Famille Deballon, la saga des serial entrepreneurs

Eric, Pierre-Henri et Arthur, respectivement père et fils, sont des serial entrepreneurs. Le feuilleton familial a commencé avec le boom informatique à Dijon et se poursuit dans les hautes sphères du marché mondial de la toile. Tout ça parce que les Deballon ont des petits vélos dans la tête. Explication d’un phénomène entrepreneurial en 5 épisodes.

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Par Dominique Bruillot
Pour Dijon-Beaune Mag
Photos : Christophe Remondière

Episode 1.
1 milliard de dollars

C’est à lire dans les pages du très sérieux blog de La Tribune en date du 19 janvier 2015, sous la plume de Delphine Cuny : « Le startup Evenbrite (ndlr: elle-même cofondée par un Français) est entrée dans le club des jeunes pousses à fort potentiel valorisées à plus de 1 milliard de dollars (…) son modèle est proche de celui de Weezevent. »

Weezevent vient juste d’accueillir un actionnaire puissant: le charismatique Jacques-Antoine Granjon. En intégrant la billetterie en ligne à sa palette de propositions, le créateur de vente-privee franchit une étape de plus dans la conquête des métiers et des marchés, dont celui du divertissement. Weezevent a eu le génie de s’intéresser au monde associatif en proposant des solutions de billetterie simples d’utilisation et en libre service. Au moment de l’opération avec vente-privée, elle a déjà vendu plus de 11 millions de tickets virtuels. Elle a aussi la délicieuse particularité d’avoir son siège à Dijon.

Episode 2.
L’envol

Pierre-Henri Deballon a 33 ans. Il est fils d’Eric, 57 ans et frère d’Arthur, 27 ans. Il est surtout le cofondateur de Weezevent avec Sébastien Tonglet. Les Deballon sont frappés par un atavisme familial, l’envie d’entreprendre. Sans cela, rien de si spectaculaire ne se serait sans doute produit.

Commençons donc par le paternel, promis au départ à l’expertise comptable et à l’analyse financière. Nous sommes dans les années 80, « l’ère primaire du PC » rappelle l’intéressé. Il faut alors imaginer des solutions de maintenance. Surfant sur la vague, il créé AVS Réseaux (AVS comme Après Vente Service) en 1986, avec seulement 2 collaborateurs. Puis multiplie les missions, ici et ailleurs, en Côte-d’Or et à l’international, jusqu’à faire de son bébé une respectable PME employant une cinquantaine de personnes. Entre temps, la signalétique ouvre de nouvelles voies. Saisissant une fois de plus la balle au bond, le Deballon de la première génération invente AVS Communication. En 1989, année de naissance d’Arthur…

Episode 3.
Double bug

Tout va bien, jusqu’à ce que les vrais ennuis commencent. Jusqu’à ce sérieux « bug » de personnel chez AVS Communication en 2010, « pillée » de l’intérieur par quelques employés peu délicats. « On a failli ne pas s’en remettre », témoigne Arthur. Puis, évolution d’un monde informatique de plus en plus jetable aidant, c’est l’inévitable étape du placement en redressement judiciaire pour AVS Réseaux en 2013, année maudite. Une mesure prise dans la lucidité, pendant qu’il en est encore temps de sauver près de la moitié des effectifs de la société. Le recours au tribunal de commerce est souvent vu de l’extérieur comme un échec. Il est parfois un acte de gestion. Eric Deballon, en bon gestionnaire, l’assume pleinement.

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Arthur et Pierre-Henri Deballon entourent leur père Eric. Leurs chemins sont différents mais la finalité est la même : entreprendre est pour eux un art de vivre.

Episode 4.
Serial entrepreneurs

Flash back. Les Deballlon juniors ont été élevés dans une ambiance atypique, hyper active et finalement formatrice. « Mon père avait du mal à débrancher, se souvient Arthur, on était en permanence dans le business ».  Le petit dernier de la fratrie attrape donc très tôt le virus de l’entreprise. En 2009, alors qu’il n’a que 20 ans, il reprend comme un grand les rênes d’AVS communication, en pleine tempête. Sa détermination et sa constance forcent l’admiration, il ne lâche rien. AVS Communication c’est quand même 18 emplois sur le local.

De son côté, Pierre-Henri, qui a déjà goûté aux plaisirs de l’événementiel (voir plus loin), planche comme un dingue et dans le secret de sa chambre, sur un projet de billetterie associative électronique. Bien ambitieux le projet. « Les chiffres dont il parlait déjà donnaient le tournis à ma mère, pourtant préparée aux défis de son entourage, mais là, elle disait ne pas comprendre ce qui se passait » s’amuse avec le recul Arthur. On connait la suite. Plus tard, Pierre-Henri rendra hommage à son père : « Ils nous a façonnés au quotidien, plus que des valeurs, il nous a transmis un état d’esprit, celui d’un pilote qui n’hésite pas à questionner les choses établies, à oser ! ».

Episode 5.
Des vélos dans la tête

Il faut revenir à deux passions du patriarche pour comprendre la saga Deballon. Eric aime le vélo et le monde associatif. « Mon frère, Pierre-Henri, handballeur de haut niveau, faisait des études dans le marketing sportif » se souvient encore Arthur, « mon père connaissait Dijon comme sa poche, il lui a alors donné l’idée de créer un événement inédit qui consisterait à faire passer des vélos dans les lieux les plus incroyables, entreprises comme patrimoine. » Le Vélotour® est né.

Une dizaine d’années plus tard, il a des petits frères un peu partout. Paris, le Havre, Tours, Orléans, Marseille… Arthur a rejoint Pierre-Henri dans l’organisation et le développement d’un concept qui reste sur un mode associatif et emploie deux personnes. Le Vélotour a une nouvelle fois attiré 8 000 participants à Dijon au début du mois de septembre. Assurément, les Deballon ne sont pas comme les autres, ils ont quelques vélos qui tournent dans leur tête.

2 thoughts on “Famille Deballon, la saga des serial entrepreneurs

  1. Pauline
    16/10/2016 at 23:20

    Fière de mon oncle et de mes cousins. Que le vent continue de souffler ainsi. Et on sait que vous ne lâcherez rien! (Même s’il le faut un peu de temps en temp)
    Gros bisous à vos petites femmes en or

  2. 14/10/2016 at 18:57

    Hé oui ! Du haut du ciel, leur grand-père peut être fier de ses petits-fils !

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