Ils découvrent le miracle du blé qui pousse

Les écoliers de la Côte-dOr ont découvert le miracle du blé qui pousse et le poids des aléas climatiques sur la culture. Tout ça grâce à la Ferme de JAnne. S’ils ne vont pas à la terre, la terre est donc venue à eux!

Par Nadège Hubert – photos: Jeunes Agriculteurs de Côte-d’Or

Construction palette Graines d'écoliers

Ci-dessus, les élèves de CP de l’école primaire des Cèdres (Quétigny) décorent la palette où seront rangés leurs pots de plants de blé.

Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer l’agriculture à l’école? A défaut de ce sacré Charlemagne, c’est l’association La Ferme de JAnne, créée par le syndicat des Jeunes Agriculteurs de Côte-d’Or, qui a voulu rapprocher les petits citadins du monde agricole. « Pour promouvoir les métiers et l’agriculture, il fallait aller vers les plus jeunes pour qu’ils sachent à quoi sert l’agriculture », souligne le président de l’association, Lucien Rocault, viticulteur et céréalier à Meursault.

De la graine à l’épi miracle

Ecole mat. Les Carrois à Fontaine-les-Dijon

A l’école maternelle des Carrois (Fontaine-lès-Dijon), les enfants posent fièrement devant leur palette d’épis de blé, qui sera exposée.

Soixante-trois écoles et 1600 élèves de primaire et de maternelle se sont ainsi engagés dans le projet Graines d’Ecolier. Chaque classe a reçu son ki : une palette de bois coffrée contenant 50 pots, avec le terreau nécessaire ainsi que 750 graines de blé ou d’orge de printemps. Les enseignants ont également reçu un guide pédagogique pour illustrer le travail des agriculteurs.

« L’ école n’ avait aucune expérience en matière de plantation, mais tout était fourni clé en main, avec en plus, un agriculteur qui est venu nous expliquer ce qu’il faut savoir« , voilà ce qui a convaincu Laurence, enseignante en grande section à l’école des Echaliers à Beaune, de se lancer dans l’aventure agricole. Les enfants semblent très vite s’être pris au jeu en s’impliquant dans la culture des céréales. « Nous avons organisé des tours d’arrosage pour que chacun participe. Les enfants se montrent très observateurs et racontent aux autres. Après les vacances, l’arrivée des épis a été spectaculaire pour eux. » La palette de l’école beaunoise a d’ailleurs été installée à la vue de tous pour qu’enfants et parents puissent suivre la pousse.

Une éducation nécessaire

Au-delà de l’aspect ludique, les enfants ont découvert des choses qui peuvent sembler banales aux adultes. « Nos élèves vivent en ville et certains croient presque que le pain pousse au supermarché. On voulait leur montrer comment sont conçus les aliments », insiste l’institutrice. Lucien Rocault est heureux de voir que le projet a de suite piqué la curiosité des enfants: « Les gamins sont sensibilisés et je suis surpris de l’attention qu’ils portent au projet, ils ont des questions très pointues. Ils découvrent qu’ il faut du temps pour avoir un bon produit, que la nature ne se contrôle pas. Ils apprennent que le blé sert à faire du pain. Nous les amenons à se poser des questions sur ce qu’ils mangent. »

A travers les plus jeunes, La Ferme de JAnne veut également toucher les parents, leur faire comprendre que « manger des tomates en janvier, ce n’est pas logique. Il faut privilégier le local et la qualité en respectant les saisons. » Petits et grands sont invités à se rendre le premier week-end de juin à la Ferme de JAnne, les 6 et 7 juin, où toutes les cultures seront exposées.

« Nous allons rapatrier les palettes venues des quatre coins de la Côte-d’Or et un jury de professionnels choisira quelle culture sera la plus belle », précise Lucien Rocault. L’institutrice souhaite que ses petits élèves puissent aller voir le résultat de leur travail, et espère aussi « pouvoir continuer sur la lancée en allant visiter une exploitation, pour comprendre encore mieux le travail de la terre et l’élevage. » En attendant, la Ferme de JAnne occupera le parc de la Colombière (et ses allées) à Dijon et devrait être l’occasion de montrer aux enfants que la moutarde c’est d’ abord une graine avant d’ être un tube ou un pot sur la table.

Les grands en profiteront pour discuter avec des agriculteurs passionnés et apprendre des choses sur un métier souvent déformé par les clichés… et même savourer quelques plats 100% locaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

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