Le dessous des halles de Beaune

Beaune, son Hôtel-Dieu, ses fortifications, sa porte Marie de Bourgogne, sa collégiale. Mais aussi ses halles dont l’histoire remonte à Philippe le Hardi. Retour sur un patrimoine méconnu et pourtant essentiel de la capitale des vins de Bourgogne avec Bérengère Clara Skidmore de l’office de tourisme.

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Les halles de Beaune – © photos : DR

On a beaucoup écrit sur Beaune, sur son Hôtel-Dieu, ses hospices, référence prestigieuse du patrimoine bourguignon et vaisseau amiral de son économie touristique. Mais la richesse de la capitale des vins ne se résume pas à ça.
A Beaune, une trentaine d’édifices sont protégés au titre des monuments historiques. Et puis il y a les halles. A l’ombre de l’Hôtel-Dieu justement, ce lieu aux apparences anodines a une vraie histoire que nous ne connaissons pas forcement. Bérengère Clara Skidmore est responsable des groupes et visites guidées à l’Office de Tourisme de Beaune. C’est à elle que nous laissons le soin de conduire la visite:
« Grâce aux archives de Beaune, on sait que les halles étaient déjà présentes à l’époque de Philippe le Hardi: un document fait mention de « halles de notre bon duc Philippe » à la fin du XIVème siècle. Pour avoir une idée de leur architecture à cette période, il faut se rendre à Nolay, où l’on peut voir de belles halles médiévales ouvertes, avec un toit en laves (pierres). A l’époque, pas de frigo ni de congélateur, aussi le marché avait lieu tous les jours, ce qui garantissait la fraîcheur des produits. A ces halles était jointe une halle plus petite, qui servait exclusivement à l’usage des bouchers: ils tuaient les bœufs, porcs et moutons sur place et découpaient les morceaux de viande en fonction de la demande.
Le marché a lieu aujourd’hui deux fois par semaine: le « petit » marché du mercredi matin, exclusivement alimentaire, qui se tient principalement sur la place; le « grand » marché du samedi matin, tous produits, qui se tient sous les halles, sur la place, place Fleury et avenue de la République. Les halles ont connu deux restaurations, qui furent quasiment des révolutions architecturales: la première eut lieu au XIXème siècle, lorsque l’architecture métallique, magnifiée par Eiffel, était à la mode. »

Pavillon Baltard

« On construit alors des halles « à la Baltard », poursuit notre guide, en référence à l’architecte qui a notamment laissé son nom à un pavillon en région parisienne (ndlr: lieu de concert de la Nouvelle Star sur M6). Les halles occupent alors l’équivalent de leur emplacement actuel, plus la totalité de la place que l’on connaît aujourd’hui.
La seconde restauration intervient vers le début des années 60: la ville de Beaune compte de plus en plus d’automobiles et se doit donc de créer des facilités de parking. Les halles perdent une moitié de leur superficie et, au lieu de conserver l’architecture métallique, se dotent d’un toit à la bourguignonne: très pentu et recouvert de tuiles plates, avec quelques lucarnes décorées de fleurs. A la fin des années 90, le parking est modifié pour ne laisser que quelques emplacements et la place se pare de dalles de pierre claire, comme un écrin qui met en valeur les halles
. »
Depuis 1959, c’est là sous les halles que se tient, le troisième dimanche de novembre, la vente des vins des Hospices de Beaune. L’édifice se pare alors de tentures rouges et de tapisseries, de moquette et d’une tribune d’honneur. Les halles sont également utilisées tout au long de l’année pour d’autres événements récurrents, que sont le salon « Pains, vins, fromages », plusieurs grandes brocantes, les « Vinéales » du lycée viticole, la « vaisselle des chefs », le grand déballage des commerçants, le marché des producteurs « Bienvenue à la ferme ». Au cœur de la ville, ce lieu incontournable imprime à sa façon le rythme de la cité.

Nolay

Les halles de Nolay, celles de Beaune avaient ce type d’architecture autrefois – © photos : DR

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