Dijon Beaune Mag
L’enseigne dijonnaise Foodies ouvrira fin juin un quatrième restaurant à Ahuy, au nord de l’agglomération. Ses gérants Julien Chauvenet et Charles Vinet développent par ailleurs un projet de franchise. Le burger local a du goût et de l’avenir.

C’est l’histoire d’un petit camion, puis d’un point de restauration, puis deux, puis trois… Quand Julien Chauvenet et son associé Charles Vinet se lancent dans l’aventure Foodies en 2014, ils ne tirent pas vraiment de plan sur la comète. Un food truck, quelques bons plats chauds et deux burgers composent la carte de ces deux professionnels du secteur, soudés par une expérience dans les cuisines de l’auberge de La Charme à Prenois.
Portées par les bons produits des fournisseurs locaux, le bouche-à-oreille et les distinctions en compétitions nationales comme la Coupe de France de burger, les recettes de Foodies fonctionnent. Avec trois restaurants (Quetigny, Dijon Centre, Cité de la Gastronomie), deux food trucks et près de 70 salariés, l’aventure transforme l’image de la restauration rapide dans la cité des ducs.
Le quatrième bébé de la bande verra le jour fin juin à Ahuy, en lieu et place de Ittshin Ramen, rue de l’Aqueduc Darcy. Entre les rumeurs propagées « comme une traînée de poudre » après une simple visite et les négociations à rallonge avec les banques, le projet arrive enfin à maturité.
Julien Chauvenet ne s’en cache pas : obtenir les clés d’une nouvelle affaire est rarement un long fleuve tranquille. Après quelques « zigzags financiers », les travaux sont lancés. Huit salariés composeront la nouvelle équipe, sur un emplacement idéal, qui comportera une terrasse.
La recette de la régularité et de la qualité de Foodies se trouve à Quetigny. Ici bat le cœur opérationnel de l’entreprise : une cuisine centrale de production intégrée au restaurant, où une douzaine de cuisiniers et de pâtissiers préparent chaque jour les sauces maison, les garnitures, les nuggets, les fameux cromesquis et toutes les pâtisseries. « Cela nous permet de gagner du temps et de garantir une maîtrise totale des produits servis, explique le cofondateur. Nos différentes enseignes cuisent ensuite sur place les steaks minute et gèrent les fritures. »
Ce modèle ne fonctionnerait pas sans un sourcing de proximité. La boulangerie dijonnaise Du Pain pour Demain permet d’avoir des pains hyper personnalisés, la viande de bœuf est sélectionnée et préparée en circuit court avec la boucherie Allo Viandes… Une logistique particulière, mais non négociable pour « protéger l’ADN de la marque » et garantir au client les mêmes sensations d’une visite à l’autre.
Ce savoir-faire a le potentiel pour s’exporter. Après un an et demi de travail et la quarantaine tout juste passée, les deux associés s’apprêtent à endosser le costume de franchiseur « d’ici un mois ou deux ». Un développement pragmatique ,« en escargot », dicté par cet impératif logistique majeur de Quetigny.
« Les premières villes cibles sont déjà identifiées dans un rayon de 150 à 200 km, comme Beaune ou Besançon, avant de descendre tranquillement vers Lyon et remonter vers Nancy », glisse Julien, dont l’équipe dirigeante sera bien sûr attentive au choix des partenaires pour porter l’étendard Foodies.
Ces derniers auront déjà l’avantage de bénéficier d’un modèle dijonnais ayant fait ses preuves, quand bien même la gestion des ressources humaines dans le secteur CHR fait parfois avancer sur des œufs. « Développer 60 restaurants franchisés avec des inconnus ne nous intéressera jamais, le partage des valeurs reste notre priorité », prévient-il. Le burger local a non seulement du goût, il a encore de l’avenir.