Dijon Beaune Mag
Le tango s’invite dans les vignes. Alors qu’elle prépare un week-end prestigieux fin octobre, l’association gibriaçoise Tango Pinot bouscule les codes en mariant la danse de salon et les climats de Bourgogne.

C’est l’histoire d’un cours de tango argentin qui a pris corps au pays du cépage roi des vins de Bourgogne : le Pinot Noir. L’histoire de couples que rien ne prédestinait à se rencontrer un jour, si ce n’est la découverte de la danse : « Nous sommes issus d’horizons multiples, mais on a pris gout à être ensemble. La danse a d’abord été un dénominateur commun, puis on a multiplié les verres de l’amitié, on a commencé à se retrouver pour d’autres occasions. Nous sommes une belle bande d’épicuriens », se plait à rappeler Bertrand Dugat.
Vigneron à Gevrey-Chambertin, c’est lui qui prend la tête d’une association, à l’arrêt de la forme intercommunale de l’atelier. Nous sommes en 2021 : Tango Pinot voit le jour. « Nous ne voulions pas nous arrêter. Même si l’offre de pratique du tango est riche à l’échelle de la Côte-d’Or, nous voulions continuer à danser ensemble, ici au cœur du vignoble. »
Continuer aussi à promouvoir l’art de vivre à la bourguignonne. Parce que dans l’esprit des gibriaçois, le couple Tango Pinot, c’est une évidence : « Vous savez, le tango, c’est le lien social à Buenos Aires. C’est un moyen de rapprocher les personnes. Une bonne bouteille aussi. Non ? »
Au premier étage du restaurant Les Griottes à Gevrey-Chambertin, les premiers bals de tangos – les milongas – ont pris corps, associés à des dégustations : « Nous voulons être un pont entre les cultures, argentine et bourguignonne ».
En octobre 2026, Tango Pinot franchira un pas supplémentaire en organisant un week end complet, à la fois prestigieux et convivial (voir fin d’article). Pascal Seguin en sera. Longtemps, il a œuvré au sein du Medef de Côte-d’Or, aujourd’hui retraité, il s’implique à fond : « C’est mon épouse qui un jour m’a convaincu d’aller faire un essai. La magie a opéré : je n’ai plus jamais quitté cet univers. »
C’est avec un verre de pinot noir à la main que se poursuit la discussion : « Vous voyez les climats qui sont face à nous, c’est notre patrimoine mondial. Le tango est aussi classé à Unesco. Le tango est élégant, il est rigueur. Notre pinot aussi ! »
Au fil de l’échange, les idées fusent. Pourquoi ne pas imaginer un accord vin et danse : « Imaginons pouvoir associer un climat à un type de danse. Mon rêve ultime ? Un chapitre du tango au Château du Clos de Vougeot ! sourit Bertrand. Déjà danser dans la cour du château ! Nous avons un parquet mobile, le mettre au milieu des vignes, et danser ! » Et les ponts entre les deux cultures se multiplient : « Vous savez, il n’y a rien de farfelu dans notre démarche. L’Argentine n’est-elle pas productrice de pinot noir, elle aussi ! » Toutes les semaines, ils sont une douzaine à se retrouver. Rien ne ferait rater le rendez-vous : « Aujourd’hui on part en vacances ensemble ! » Souvent pour aller danser, la Bretagne, l’Aveyron… L’Argentine un jour peut être. « Forcement on y pense ».
En attendant le rendez-vous du mois d’octobre est dans les tuyaux. Il se prépare. Le tango aura la vedette, le pinot noir aussi. Sur notre belle Côte, ces deux-là sont devenus inséparables.
Pour celles et ceux qui les accompagneront durant ces deux jours, l’équipe de Tango Pinot a imaginé un programme à la hauteur de la région : visite guidée de la ville, balade dans les vignes, mâchon bourguignon…
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