La coiffure s’adapte à de nouvelles méthodes et à une autre approche de la clientèle. Dans le même temps, le barbier est de retour. Rebondissant sur cette double évolution, l’École des Métiers Dijon Métropole innove dans la validation des diplômes.

Coiffer, couper, tailler, raser : les apprentis de l’École des Métiers, en grande majorité des apprenties, en ont fait le serment. C’est le cas de Mine, Angèle et Lola. Un acte perçu, à juste titre, comme un acte de bien-être. © Bénédicte Manière 

Avec 200 jeunes concernés, le pôle coiffure est l’un des points cardinaux de l’enseignement prodigué au sein du premier CFA de Bourgogne-Franche-Comté. CAP, mention complémentaire et brevet professionnel sont au menu des apprentis d’une profession qui, directement confrontée à la problématique des gestes barrières et autres règles imposées par la crise sanitaire, subit une grande remise en question et à plusieurs titres.

D’abord, en ce qui concerne l’enseignement lui-même. Directrice adjointe pédagogique au sein de l’École des Métiers, Cyndie Rousseau évoque, avec la venue au premier plan des opérateurs de compétences (les fameux Opco), une attente plus précise des filières, « sensibles à la méthode qui conduit à l’obtention de l’examen ». Nouveaux outils numériques, nouvelles méthodes pédagogiques, nouveau rapport à la clientèle… le monde de la coiffure a la crinière au vent de la pression sanitaire.

Une autre méthode

Chacune des étapes de l’apprentissage fait désormais l’objet d’une évaluation. « On ne mise plus tout sur la seule échéance de l’examen, poursuit Cyndie Rousseau. On valide progressivement les compétences, et implique de la sorte les entreprises qui participent à cette évaluation et nous voient plus souvent. » Le savoir-être et la proximité sont au cœur de l’objectif. Le client a besoin d’être rassuré et fidélisé, les temps d’attente sont devenus plus longs, le rituel s’adapte.

S’engouffrant dans cette métamorphose, la directrice Christine Frequelin a proposé le passage en contrôle en cours de formation au conseil de perfectionnement de l’établissement, qui s’est positionné favorablement. L’EDM est donc candidate à une habilitation de l’Education nationale, qui permettra de valider la formation certifiante de manière progressive.

Le geste est sûr, le savoir-être nécessaire à toutes les étapes de l’accueil : l’entretien pilo-facial demande une expertise que l’École des Métiers entend renforcer. © Bénédicte Manière

Bientôt un vrai barbier

La filière n’a pas vraiment de quoi s’arracher les cheveux. Coiffer semble être un acte perçu (à juste titre) comme un acte de bien-être. Le retour du barbier en atteste. Il contribue progressivement à rétablir un équilibre dans une profession très largement féminine, à hauteur de 90 %. On va se faire dresser et couper le poil comme on va au sauna ou à un salon de massage. Cela dit, pour exercer leur art de « l’entretien pilo-facial » (expression officielle plutôt rasoir), les nouveaux barbiers doivent obligatoirement être détenteurs du brevet professionnel coiffure. Un paradoxe que soulignent au passage beaucoup d’experts, tant les deux disciplines exigent, au bout du compte, des qualités très différentes.

Il n’empêche. Le phénomène est spectaculaire. Rasoir, plumeau et mousse à raser ont la cote. « C’est une expertise sous-estimée, qui demande une connaissance de la peau, un protocole de bien-être, une bonne gestuelle et un regard sur les anomalies qui pourraient être relevées », ne manque pas de préciser Vanessa Patriat, professeur relais de la filière. À Dijon, on compte au bas chiffre une huitaine de barbiers dédiés à cette activité, auxquels il convient d’ajouter les salons de coiffure qui pratiquent la mixité.

L’École des Métiers n’est pas en reste face à cette évolution. Un vrai barbier de métier va bientôt rejoindre ses rangs, notamment pour accompagner les jeunes en formation BP mais aussi des pros dans le cadre de la formation continue. Pile-poil ce qu’il faut !

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