Dijon Beaune Mag
Et si l’océan avait son mot à dire dans l’élevage des vins de Bourgogne ? Après une première expérience en 2025, la Maison Albert Bichot a renouvelé l’aventure avec le chocolatier et transporteur Grain de Sail. Le 25 janvier dernier, six fûts de Bourgogne Côte d’Or Chardonnay et un de Santenay rouge ont embarqué à bord du cargo-voilier Grain de Sail II, direction Pointe-à-Pitre.

Baptisée « Secret d’Océan », l’expérimentation vise à mesurer l’influence de la traversée sur l’évolution des vins. Lors du premier voyage, des sondes avaient permis de comparer oxygène, température, humidité et pression avec des fûts témoins restés au chai. Premier constat : une oxygénation plus importante à terre qu’en mer. À la dégustation, les vins voyageurs ont également révélé une expression singulière, marquée notamment par une délicate salinité.
L’aventure n’est pas anodine pour l’une des grandes maisons historiques de Bourgogne. Fondée en 1831, indépendante et familiale, Albert Bichot possède plus de 100 hectares de vignes répartis entre six domaines et vignobles, de Chablis au Beaujolais en passant par les Côtes de Nuits et de Beaune et la Côte chalonnaise.
Engagée de longue date dans la viticulture biologique, la maison a obtenu dès 2014 la certification bio de ses vignobles de Côte-d’Or et poursuit cette démarche à l’échelle de ses domaines.
Avec sa cuvée « Secret d’Océan », Albert Bichot entend désormais creuser le concept de « merroir », pendant marin du terroir, en étudiant l’effet des courants, de la houle et des conditions de navigation sur le vin. Une exploration qui fait écho à un engagement plus ancien : depuis 2017, son dirigeant Albéric Bichot soutient la Fondation Tara Océan, dont les expéditions scientifiques étudient les écosystèmes marins et leur évolution face au changement climatique.
Grand mécène fondateur de l’Association des Climats du vignoble de Bourgogne, Albert Bichot relie ainsi deux patrimoines naturels, la vigne et l’océan. La boucle se prolonge jusque dans le transport : la navigation à la voile permet de réduire d’environ 95% les émissions de CO₂ par rapport au fret conventionnel. Une façon, pour cette maison bientôt bicentenaire, de prendre le large sans perdre de vue son port d’attache bourguignon.