Crédit Municipal, griffon d’or protecteur

Le Crédit Municipal a une tradition aussi séculaire que solidaire. L’établissement public affiche sa vocation protectrice jusque dans son logo, un griffon. À Dijon, place de la République, sa responsable d’agence Nathalie Leger explique les subtilités de cet établissement pas comme les autres.

Par Alexis Cappellaro – Photos : Christophe Remondière
Pour Dijon-Beaune Mag 73

Dans la mythologie grecque, les griffons gardaient les trésors de la terre. La symbolique de ces fascinantes créatures mi-aigle mi-lion, reprise à travers le logo du Crédit Municipal, dit beaucoup de l’état d’esprit de cet établissement public de crédit et d’aide sociale.

Ses origines hispano-italienne datent du XVe siècle, où le concept de Mont-de-Piété sera lancé par les moines franciscains italiens pour aider les moins bien lotis à emprunter à des taux modérés en contrepartie du dépôt d’un objet. L’ancêtre du prêt sur gage, aussi appelé « chez ma tante »*, arrivera un siècle plus tard en France, avant de gagner Dijon le 6 février 1882 sur ordonnance royale.

Municipal avant tout

Entretemps, les fameux Monts-de-Piété ont changé d’appellation : depuis 1918, on les nomme Caisses de Crédit Municipal. Ces établissements ont étendu leurs services de dépôt et de comptes courant. Aujourd’hui, on compte une douzaine d’agences physiques sur le territoire français.
Le Crédit Municipal assume aussi bien les prêts sous toutes ses formes que les services d’une banque traditionnelle. « À ceci près qu’il ne compte aucun actionnaire à rémunérer. Notre fonctionnement repose sur un principe d’épargne solidaire : les placements des associations et des particuliers servent à financer nos activités sociales », détaille  Nathalie Léger, responsable de l’agence place de la République qui accueille « l’activité de clients souhaitant participer à la vie d’une agence différente, attentive à chacun, chaleureuse et humaniste, qui essaie d’apporter des solutions à des problèmes matériels de tous les jours, et qui respecte pourtant toutes les contraintes réglementaires appliquées aux établissements bancaires les plus importants. Par exemple les découverts, la gestion de compte bancaire avec une tarification défiant toute concurrence, les prêts, rachats de prêts et la restructuration. »

Le Crédit Municipal respecte aussi ses origines. Le prêt sur gage est dans son ADN. À Dijon, il est le seul à le pratiquer depuis 1882 sans discontinuer, depuis une autre agence place du 30-Octobre.

Nathalie Leger est la responsable d’agence, place de la République. Elle connait bien la « maison » pour y travailler depuis 1992.

Sans misérabilisme

Au quotidien, il arrive que Nathalie et son équipe accompagnent des « clients fragiles ». Ils le font « sans jugement de valeur, en se gardant de jouer la carte du misérabilisme aussi, car il faut savoir adopter parfois un discours ferme dans l’intérêt de tous ». Ce suivi est sincère et personnalisé, car « le client n’est pas un numéro sur un papier ». Pour lui, les conditions sont avantageuses, « à condition d’adopter un comportement responsable et collaboratif ». Le conseil n’est donc pas une simple vue de l’esprit, car le Crédit Municipal « n’a tout simplement rien à vendre, il n’est pas là pour proposer des options opaques dans le but de rentrer dans ses objectifs de fin d’année mais bien pour remplir sa mission sociale ».Ça, c’est dit.

Cette situation doit parfois être clarifiée lors de réunions thématiques organisées auprès d’un public ciblé, qu’il s’agisse de séniors ou de jeunes. « Quand nous détaillons notre activité, cela aide à établir une relation confiance alors que l’univers bancaire subit plutôt un climat de défiance actuellement. » Cela fait en effet une grande différence. Chacun se sent concerné. Cela peut être « un jeune qui aborde une période charnière, avec le début d’une vie active. Il lui faut du bon sens, prévoir l’imprévu, savoir qu’un sou est un sou. Notre but est de le responsabiliser. » Ou bien un sénior en manque de trésorerie immédiate, « qui sait qu’il dispose d’une solution rapide et efficace ». Dans tous les cas, il faut « développer une grande pédagogie et casser les barrières qui pourraient exister : la timidité, l’orgueil, la désinformation… ». Cela, l’établissement place de la République l’a bien compris. Que son griffon d’or en soit témoin.

* La légende veut que le fils du roi Louis-Philippe 1er y ait déposé sa montre pour honorer une dette de jeu. Honteux, il aurait prétendu l’avoir oubliée chez sa tante. D’où l’expression « ma tante » pour qualifier le Mont-de-Piété.

 Vente de prestige, samedi 9 février 

Le Crédit Municipal de Dijon organise, le samedi 9 février 2019 à 14h15, sa seconde vente aux enchères de prestige, à l’hôtel des ventes – 44 rue de Gray, en présence de Nuray AKPINAR-ISTIQUAM, adjointe au maire déléguée à l’insertion, à la formation et à l’action sanitaire et sociale, et Françoise TENENBAUM, adjointe au maire déléguée à la solidarité, à la santé et aux personnes âgées, représentant François REBSAMEN, maire de Dijon, président de Dijon métropole.

Cette vente, dirigée par l’étude de Maitre CORTOT, commissaire-priseur, proposera aux enchères des objets d’exception : bijoux, montres, stylos, grands crus, œuvres d’art … et se déroulera également en direct sur le site interencheres.com.

Dès 10h, les objets mis en vente seront exposés à l’hôtel des ventes jusqu’à 12h, avant l’ouverture de la vente à 14h15. Ils sont également consultables sur le site interencheres.com. Environ 300 objets seront présentés et les fonds récoltés reviendront aux vendeurs, clients du Crédit Municipal de Dijon. Une partie des droits d’adjudication payés par les acheteurs sera reversée au CCAS de la ville de Dijon.

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