.
• 9 majors en Hôtellerie-Restauration. Remis par Alexandra Bouvret, cheffe du château du Clos de Vougeot et diplômée de l’EDM.
• 7 majors pour la filière Automobile. Remis par Yohan Bardin, pilote automobile diplômé de l’EDM.
• 7 majors pour des formations en horaires aménagés. Remis par Arthur Deballon, dirigeant d’AVS et partenaire de l’EDM.
• 4 majors pour la filière Vente-Commerce-Gestion. Remis par Florent Perraud, directeur commercial du DFCO.
• 4 majors pour la filière Coiffure. Remis par Julien Joubert, dirigeant du salon Cinq Huitième, diplômé de l’EDM.
• 2 majors pour la filière Fleuriste. Remis par Stéphanie Chevalier Lopez – MOF conseil expertise en sécurité alimentaire.
• 1 top major en CAP Peinture en carrosserie avec + de 18 de moyenne : Léana Contesse.
