EMA Events : 25 ans d’aventure(s) retracées par Sylvain Camos

Des premiers cafés servis à Bettina Rheims aux récents développements marocains et parisiens, l’aventure de l’agence EMA Events est couplée au destin de son fondateur Sylvain Camos. 25 ans plus tard, retour sur le parcours singulier d’une panthère ailée, animal symbole de l’entreprise dijonnaise.

Par Thomas Barbier 
Pour Dijon Beaune Mag #68
Photos : Christophe Remondière et D.R.

25 ans après la naissance d’EMA, Sylvain Camos n’a rien à regretter

1993, nounou chez Bettina

Sylvain Camos, 22 ans, monte à Paris. L’autodidacte devient l’assistant de Bettina Rheims. Un mythe pour beaucoup de photographes, une expérience aussi qui durera un an et demi. « Des moments forts », Sylvain en a connu beaucoup. Mais il a le sentiment aussi, d’être « une nounou beaucoup plus qu’un assistant » ! Alors, avant d’être à Bettina ce qu’Andréa est à Miranda Priestly dans Le diable s’habille en Prada, il revient dans son Dijon natal. EMA Com nait dans de petits locaux de la place du Bareuzai. « Avec 500 francs en poche et, fort heureusement, la confiance rapide de commanditaires dont Coca Cola pour des opérations trafics sur des terrasses. » L’aventure EMA commence.

1997, place Grangier

EMA est une agence qui fait parler d’elle sur Dijon. La TPE prend l’étoffe d’une PME et investit le dernier étage de l’immeuble le Gramma, place Grangier. Elle se spécialise sur un marché de niche, celui des centres commerciaux. Une « niche » qui permet aussi à EMA  de dépasser largement les frontières de la Bourgogne. 

11 septembre 2001, l’effet boomerang

Cette date tragique a failli signer la fin d’EMA. « Je ne l’ai su vraiment que quelques mois plus tard, mais ces avions qui ont frappé les deux tours du World Trade Center à plus de 6 000 kilomètres de Dijon auront eu des répercussions terribles sur notre agence », constate Sylvain Camos. Forte de son développement sur le secteur des centres commerciaux, l’agence a contracté des prêts importants. « La création de notre propre atelier de menuiserie nous assurait d’être autonome et de construire les décors de A à Z », poursuit le professionnel de l’événementiel qui sera confronté à une crise sans précédent : « Les centres commerciaux coupent alors leurs budgets événementiels pour les investir en direction de la sécurité. » Mauvais timing, imprévisible timing, qui plonge l’activité dans « une situation terrible ». Puis vient la spirale infernale du redressement judiciaire. Sylvain est au bord du gouffre. « J’ai tout perdu à ce moment-là, biens et vie personnels… » Non sans rebondir comme il en a le secret : « Avec le recul, ce fut aussi formateur, mais c’est une épreuve dont je me serais bien passé ».
On le comprend.

2003, un félin ailé

Sylvain Camos est pied au mur. Il repart de zéro et présente au tribunal de commerce son plan sur dix ans afin de relancer la machine. Sa vision et sa stratégie sont acceptés. C’est un nouveau départ qui sera à l’origine d’une success story exemplaire. Une panthère ailée, futur logo emblématique d’EMA, fait son apparition. Un signe qui ne trompe pas. Le félin contre-attaque.

2009, l’essor de la rue Edmond-Voisenet

EMA est désormais EMA Événements. Inscrite dans le paysage des agences généralistes premium, elle séduit banques, collectivités et entreprises privées. Le périmètre de sa clientèle s’élargit jusqu’à en faire notamment l’agence officielle du « PS » et du groupe hôtelier de luxe les Airelles Collections, dirigé par l’ex-associé de l’animateur Arthur, Stéphane Courbit. L’agence reste fidèle à Dijon et investit les imposants locaux de la rue Edmond-Voisenet. Le cadre a de l’allure. Vastes, les nouveaux locaux d’EMA Ambiances sont adaptés aux nombreuses demandes de location de matériel. Un important atelier de menuiserie témoigne du précieux savoir-faire de l’entreprise, sans aucun doute au cœur de sa réussite.

2013, le printemps marocain

Ouverture d’EMA Maroc suite à une belle rencontre avec Pierre-Yves Marais qui deviendra l’associé de Sylvain Camos. L’aventure commence sur les chapeaux de roues mais le printemps arabe passe par-là… « Je me suis alors dit que j’étais maudit, reconnait Sylvain, que l’histoire de 2001 allait recommencer ! » Mais l’activité est désormais solide. « Je crois que nous avons pris les bonnes décisions et laissé passer l’orage, poursuit le chef d’entreprise, EMA Maroc est depuis repartie de plus belle, s’ouvrant à d’autres marchés tels que la location de matériel, portée par un concept explosif de tente venu d’Afrique du Sud. »

2017, la boucle parisienne

EMA prend pied à Paris. Une boucle semble bouclée depuis la période Bettina Rheims. Pour Sylvain, dont les collaborateurs Nicolas Bresard et Anis Belgacem sont devenus ses associés, « Il devenait nécessaire qu’une partie de l’équipe soit au plus près de nos clients nationaux ». Face à une situation qui peut s’avérer vite énergivore pour le dirigeant, « c’est un atout que d’être entouré d’associés expérimentés, mais jeunes et ambitieux. Que ce soit à Paris, Dijon ou Marrakech, je sais que je peux compter sur des équipes solides ». 25 permanents ont ainsi assuré la bonne organisation de 300 événements en 2017, du prestigieux concours de voitures de collections de Saint-Jean-Cap-Ferrat au congrès national de la FNAIM, en passant par la Villa Schweppes sur le festival de Cannes ou encore le premier congrès d’investiture de la République en Marche. En 2018, EMA Events fêtera donc son quart de siècle avec sérénité.

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