En accueillant pour la 3e fois le départ d’une étape du Tour de France, Dole profite de cette opportunité pour célébrer le bicentenaire de la naissance de son génie absolu, Louis Pasteur. Entre liesse populaire et célébration sur grand braquet, le programme du 9 juillet prochain ne manquera pas de piquant.

Et de 3. Dole recevait le Tour une première fois en 1992. Le Suisse Rolf Jaermann emportait sa seule étape de la grande boucle à Saint-Gervais Mont-Blanc. La même année naissait le Français Lilian Calmejane. Ce baroudeur rééditera l’exploit de l’Helvète un quart de siècle plus tard, en remportant son unique victoire, à l’issue d’une bagarre nerveuse en montagne, qui se terminera aux Rousses. Le 9 juillet, les coureurs de la course sportive la plus populaire au monde partiront une nouvelle fois de la cité de Pasteur, pour rejoindre Lausanne. La mention de Pasteur n’a rien d’anodine en la circonstance. Ravi par cette nouvelle échéance, le maire de la ville rappelle en effet que le Tour de France ne passe jamais ici par hasard. « Pour qu’il puisse se dérouler dans un territoire, il faut un dossier de candidature, mais cela ne suffit pas », prévient Jean-Baptiste Gagnoux.

Il faut y ajouter « un intérêt supérieur, car Christian Prudhomme, le patron de cette course légendaire, est particulièrement sensible à la mise en avant des paysages, du patrimoine et des personnages historiques ». Pour séduire ASO, l’organisateur, en dehors de l’inévitable ticket d’entrée sonnant et trébuchant, il faut ainsi proposer une belle histoire à cette énorme machine médiatique qu’est le tour. En 2022, le thème était trouvé d’avance : le bicentenaire de la naissance de Pasteur. Il y a donc fort à parier que l’historien attitré de la Grande boucle, Franck Ferrand (accessoirement convaincu que le site d’Alésia est à Chaux-des-Crotenay, dans le Jura), va se piquer d’intérêt pour le sujet. « Notre dossier, fortement soutenu par le Département du Jura, était basé sur le bicentenaire », insiste le maire dolois qui, nous en avons parlé récemment (lire DBM n°90), veut profiter de ce formidable élan anniversaire pour redonner à sa ville, de l’intimité avec son génie.

Star pandémique

Depuis la crise Covid, Pasteur n’a jamais autant été mis en avant. Découvreur du vaccin contre la rage et de la bien nommée pasteurisation grâce à son travail sur la vigne, le savant est une star des temps pandémiques. L’Institut qui porte son nom est engagé dans des défis mondiaux, à la hauteur de la situation sanitaire qui repositionne depuis deux ans la peur de l’inconnu à l’échelle mondiale. Il serait injuste que la petite ville jurassienne, si discrète jusque-là, mais aux atouts multiples sur le terrain de l’art de vivre, ne puisse pas tirer bénéfice de cette notoriété spontanée. Pasteur appartient au top 10 des savants les plus connus au monde. Pasteur est un sauveur. Dole est son berceau.

Jaja, Marion et Besson

Le 9 juillet, le Tour fera son œuvre, comme à son habitude. Le matin, jusqu’à 13 heures, l’immense et grouillante caravane fera étalage de sa propension publicitaire et de sa diversité festive. On présentera alors les coureurs qui, les uns après les autres, monteront sur le podium pour gagner la postérité avec leur participation à l’une des épreuves parmi les plus dures qui soient. Tout un chacun pourra ensuite suivre les commentaires de Jaja et de Marion Rousse sur les écrans de France Télévisions. Puis viendra l’heure de la fête.

De 17h30 à 21h30, une série de concerts précédera le temps fort de cette année anniversaire : la projection pour la première fois, à 22h, du fameux mapping sur la vie de Louis Pasteur (photo ci-dessus). Les textes d’André Besson, autre prestigieux Dolois de naissance, seront lus dans une ambiance féerique. Tout au long de l’été, jusqu’au 21 août, ce mapping sera diffusé les vendredis, samedis et dimanches. Puis, à 22h45, un spectacle « pyromélodique », néologisme de bon aloi indiquant le croisement de la lumière et de la musique, mettra en valeur la maison natale du savant. Vivement le 9 juillet. 

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