Le patrimoine traditionnel bressan, en Saône-et-Loire, attire toujours les Suisses pour sa typicité et sa proximité. Dans le même temps, les produits « classiques » se portent plutôt bien, même en cette période particulière. Quelques éléments de réponse apportés par Antoine Guigue, responsable notamment du secteur de la Bresse chez Neyrat Immobilier.

Très recherchées par les Suisses pour leur cachet, les fermes bressanes traditionnelles représentent un gros tiers des transactions que Neyrat traite chaque année sur le secteur. © D.R

Antoine Guigue est responsable des transactions chez Neyrat Immobilier. C’est-à-dire qu’il chapeaute la politique commerciale et marketing d’un ensemble regroupant cinq agences (Chalon en principal, Beaune, Louhans, Saint-Martin-en-Bresse et Sennecey-le-Grand) et douze personnes actives sur un marché de l’immobilier aussi diversifié que passionnant. Avec lui, on peut avoir le recul sur une huitaine d’années d’évolution. Il nous a paru notamment intéressant de sonder les particularismes du secteur de la Bresse, qui a ses propres disparités. « Notre première mission, c’est de savoir capter le marché, résume Antoine. Chalon par exemple, représente un marché double pour l’investissement locatif entre petits et gros immeubles ; la Bresse, en dehors de quelques petits immeubles du côté de Louhans, c’est un marché de la maison individuelle partagé entre des produits classiques et de vieilles fermes typiques à rénover ou pas. »

L’immobilier en Bresse, de brique et de bois

Les fermes bressanes, les plus en vue si l’on se place sous un angle touristique, font il est vrai l’âme du pays. Elles représentent un gros tiers des 40 à 50 transactions que Neyrat traite chaque année rien que sur le secteur. « Les Suisses sont de retour », confirme l’agent immobilier à propos de cette population qui trouve, pas très loin de chez elle, en Bourgogne qui plus est, une accessibilité à la propriété. 

« Dans un pays comme la Bresse, tout se sait par le bouche-à-oreille. Et Rien ne remplacera le temps que nous consacrons sur le terrain pour repérer de nouvelles maisons à vendre. »

De 70 000 à 200 000 euros, selon son état et son potentiel, la maison bressane attire toujours. De brique et de bois, elle porte en elle une histoire sociale et agricole non « délocalisable », qui donne à son nouveau propriétaire le sentiment de ne pas habiter n’importe où. Ce qui relève de l’évidence. Même si, parfois, il se dit dans les chaumières locales que ce débarquement helvète fait monter le cours de l’immobilier.

Antoine Guigue, responsable des transactions en Bresse chez Neyrat Immobilier. © D.R

Ici tout se sait

À ce sujet, Antoine a une vision plus modérée. Un « produit » moyen, classique (donc autre que typique), d’une surface habitable allant de 100 à 150 m2, se négocie autour de 140 000 à 160 000 euros. C’est une bonne base, qui a profité de l’élan lié au Covid. « Même si le Bressan d’origine a tendance à prendre son temps habituellement, à négocier plus, la période que nous traversons a donné un coup d’accélérateur aux transactions. »

Il n’en demeure pas moins que le style bressan, pour mener à bien ses affaires, est très lié au bouche-à-oreille. Même si chez Neyrat on n’écarte pas l’idée, prochainement, d’afficher un peu plus les panneaux « À vendre » sur les biens. Au risque d’emprunter la voie ouverte d’une « américanisation » du marché, qui donne aux agents immobiliers ostensiblement placardés sur les façades, des allures de candidats aux sénatoriales.

Neyrat veut malgré tout garder son sens de la retenue. « Dans un pays comme la Bresse, tout se sait par le bouche à oreille. Et rien ne remplacera le temps que nous consacrons sur le terrain pour repérer de nouvelles maisons à vendre », martèle notre professionnel. Il s’appuie sur un réseau de référents présents dans la plupart des villages qui, lorsque l’affaire indiquée est conclue, touche une petite commission qui fait du bien au moral des troupes. Au final, ici comme ailleurs, l’immobilier évolue, mais le gage de confiance reste le même.

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