Dijon Beaune Mag
Les noctambules dijonnais, le monde associatif et la vie politique locale perdent une figure populaire. Ami et fidèle adjoint aux Sports de François Rebsamen, créateur du mythique Cintra, l’un des premiers karaokés de France, Gérard Dupire est décédé à 82 ans après un ultime match contre la maladie.

Par voie de communiqué ce vendredi 24 juillet, François Rebsamen a annoncé sa disparition, saluant avant tout un ami de plus de trente ans. « Dès 1995, Gérard Dupire avait choisi de s’engager à mes côtés dans un combat politique qui paraissait alors difficile. Six ans plus tard, il fut l’un des artisans de la victoire historique de la gauche plurielle à Dijon. Cette fidélité dans l’engagement ne l’a jamais quitté. Elle a guidé son action d’élu comme elle a inspiré sa manière d’être : constante, exigeante et profondément tournée vers les autres. »
Avant d’être élu, Gérard Dupire était déjà une personnalité bien connue des oiseaux de nuit dijonnais. En 1985, il ouvre le Cintra, avenue Foch. Près de la gare, le piano-bar accueille des orchestres de qualité pour taper un bœuf avec des artistes de passage dans la ville. Cinq ans plus tard, il équipe son établissement du tout premier système de karaoké Pioneer installé en France.
Le lieu devient rapidement une institution de joyeux lurons à l’esprit libre – immortalisée jusque dans l’émission La vie à l’endroit de Mireille Dumas en 1997 – où des générations de Dijonnais viendront chanter, refaire le monde et partager des soirées devenues cultes, dans le moelleux des fauteuils rouges ou la discothèque bleue du sous-sol.
Quelques peoples en goguette se joignent même à la fête, les Jacques Villeret, Philippe Chevallier, Clémentine Celarié, Philippe Duquesne…
L’esprit de fête jouait souvent les prolongations. Ses proches amis se souviendront aussi de ses « apéros chansons » et de ses soirées de fête, dans son appartement de la rue d’Auxonne.

Cette passion du collectif et de la chanson française ne l’abandonnera jamais. « Son vrai plaisir était de chanter Yves Montand et Jean Ferrat au repas des seniors », rappelle François Rebsamen.
Son autre passion, c’était le sport. Conseiller municipal d’opposition à partir de 1995, Gérard Dupire participe activement à la conquête historique de l’hôtel de ville en 2001. Il devient alors adjoint aux Sports et à la Jeunesse, avant d’exercer également cette compétence au Grand Dijon en ce qui concerne les équipements sportifs.

Sous ses mandats naissent ou se structurent plusieurs dispositifs qui marqueront durablement la politique sportive locale. « Gérard fut en réalité le “ministre des Sports” des mandats municipaux de 2001 à 2014. Passionné de tous les sports, du football au beach-volley, il a créé en 2001 l’Office municipal des sports et mis en place de nombreux dispositifs pour développer la pratique sportive à tous les niveaux : aide à l’achat de licences, aides aux clubs, aides aux athlètes… Je me souviens de ses multiples propositions, comme l’aménagement de Dijon Plage », souligne encore le président de la métropole, qui lui avait confié le dossier de cet aménagement désormais incontournable du Lac Kir.
Au fil des années, Gérard Dupire s’était imposé comme un interlocuteur privilégié des centaines d’associations sportives de l’agglomération. Son sens du dialogue, sa disponibilité et sa connaissance du terrain lui valaient le respect bien au-delà des clivages politiques. À 82 ans, l’homme a livré son dernier refrain. Il continuera pourtant longtemps de résonner dans la mémoire des Dijonnais.
« La Ville de Dijon lui rendra hommage, à la hauteur de son engagement », a notamment fait savoir la maire Nathalie Koenders dans un hommage publié sur ses réseaux sociaux.