Drôle de match que le confinement quand on est sportif ou sportive de haut niveau. Le club cycliste du Sco Dijon, inaugure ici notre chronique sur le sujet. Tour d’horizon avec son manager général Denis Repérant, qui s’efforce de guider le peloton avec panache.

La Classique Rougeot (ex Dijon-Auxonne-Dijon) n’aura pas lieu au printemps mais bien en 2021. ©ERIC BONTEMPS

Par Michel Giraud

Un petit tour et puis s’en vont… Le 8 mars dernier, les cyclistes du Sco Dijon ont mis pied à terre. Saison suspendue après quelques semaines seulement. « Certains n’ont qu’une seule course au compteur, constate, amer, Denis Repérant. Par rapport à beaucoup de sports, nous sommes en saison décalée. On commençait à peine les courses. Tout était devant nous, jusqu’en octobre ou novembre. »

Ce qui laisse encore quelques motifs d’espoir pour 2020, quand d’autres disciplines actent déjà la fin de la saison. « Notre fédération a arrêté les épreuves jusqu’au 1er juin. Les coureurs gardent pour l’instant une motivation intacte et s’entraînent chaque jour malgré le confinement », détaille le manager général du club d’Élite Nationale, l’antichambre des équipes pros du cyclisme sur route.

Le boom des applis

Un entraînement à domicile, forcément, qui se vit sur home trainer (ndlr, le plus souvent, un vélo fixé avec roue arrière surélevée, ou bien un vélo libre sur rouleaux) et avec un programme de renforcement musculaire fourni par l’entraîneur. « Sur la semaine à venir, ils ont 17 heures de sport, soit une véritable charge de travail, basée sur du gainage un jour sur deux, des entraînements quotidiens. À cela s’ajoutent quelques compétitions virtuelles, pour un peu plus d’intensité. »

Pour de nombreux cyclistes, ce confinement aura marqué le boom des applications de courses virtuelles. Chaque jour, ils sont des milliers à travers le monde à se retrouver, pour palier le manque et en découdre un peu. « Ça se travaille différemment, on reste sur du virtuel, tempère Denis Repérant. Il n’y pas le phénomène tactique et les distances sont plus courtes. Sur home trainer, c’est maximum 2 heures de vélo, loin du format habituel. » 

Denis Repérant, manager du Sco depuis dix ans ©MICHEL GIRAUD

Objectif Tour de Côte-d’Or

Cette semaine, le Sco organisera une ou deux séances collectives en visio. Une première. Coureurs et staff y participeront, pour le plaisir de se voir, « éviter de péter un câble en ce qui nous concerne, car le staff souffre aussi. On travaille tout l’hiver pour partir sur les compétitions… Aujourd’hui, on pense forcement au retour sur la route, même si le déconfinement sera progressif, on le sait bien. Plus tard, une dérogation pour rouler 3 ou 4 h en individuel, dans la campagne, avec mesures de protection, ce serait bien. Il y a de l’enjeu : certains cherchent à passer pro, d’autres veulent conserver leur contrat. On espère être entendus. » 

En attendant, les coureurs prennent leur mal en patience. Sans le sentiment d’une pression exacerbée, promet leur manager : « On n’est pas tous les jours derrière eux, on regarde ce qu’ils font via les réseaux sociaux, un contact une à deux fois par semaine… Ça ne sert à rien d’en rajouter. Je crois que dans tout ça, ils vont en sortir plus forts. » Les deux compétitions printanières organisées par le club dijonnais, la Maggioni Classique et la Rougeot Classique, ont été reportées à 2021. « On espère vraiment sauver le Tour de Côte-d’Or, du 10 au 12 juillet », souffle Denis Repérant. Si tel est le  cas, tout le monde aura des fourmis dans les jambes.

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