Les CCI Côte-d’Or Dijon Métropole et CCI Saône-et-Loire se sont adaptées à la trilogie qui conditionne désormais nos modèles économiques : le virus, la numérisation et la visioconférence. Christelle Dupont et Nicolas Goelzer décryptent la façon nouvelle d’accompagner les créateurs et repreneurs d’entreprise.

L’ère de la distanciation est aussi celle de la visioconférence. Comme à Chalon pour la CCI 71, un studio vidéo a été installé dans les locaux de la CCI 21 à Dijon. Ces équipements permettent aux conseillers des deux CCI de proposer un accompagnement à distance, en plus des RDV individuels ou collectifs sur sites. © Jean-Luc Petit

Le rapprochement des CCI de Saône-et-Loire et de Côte-d’Or ouvre des horizons nouveaux pour les futurs entrepreneurs. Qu’ils créent ou qu’ils reprennent, qu’ils soient salariés ou demandeurs d’emploi, des dispositifs d’accompagnement sont à leur service. 16 personnes en tout y travaillent sur ce périmètre de l’action consulaire. Au sein des CCI 21 et CCI 71, Christelle Dupont est à la tête de la direction de l’Entreprenariat. Nicolas Goelzer est responsable du pôle création-reprise-transmission et jeune entreprise. La naissance ou renaissance des activités est donc leur matière première. Et les futurs patrons, peu importe la taille de leur structure, sont ce qu’ils assument appeler des « clients ». Car « pour se lancer dans un projet d’entreprise, il est important d’être bien préparé et bien accompagné ».

Pour faire court, devenir chef d’entreprise est un métier à part entière, qui permet de mener à bien le développement de ses propres expertises, de son propre métier originel. Nicolas Goelzer le dit simplement : « Nous sommes là avant, pendant et après la création ou la transmission. » Dans le contexte de crise sanitaire, de nombreuses personnes sont en quêtes de perspectives professionnelles qui correspondent mieux à leur bien-être et leur bien-vivre. La création ou la reprise d’entreprise font partie des pistes. D’autres sont, plus prosaïquement, en quête de revenus. La population entrepreneuriale est d’une grande diversité mais elle doit passer, quel que soit le cas de figure, par un apprentissage solide et durable.

Quand un projet arrive sur le bureau de la CCI, il est pris comme il vient. « Ni on ne juge, ni on ne préjuge. » Établir un modèle économique cohérent, réaliser son étude de marché, élaborer son business plan, définir son statut juridique, soigner sa communication… sont des éléments qui se déchainent autour du chef d’entreprise et qu’il faut maîtriser le plus en amont possible.

Majorité féminine

En 2020, pas loin de 1 300 personnes ont été reçues par les deux CCI départementales : 60 % en Côte-d’Or, 40 % côté Saône-et-Loire. Soit 2300 entretiens, avec un constat un peu surprenant : « 55 % des dossiers sont portés par des femmes contre 40 % au niveau national ! » Voilà qui mériterait analyse et permet de regarder notre vieille Bourgogne sous un angle un peu nouveau.

L’ère de la distanciation est aussi celle de la visioconférence. Un studio vidéo a carrément été installé dans les locaux même des CCI à Chalon (avenue de Verdun) et à Dijon (avenue de Marbotte), permettant aux conseillers des deux CCI de s’essayer à une carrière sur écran. L’exercice est triplement profitable : il est assez « carbone zéro », il rythme et temporise la relation, il s’inscrit dans une tendance lourde en terme de relation client.

De là à rompre avec le contact et le tactile, il y a un pas que personne ne veut franchir cependant. Ces échanges par voie numérique et ces ateliers d’information sur YouTube ne sont en réalité que des outils complémentaires à quelque chose qui ne changera jamais : la nécessité de faire vivre un territoire demande un minimum à le parcourir et à rencontrer celles et ceux qui y entreprennent. Depuis que le monde est monde et que le commerce est commerce, la convivialité demeure encore le socle d’une belle affaire conclue, celle qui satisfait toutes les parties en jeu. Ainsi est l’esprit d’entreprise.

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