Votre magazine DBM place en pole position de son numéro de printemps Sébastien Loeb, nouveau personnage clé du salon Prestige Auto Beaune (24-26 avril). Pendant ce temps, Nuits-Saint-Georges s’apprête à franchir un cap œnotouristique, alors que sa 65e Vente des vins des Hospices approche…

L’édito du n°111
par Alexis Cappellaro, rédacteur en chef
Ne demandez pas pourquoi ni comment, il arrive de cliquer sur un vieil entretien d’Arnaud Montebourg donné au journal Le Monde. Bien avant de tomber dans le pot de miel, le ministre du Redressement productif (2012-2014) défendait à sa façon la reconstruction de l’industrie française. Et prévenait, en substance, que la France ne devait pas devenir un « vaste hôtel resort & spa, avec des stations de ski de haut vol, un littoral pour clientèle huppée, mais dans lequel il n’y aurait plus que des emplois précaires », comme l’avait prophétisé l’écrivain Michel Houellebecq dans La Carte et le Territoire (2010).
L’actualité côte-d’orienne offre un éclairage intéressant à ces archives. Les projets d’ouverture d’établissements vont bon train en 2026. Comme tout ce qui est rare, le pays des grands crus fascine le monde. À Meursault, le Château de Cîteaux rénové portera la signature du jeune mais déjà exponentiel groupe hôtelier français Fontenille. Non loin, l’hôtel-restaurant Le Chevreuil, jadis antre de la mythique paulée, prendra quelques accents scandinaves grâce à un « melting potes » œnophile venu du Danemark, de Suisse, d’Allemagne et de Norvège. Le voisin Pommard n’est pas en reste, alors que s’achèvent les pharaoniques travaux du Château la Commaraine, propriété d’un couple d’Américains fou de la France viticole.
Personne ne doute de la sincérité et de la passion de ces investisseurs venus d’ailleurs. Leur éducation et leur ouverture au monde les mènent souvent loin dans la connaissance d’une autre culture, bourguignonne en l’occurence. Dans ces opérations hôtelières, tous s’attachent d’ailleurs à faire vivre l’expérience « Bourgogne », avec plus ou moins de marketing et de réussite, dans un positionnement qui leur appartient.
Le Château de Gilly a lui aussi bénéficié d’un impressionnant lifting, grâce à la vision hôtelière du couple d’entrepreneurs Alice et Jérôme Tourbier. Les Sources de Vougeot offrent désormais bien des raisons de se réjouir. Rebaptisé pour des raisons d’attractivité qui se comprennent, mais « source » d’interrogations chez certains locaux, Gilly-lès-Cîteaux illustre bien l’enjeu d’équilibre intimement vécu par les acteurs du territoire quels qu’ils soient : applaudir et soutenir les investissements qui rénovent le patrimoine, créent de l’emploi et des commandes, tout en pratiquant avec discernement un rôle de vigie, attentive à son identité profonde, au risque de devenir une carte postale figée. Rien de nouveau, en réalité. Ce qui n’empêche pas de se détendre de temps en temps dans un bain chaud. N’est-ce pas, cher Arnaud ?





