Le Côte-d’Or Festival Song se tiendra le 13 décembre prochain. Après de multiples auditions, une vingtaine de jeunes artistes se produira devant un jury de professionnels et le public du Cèdre à Chenôve. À la baguette du concours, Mario Barravecchia. L’occasion d’un entretien avec le maestro. 

Propos recueillis par Michel Giraud    
Pour DBM
Photos D.R
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Quel regard portez-vous sur l’évolution du Côte-d’Or Festival Song ?

Au tout début, il y a huit ans, j’ai constaté qu’il existait quantité de jeunes artistes dans la région pour trop peu de scènes. J’ai donc créé ce concours pour leur donner une chance. Des artistes, il y en a de plus en plus, mais beaucoup sont cachés, timides. Ils n’osent pas faire le premier pas et encore moins le grand bond. Avec ce festival, on va les chercher, pour les sortir de l’ombre. On leur fait un beau cadeau. Les candidatures vont crescendo chaque année : 500 pour l’édition à venir. On privilégie les artistes de Côte-d’Or, mais on ne se s’interdit rien. La preuve, depuis trois ou quatre ans, le périmètre de sélection s’est largement étendu. La seule condition est que l’artiste chante en français, car nous voulons aussi promouvoir la langue. 

Vous êtes passé de l’autre côté de la barrière, découvreur de talent…

Je suis passé par là et je peux vous dire que, quand on est artiste, qu’on essaye de percer, on est mis de côté dans un couloir, on attend sans cesse ! Nous, on les accueille comme de vrais artistes, en loge, avec maquilleur, coiffeur… Un présentateur aussi est là pour les valoriser. Ils se produisent face à des personnalités du monde artistique, des producteurs, sous l’œil d’un parrain prestigieux. Alain Chamfort, Hélène Ségara, Liane Foly l’an dernier (ndlr, à l’heure où nous écrivons ces lignes le parrain 2019 n’est pas connu). Une sorte de prime à la télé, qui donne confiance et galvanise. Et quand on déniche la perle, on est heureux. Je pense à Arezki, un jeune Amiénois, vainqueur en 2017, qui a fait The Voice 8. Grace au festival, il a pu accéder à cette notoriété, aujourd’hui il prépare un album. J’en suis content et fier. 

Comment va le petit monde de la musique en 2019 ?

C’est très difficile de percer, sans doute plus depuis l’avènement des plateformes de streaming et de téléchargement, qui ont évidemment causé une cassure avec le marché du disque. Mais les concerts sur scène sont de plus en plus remplis et je me dis que ça a apporté quelque chose de positif sur ce point. Et puis, je suis sûr qu’avec le temps, les gens vont s’habituer à ce monde numérique et vont acheter plus de musique par le biais d’internet pour redonner naissance à une vraie économie. Il faudra être patient, mais dans les prochaines années, on devrait percer plus facilement qu’aujourd’hui.

Qu’en est-il de l’activité musicale et culturelle en Côte-d’Or ?

Dijon se porte de mieux en mieux, avec de belles scènes, de nouvelles salles… Les projets culturels en Côte-d’Or sont de plus en plus étoffés, et notre département offre pas mal de choses par rapport à d’autres. On ne manque ni de modernité, ni de propositions culturelles pour les artistes et les habitants. C’est un territoire riche, même s’il y a toujours des choses à améliorer bien sûr. Au rang des projets que j’aime beaucoup, il y a le Cèdre à Chenôve, où nous nous installons cette année. C’est une salle très bien pensée dans sa construction et son animation. Il y a aussi les Ateliers du cinéma à Beaune, un très beau projet autour de Claude Lelouch et du cinéma, qui nous a apporté des tournages, de la visibilité, mais qui a aussi su se diversifier culturellement en accueillant des expositions, des rendez-vous musicaux et théâtraux. J’aime beaucoup l’idée. 

Et vous alors, il parait que vous replongez ?

Je suis éditeur (ndlr, Welcome Magazine), je gère une agence de communication, et je n’ai hélas pas trop le temps d’enregistrer toutes les semaines comme je le faisais avant (ndlr, c’est notoire, Mario fut une figure marquante de la Star Academy 1, au début des années 2000). Ma petite fille de 9 ans me le demande tous les jours – elle ne m’a jamais connu sur scène -, alors j’ai commencé un projet d’album avant les vacances. Je vais enregistrer à Lyon, mais je le fais surtout pour mes enfants. Retourner en studio, ça me procure une liberté que seule la musique offre. J’en suis à trois ou quatre titres pour l’instant. Quelques labels sont intéressés, on verra bien… Mon objectif, ce n’est pas de refaire des grandes tournées, c’est de me faire plaisir.   

Côte-d’Or Festival Song, vendredi 13 décembre  au Cèdre à Chenôve – Billetterie en ligne (29 € la place) 
Grande finale retransmise en ligne par France 3 Bourgogne

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