À l’air libre au milieu du Morvan, la romancière Christine Bonnard a fait appel à l’imaginaire pour traverser ce confinement. La culture, ce n’est plus un scoop, permet de voyager sans bouger de chez soi.

Propos recueillis par Antoine Gavory

Ce confinement fut-il une source de travail, de doutes ou de questionnement ? 
Je me rends compte que vivre à la campagne, avec peu de population et où les risques de contamination sont moindres, est une qualité de vie extraordinaire. Le confinement fut un arrêt sur image d’un monde en constante progression. Un grand coup de frein à une course au rendement dans tous les domaines. Un virus microscopique met les pendules à l’heure du présent, il place l’humanité face à ses besoins essentiel : préserver sa santé, sa famille, son alimentation… Alors, évidemment, ça change ma vision des priorités.

Y compris en tant qu’auteure ?
Un auteur passe la plupart de son temps de travail devant son ordinateur à écrire. Le confinement ne modifie pas ce rythme, il bloque le côté social et convivial du métier. Avec l’annulation des salons, les rencontres et échanges avec les lecteurs sont impossibles.

Pour autant, la solitude est-elle une compagne habituelle pour vous ?
Écrire est un plaisir solitaire. Se retrouver avec soi-même ou avec ses personnages de roman est le quotidien de l’auteur. Habituellement, je peux sortir pour me reconnecter au monde réel. Confinés, en tête-à-tête avec des personnages de fiction pendant des semaines, peut faire craindre le pire pour notre santé mentale (sourires).

« J’ai tenu mon journal de confinement, comme on tient, sans doute, un journal de bord sur un bateau. Le monde est embarqué sur le même navire et c’est unique dans l’histoire. »

Avez-vous l’intention d’écrire sur le confinement?
Comme beaucoup je pense, j’ai tenu mon journal de confinement, comme on tient, sans doute, un journal de bord sur un bateau. Le monde est embarqué sur le même navire et c’est unique dans l’histoire. Il y aurait tant de choses à en dire et je sais que beaucoup le feront mieux que moi. Même si actuellement la réalité dépasse la fiction, je préfère trouver l’inspiration dans l’imaginaire. 

Au déconfinement, quelle est la première chose que vous ferez ?
Voir mes enfants et petits-enfants.

Quelle place avez-vous envie de donner à la culture à présent ?
Pendant le confinement, je crois que chacun s’est rendu compte de l’importance de l’art et de la culture dans notre vie quotidienne. Même si ce ne sont pas des besoins essentiels à proprement parler, ce sont eux qui nous aident à rester chez nous, à tenir face à l’isolement par le biais de livres, de films, de chansons, de musiques… Les arts font voyager sans bouger de chez soi. C’est important aujourd’hui. Il faudra s’en souvenir.

BIO EXPRESS : CHRISTINE BONNARD
Née à Villefranche-sur-Saône en 1962, installée dans le Morvan depuis 1988, Christine Bonnard a publié quatre romans aux feues Éditions de l’Armançon et son dernier roman Le chat des ombres (2018) aux éditions Coxigrue. Elle écrit aussi pour le magazine associatif Vents du Morvan.

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