En présence de l’artiste Philippe Ramette, bourguignon de naissance, François Rebsamen a dévoilé une nouvelle œuvre d’art sur l’espace public. « Point de vue » invite à prendre de la hauteur, au cœur du jardin des ducs.

Philippe Ramette – Point de vue, © Arnaud Morel

Une nouvelle œuvre d’art contemporain rejoint Dijon. « Point de vue » de Philippe Ramette s’ajoute à la dizaine de pièces déjà présentées en ville. De fait, on ne peut guère nier l’implication de la municipalité dijonnaise pour la diffusion de l’art contemporain dans les rues de la ville. Tout au plus pourra-t-on constater, avec le poète, que la critique est facile, et l’art difficile. Car satisfaire tout le monde demeure mission impossible, en matière d’art tout particulièrement, où chacun couve sa petite opinion personnelle sur le beau et le bien. Et ce n’est pas Didier Marcel, l’auteur du fameux « Arbre qui tourne » – pardon, « Jardin de poche » – qui viendra nous démentir. Sa sculpture, assez unanimement moquée, a disparu du centre-ville dijonnais, le mystère de sa réinstallation demeure.  Ni François Rebsamen, qui confesse la difficulté de l’exercice artistique en espace public : « Ce n’est pas toujours gagné, l’œuvre doit raisonner avec les citoyens, qui acceptent ou pas les œuvres d’art contemporain, selon où on les place, et ce qu’elles sont« , note-t-il.

 

Prendre de la hauteur

L’heure est à la nouveauté, relative, avec le dévoilement, ce vendredi, de « Point de vue« , une œuvre de l’artiste d’origine bourguignonne Philippe Ramette. Un tube de candélabre de 9 mètre de hauteur, étonnamment surplombé d’une chaise, qu’on a déjà vu brièvement installé dans le jardin de la Banque de France. Bien sûr que le passant aura envie de s’y assoir, pour découvrir un autre point de vue sur le superbe square des Ducs qui l’héberge. Prendre de la hauteur, s’élever, quand tant nous pousse à raser le sol. C’est impossible, bien sûr, semble nous répondre l’artiste, avec le sens de l’absurde qui caractérise son œuvre, d’abord photographique, toujours intrigante. Une chaise vide, face au siège du pouvoir, d’abord ducal, puis municipal. Voyez-y un symbole si ça vous chante.

Philippe Ramette – Point de vue, © Arnaud Morel

Le bientôt sexagénaire Philippe Ramette, né à Auxerre, a vécu une partie de son enfance à Dijon. Lors de l’inauguration, il revendique d’ailleurs cette proximité dijonnaise. « C’est aussi la ville où une discussion avec un ancien directeur de l’école des Beaux-Arts m’a convaincu de m’orienter dans la voie artistique« , se souvient-il. L’homme adore se mettre en scène, revêtu d’un costume strict, dans des postures qui défient l’apesanteur et la logique. Lui qui aime aussi proposer des « sculptures à réflexion », donne avec ce « Point de vue » belle matière à contraste. Le métal répond au végétal, qui le dispute à sa verticalité. L’œuvre a été acquise par la municipalité auprès de la galerie parisienne Xippas, qui le représente, et installée pour un budget total de 45 000 €. Un petit bijou de non sens industriel et technique pousse au milieu d’un square, aussi vert que plaisant, réaménagé en 2013. Après le plutôt anecdotique « Compteur du temps » de Gloria Friedmann, voici en tout cas une nouvelle occasion de se confronter à l’art contemporain, au cœur de Dijon.

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